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Une pénurie de gynécologues pousse des patientes vers le privé au N.-B.

Mhairi Agnew est debout dans un parc municipal.

Mhairi Agnew, 20 ans, affirme qu’elle n’a pu trouver de l’aide dans le système public de santé pour diagnostiquer des douleurs abdominales. Après des années de démarches sans succès, elle paie les services d’une clinique gynécologique privée.

Photo : CBC/Vanessa Blanch

Radio-Canada

Une jeune femme de Moncton affirme que le manque de soins gynécologiques dans le système de santé du Nouveau-Brunswick la mène à payer de sa poche pour consulter une gynécologue dans une clinique privée.

Mhairi Agnew, 20 ans, dit qu’elle souffre de douleurs à l’abdomen depuis son enfance et qu’elle cherche toujours à en connaître la cause.

Son médecin de famille, selon elle, lie ces douleurs au stress, mais elle demeure convaincue qu’il s’agit d’un problème gynécologique. Elle dit lui avoir demandé plusieurs fois un examen ou une recommandation pour consulter une spécialiste, mais il a refusé.

La jeune femme dit qu’elle s’est adressée à une clinique sans rendez-vous et au service des urgences d’un hôpital, mais toujours sans succès.

Jacqueline Gahagan, professeure en promotion de la santé à l’Université Dalhousie, n’est guère étonnée. Elle affirme que des barrières structurelles et comportementales se dressent souvent devant les femmes, ce qui les amène à renoncer à chercher des soins. Il arrive aussi que des maladies ne soient ni diagnostiquées ni traitées à cause de la pénurie de médecins de famille.

Mhairi Agnew a donc fait appel à une nouvelle clinique privée à Moncton. Les tests qu’elle y a subis concluent qu’elle souffre du syndrome des ovaires polykystiques et d’une malformation de l’utérus.

Katie Kelly.

Katie Kelly, copropriétaire d’une nouvelle clinique privée à Moncton, affirme que la demande pour des soins gynécologiques augmente et que le système public ne peut pas toujours y répondre dans un délai raisonnable.

Photo : CBC/Vanessa Blanch

Une copropriétaire de la clinique, Katie Kellie, affirme que l’établissement connaît une forte demande de soins gynécologiques. Selon elle, cela démontre l’ampleur des besoins en la matière dans la communauté.

Mhairi Agnew ajoute qu’elle a eu de la difficulté à payer ces soins, mais que cela en a valu la peine.

Une facette d’un plus grand problème

D’autres intervenants estiment que le nombre de femmes qui font appel au privé pour obtenir des soins gynécologiques est une partie d’un plus grand problème.

L’obstétricienne-gynécologue Karen Desrosiers a fermé sa pratique en 2015. Le manque de spécialistes et la demande croissante en ce domaine l’a menée à souffrir d’épuisement professionnel et de dépression. Elle remplace maintenant des collègues et travaille à temps partiel dans une clinique privée.

La Dre Desrosiers compare la situation à un cercle vicieux. Elle dit que le Nouveau-Brunswick a besoin d’un plus grand nombre de médecins de famille et de spécialistes.

Karen Desrosiers.

La Dre Karen Desrosiers souligne que le Nouveau-Brunswick a besoin de plus de spécialistes, dont des gynécologues, et plus de médecins de famille (archives)

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

En décembre dernier, 44 000 personnes dans la province n’avaient pas accès à un médecin de famille ni à une infirmière praticienne.

Le nombre de médecins qui quittent le secteur public pour travailler dans le privé est préoccupant, selon Greg Marchildon, qui préside une chaire de recherche en Ontario sur les politiques en matière de santé.

Greg Marchildon affirme que les patients ne devraient pas se sentir obligés de payer des soins dans le privé parce que le système public de santé manque de médecins. Il dit que les gouvernements provinciaux ont le devoir d’offrir ces services d’une manière ou d’une autre, sinon, souligne-t-il, ils risquent de recevoir moins de transferts de fonds d’Ottawa pour la santé.

La situation préoccupe aussi le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, le Dr Jeff Steeves. Chaque fois qu’un médecin part, la pression augmente sur le système public qui est déjà surchargé, explique-t-il.

Avec les renseignements de Vanessa Blanch, de CBC

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