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Le vaccin d'AstraZeneca bénéfique malgré les « très rares » cas de caillots sanguins

Une fiole contenant le vaccin d'AstraZeneca.

Au Canada, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a recommandé d'arrêter d'inoculer le vaccin d'AstraZeneca aux personnes de moins de 55 ans, pour des raisons de sécurité.

Photo : Associated Press / Christophe Ena

Agence France-Presse

Les caillots sanguins doivent être répertoriés comme un effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca contre la COVID-19, a reconnu mercredi le régulateur européen, tout en estimant que la balance entre les bénéfices et les risques reste « positive ».

Les autorités sanitaires britanniques ont précisé de leur côté avoir constaté la mort de 19 personnes ayant reçu le vaccin d'AstraZeneca-Oxford sur un total de 79 cas de caillots sanguins signalés, assurant elles aussi que les avantages de son utilisation demeuraient supérieurs aux dangers encourus. Ce que le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca n'a pas manqué de souligner mercredi, se fondant à la fois sur les conclusions du régulateur des médicaments au Royaume-Uni (MHRA) et de l'Agence européenne des médicaments (EMA).

Pour cette dernière, qui a son siège à Amsterdam, les caillots sanguins inhabituels associés à des plaquettes sanguines basses devraient être répertoriés comme des effets secondaires très rares de l'AstraZeneca.

Aucun facteur de risque spécifique comme l'âge, le sexe et les antécédents médicaux n'a toutefois été mis au jour, a noté la directrice générale de l'EMA, Emer Cooke.

Une explication plausible de ces effets secondaires rares est une réponse immunitaire au vaccin, a ajouté Mme Cooke, rappelant que celui-ci est très efficace et sauve des vies.

Un lien entre le vaccin d’AstraZeneca et l'apparition d'une forme rare de caillots sanguins est plausible, mais non confirmé, a pour sa part jugé mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Des études spécialisées sont nécessaires pour comprendre pleinement la relation potentielle entre la vaccination et de possibles facteurs de risque, ont relevé les spécialistes de l'OMS.

Ils remarquent aussi que ces phénomènes, bien qu'inquiétants, sont très rares, plus de 200 millions de personnes ayant reçu ce vaccin.

Le comité scientifique supervisant la campagne de vaccination de la COVID-19 au Royaume-Uni a quant à lui recommandé de limiter l'usage de l'AstraZeneca aux plus de 30 ans autant que possible.

Les adultes âgés de 18 à 29 ans qui n'ont pas de comorbidité leur faisant courir un risque plus élevé d'une forme grave de la maladie de la COVID-19 devraient se voir proposer un autre vaccin COVID-19 que le vaccin AstraZeneca, quand une telle solution alternative est disponible, a tranché le professeur Wei Shen Lim, du comité britannique sur l'immunisation (JCVI), martelant que le comité ne recommandait l'arrêt de la vaccination dans aucun groupe d'âge.

Des pays demeurent prudents

La Belgique s'est également montrée prudente en décidant de réserver l'AstraZeneca aux plus de 55 ans, tandis que la région de Castille-et-Léon, dans le nord-ouest de l'Espagne, a carrément suspendu son utilisation, à l'instar du Danemark.

Plusieurs autres pays de l'Union européenne avaient déjà décidé de ne plus administrer ce vaccin en dessous d'un certain âge, comme la France et l'Allemagne.

La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakidou a à ce sujet appelé les 27 États membres de l'UE à parler d'une seule voix sur l'AstraZeneca afin de ne pas nourrir la défiance.

Aucun de ces pays n'avait atteint fin mars l'objectif de vacciner 80 % des personnes de plus de 80 ans, a déploré la Commission.

Le vaccin d'AstraZeneca est l'un des quatre approuvés dans l'UE avec celui de Moderna, de Pfizer-BioNTech et de Johnson & Johnson, dont les livraisons sont attendues pour le 19 avril.

Le Royaume-Uni a par ailleurs annoncé qu'il commençait à utiliser le vaccin du laboratoire américain Moderna.

Nous en avons commandé 17 millions de doses, a tweeté le premier ministre Boris Johnson.

Aux États-Unis, la vaccination est en pleine effervescence, s'est réjoui le président Joe Biden, assurant qu'à partir du 19 avril tous les adultes américains seraient admissibles à la vaccination.

Pays le plus endeuillé en valeur absolue par la pandémie, avec plus de 550 000 morts, les États-Unis en sont à plus de trois millions d'injections quotidiennes en moyenne sur les sept derniers jours, selon les autorités.

Pendant ce temps, en Inde, des restrictions supplémentaires sont mises en œuvre, dont des couvre-feux et des confinements le week-end, pour faire face à un nombre record de cas de contamination de 115 000 en 24 heures.

Au Brésil, le deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie, le combat contre le virus est de plus en plus chaotique : plus de 4000 personnes sont mortes de la COVID-19 pour la seule journée de mardi.

Amnistie internationale a appelé mercredi à un sursaut face au quasi-monopole des pays riches dans l'accès à l'immunisation.

Les grands argentiers des États membres du G20 ont quant à eux promis une nouvelle prolongation de six mois, jusqu'à fin 2021, du moratoire sur la dette des nations les plus pauvres durement frappées par le coronavirus.

La moitié des quelque 680 millions de doses administrées dans le monde l'ont été dans des pays à revenu élevé au sens de la Banque mondiale (16 % de la population de la planète), d'après un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

Par ailleurs, une étude parue dans le journal The Lancet Psychiatry a montré qu'une personne sur trois ayant surmonté la COVID-19 avait souffert de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois ayant suivi la contamination.

La pandémie a fait au moins 2 874 984 morts, selon un bilan établi par l'AFP à partir de données officielles.

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