•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les francophones déçus du nouveau programme scolaire albertain

Une élève vient de débarquer d'un bus scolaire. Elle porte un masque jaune et se dirige vers l'entrée de l'école primaire Father Leo Green à Edmonton. Un groupe d'autres personnes se trouve derrière elle.

Des acteurs de la francophonie albertaine ne sont pas satisfaits de la représentativité de la communauté dans la nouvelle ébauche de programme scolaire.

Photo :  CBC / Dave Bajer

Plusieurs organismes francophones, ainsi que des particuliers, tirent la sonnette d’alarme en ce qui concerne l’ébauche des nouveaux programmes scolaires albertains, qui, selon eux, ne présentent pas suffisamment la perspective de la communauté.

L’ébauche des nouveaux programmes pour les élèves de la maternelle à la 6e année continue de soulever les inquiétudes, plus d’une semaine après qu’elle a été dévoilée, en pleine relâche scolaire.

Mardi, l'Association canadienne-française de l’Alberta, la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta, la Fédération des parents francophones de l’Alberta et la Société historique francophone de l’Alberta ont fait part de leurs inquiétudes dans un communiqué.

Elles remettent en question la capacité du gouvernement à répondre adéquatement aux besoins éducatifs, culturels et linguistiques uniques et spécifiques des élèves francophones.

Des traductions qui font sourciller

Elles ne sont pas les seuls à avoir des choses à redire au programme.

Cindi LeBlanc est la mère de deux enfants âgés de 6 et 8 ans scolarisés dans des écoles francophones de la province. Elle estime que les programmes ne représentent pas la communauté francophone, notamment pour les élèves inscrits dans les écoles francophones.

On parle du programme de français langue première, qui serait la matière où je m’attendrais à voir davantage d’œuvres francophones, soit des francophones de l’Alberta ou d’ailleurs au Canada et dans le monde. [Mais] on voit surtout des traductions d’œuvres anglaises avec énormément d’erreurs grammaticales.

Une citation de :Cindi LeBlanc, mère de famille

Ce recours à la traduction, plutôt qu'à un programme créé en parallèle au programme général, c'est aussi ce que dénoncent les organismes francophones, dont la Société historique francophone de l'Alberta.

Quand on veut enseigner à tous les élèves les bienfaits de la démocratie d’une perspective anglo-saxonne, alors, c’est assimilateur, déplore sa présidente, Claudette Roy.

Selon Mme Roy, nul doute que des acquis ont été perdus entre le nouveau programme et celui actuellement en place dans les salles de classe. Même son de cloche du côté de Cindy LeBlanc, selon qui le programme actuel n’est pas mauvais , mais mériterait néanmoins des améliorations.

Des décideurs anglophones

Finissant au doctorat en Éducation à l’Université d’Ottawa et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, Raphaël Gani a une opinion moins tranchée sur la question, car il pense que les considérations évoquées par les francophones l’automne dernier ont été entendues par le gouvernement Kenney.

C'est du moins le cas en ce qui concerne le programme d’études sociales, particulièrement pour la 4e année. On demande d’apprendre que les francophones continuent à être une communauté vibrante et significative en Alberta, on demande aux élèves d’identifier les contributions des francophones à l’histoire de l’Alberta [...], on parle de droits linguistiques, d’immigration francophone, de nouveaux arrivants francophones, cite-t-il.

Néanmoins, il dit comprendre que la communauté francophone soit déçue du contenu des autres matières.

Selon lui, le principal problème tient au fait que les perspectives francophones n’ont pas été écoutées à égalité avec les perspectives anglophones.

Ça devient très compliqué d’inclure, comme il avait été fait par le passé, des perspectives autochtones ou francophones, car ils ne sont plus autour de la table, ces gens-là, en tant que décideurs, note M. Gani.

Il affirme que les deux consultants qui ont travaillé sur le programme sont deux hommes anglophones.

Le Nouveau Parti démocratique déplore également ce manque de représentativité à la table des négociations. Il y a un droit constitutionnel, en Alberta, pour une éducation en français, et ne pas prendre cela en compte est un nouvel échec pour cette ébauche de programme scolaire, soutient la chef du parti, Rachel Notley. Elle conseille donc à Jason Kenney de reprendre le travail de rédaction en consultant davantage les francophones.

Vers un programme propre aux francophones?

Si les différents organismes, dont l'ACFA, affirment leur volonté de travailler de concert avec le gouvernement pour réviser les nouveaux programmes, ils n'excluent pas de solliciter un avis juridique afin de savoir si la rédaction d'un programme propre aux francophones serait une option viable.

Ils demandent aussi que soit remise en place la Direction de l’éducation française (DEF), abolie en 2017, sous la gouvernance du NPD, pour que soient consultés les instances et experts francophones appropriés.

Avec les informations d'Audrey Neveu et François Joly

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !