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Benoit Cardinal aurait cherché le « meurtre parfait » sur Internet

Une rue enneigée avec un ruban délimitant une scène de crime.

Des messages textes échangés entre l’accusé et la victime dans les jours précédant le meurtre ont levé le voile sur leurs soucis financiers.

Photo : Images déposées au procès

Dans les semaines précédant le meurtre de sa conjointe, le père de famille accusé d’avoir tué la mère de ses six enfants aurait fait des recherches sur Internet pour savoir « comment réaliser le crime parfait ». C’est ce qui a été révélé au septième jour du procès de Benoit Cardinal, mardi, au palais de justice de Joliette.

Top 10 des façons insolites de tuer quelqu’un et Comment réaliser le crime parfait? – Le meurtre parfait? font partie des recherches Internet effectuées à partir du cellulaire de Benoit Cardinal, dans les trois semaines ayant précédé le meurtre de Jaël Cantin, le 16 janvier 2020 à Mascouche.

C’est ce qui ressort du rapport d’extraction du cellulaire de l’accusé, analysé après son arrestation par la Sûreté du Québec (SQ) et déposé en preuve à son procès.

L’historique de l’appareil révèle aussi de très nombreuses recherches au sujet de la détresse psychologique. Jusqu’à cinq jours avant le meurtre, Benoit Cardinal aurait cherché à plusieurs reprises ligne d’aide en cas de crise, aide psychologique en ligne ou encore écoute et aide en privé.

L’historique du cellulaire regorge également de recherches de demandes d’avance de fonds, de prêts et de renouvellement de crédit.

Des problèmes financiers

Des messages textes échangés entre l’accusé et la victime dans les jours précédant le meurtre lèvent le voile sur leurs soucis financiers.

Le 28 décembre 2019, Benoît Cardinal avise sa conjointe qu’il est suspendu de son emploi d’éducateur en centre jeunesse.

Ça me rend folle ton affaire, j’ai vraiment peur [...] Si tu perds ta job, on ne pourra pas joindre les deux bouts, écrit Jaël Cantin, mécontente qu’il ne lui en ait pas parlé plus tôt. Vraiment tu [me laisses] dans le néant comme ça, on a une famille, ça me stresse, je pourrais te supporter si tu me tenais au courant, poursuit la femme de 33 ans.

Pressé de questions par sa conjointe, Benoit Cardinal affirme ignorer le motif de la suspension, mais soutient qu’il n’a rien à se reprocher.

On ne se fait pas suspendre sans raison non plus il y a quelqu'un qui a dit quelque chose de gros que [ça] soit vrai ou non, réplique-t-elle.

Le 10 janvier en soirée, Benoît Cardinal annonce à sa conjointe qu’il a été congédié. J’ai pu de job [...] [je] capote sérieux, écrit-il. Je t’aime, on va passer au travers tout ça ensemble, il n'y a rien qui arrive pour rien, lui répond Jaël Cantin.

Six jours plus tard, le corps de l’éducatrice spécialisée est retrouvé sans vie dans sa chambre à coucher. Elle est morte d’un traumatisme par objet contondant à la tête.

Benoit Cardinal a affirmé qu’un intrus les avait attaqués pendant la nuit. D’abord considéré comme une victime de violation de domicile, il a été arrêté pour meurtre dans les heures suivant le drame.

Une empreinte digitale inconnue

Empreintes digitales sur une porte.

Une technicienne en scène de crime a indiqué qu’une empreinte digitale relevée sur la porte de la chambre demeurait inconnue et ne concordait pas avec l’accusé.

Photo : Images déposées au procès

Aucune trace d’introduction par effraction n’a été observée à la résidence par la technicienne en scène de crime de la SQ, Sophie Fortin. Je n’ai constaté aucune trace de pas, aucune trace dans la neige, a-t-elle ajouté devant le tribunal, en présentant des photos de l’arrière de la maison.

En contre-interrogatoire, la policière a indiqué qu’une empreinte digitale relevée sur la porte de la chambre demeurait inconnue et ne concordait pas avec l’accusé.

Plus tôt dans le procès, une ancienne adolescente de centre jeunesse a témoigné avoir développé un lien intime avec l’accusé, au point où il l’aurait aidée dans sa fugue et lui aurait confié avoir des plans pour tuer sa conjointe.

Le procès se poursuit mercredi devant la juge Johanne St-Gelais.

L’accusé est représenté par Louis-Alexandre Martin et Ghassan Toubal. Caroline Buist, Valérie Michaud et Geneviève Aumont mènent le dossier pour le ministère public.

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