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Élections Yukon : peu d’engagements pour la revitalisation des langues autochtones

Un homme cache ses yeux derrière une plume d'aigle

Les chefs des principaux partis ont discuté de leurs engagements envers les Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Stéphanie Rousseau

Les trois principaux partis aux élections du Yukon ont débattu des enjeux liés aux communautés autochtones lors d’un débat organisé vendredi par le Conseil des Premières Nations du Yukon.

Il a notamment été question de la revitalisation des langues autochtones. Le chef Steve Smith des Premières Nations de Champagne et Aishihik a déclaré que les huit langues du territoire sont parlées par moins de 10 personnes.

Il a aussi critiqué le programme d’enseignement des langues traditionnelles dans le système scolaire en donnant l’exemple d’une élève qui a appris sa langue à l’école, mais qui est incapable de faire une phrase.

Est-ce que ce sont des programmes qui existent simplement pour se faire sentir mieux?, a-t-il lancé aux trois chefs réunis pour le débat.

Un homme sourit devant une oeuvre autochtone sur un mur.

Steve Smith est chef du conseil des Première Nation de Champagne et Aishihik.

Photo : Radio-Canada / Mike Rudyk

Je veux savoir qui soutient la revitalisation, pas seulement la préservation de nos langues. Pour que dans 50 ans, nos enfants parlent leurs langues dans leurs communautés, a ajouté Steve Smith.

Les trois chefs politiques ont réitéré leur engagement envers la restauration des langues autochtones, mais sans les accompagner de promesses chiffrées ou concrètes.

Oui, nous soutenons la revitalisation des langues autochtones que ce soit par le biais du Centre des langues autochtones du Yukon ou d’autres manières. Il faut en faire plus, a dit le chef du Parti du Yukon, Currie Dixon.

Kate White du Nouveau Parti démocratique est aussi restée vague.

La langue, c’est la culture. La langue, c’est l’identité. La langue occupe une place centrale.

Je soutiens fortement la revitalisation, j’aimerais voir des programmes d’immersion dans ces huit langues, de manière similaire à ce qui se fait pour les programmes d’immersion française, a-t-elle expliqué.

Consultez tous nos contenus sur les élections 2021 au Yukon.

Le chef du Parti libéral, Sandy Silver, a pour sa part vanté les gestes de son administration : Un des premiers gestes que nous avons fait en arrivant au pouvoir a été de redonner la responsabilité de la langue aux gouvernements locaux, c’est un petit geste, mais nous voulons continuer sur cette lancée.

Un gouvernement colonial ne fera pas la moitié d’un aussi bon travail dans ce dossier que peuvent faire les Premières Nations, a ajouté le chef libéral.

Santé mentale

Un autre thème qui a fait consensus au sein des trois partis politiques est le besoin d’augmenter les services de santé mentale et de créer un centre de traitement pour les problèmes de toxicomanie.

Nous aurions dû agir il y a des années , a déclaré Kate White.

C'est un problème de santé, pas un problème du système de justice.

Elle souhaite travailler pour obtenir un approvisionnement légalisé et sûr pour éliminer le poison qui se trouve dans les rues.

Pour sa part, Currie Dixon a déclaré que le Parti du Yukon s'assurerait que les centres de traitement disposent du personnel et des ressources dont ils ont besoin pour réussir, tout en offrant plus de soutien en santé mentale dans les écoles.

Sandy Silver a déclaré que si son parti est réélu, les libéraux allaient créer un programme d'approvisionnement sûr, ainsi qu’un refuge avec consommation.

Il a également déclaré que le parti prévoyait de financer un centre de traitement des toxicomanies et de mieux-être mental en milieu rural, en collaboration avec les Premières Nations locales.

Politique d'approvisionnement

Les chefs des trois partis ont aussi exprimé leurs opinions sur la nouvelle politique d’approvisionnement des Premières Nations du territoire qui vise à attribuer 15 % de tous les contrats d'approvisionnement territoriaux aux entreprises autochtones du Yukon.

Certains propriétaires d'entreprises ont critiqué le gouvernement libéral pour ne pas avoir consulté adéquatement le monde des affaires dans son ensemble, tout en affirmant que la politique pourrait être inconstitutionnelle.

Sandy Silver a indiqué qu'il trouvait malheureux que le déploiement ait été mal interprété, mais qu’il a eu des discussions avec des chefs d’entreprise qu’il souhaite poursuivre.

Kate White a indiqué qu’elle croyait qu’il y avait eu un problème de communication sur la nouvelle politique, mais qu’elle voit la politique comme un moyen pour que tout le monde participe, la qualifiant d'opportunité phénoménale .

Currie Dixon a été le seul à dire qu’il souhaite réviser la politique s’il est porté au pouvoir.

Nous pensons que nous devons mettre cette politique en suspens et trouver une nouvelle voie en travaillant avec les Premières Nations et le milieu des affaires pour la modifier et la rendre apte à atteindre les objectifs qui y sont énoncés , a déclaré Mme Dixon.

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