•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Analyse

La vaccination, le baromètre de l'économie

Image de la foule remplissant le stade, pendant que se déroule un match de baseball.

La situation sanitaire était-elle tellement si reluisante au Texas qu'elle permettait de remplir le stade Globe Life pour le match d'ouverture des Rangers? Les experts en santé publique ont vivement dénoncé le niveau d’ouverture de cet État.

Photo : Associated Press / Jeffrey McWhorter

Les images étaient saisissantes, lundi : plus de 38 000 spectateurs assistant au match opposant les Blue Jays de Toronto aux Rangers à Arlington, au Texas, pour l'ouverture locale de la saison de baseball. Des gens entassés, la plupart non masqués, qui s’amusaient comme si la pandémie était loin derrière eux.

Comment expliquer que le Texas, avec un taux de vaccination de 28 %, aille aussi loin et que le Québec, avec un taux de 18 %, annonce de nouvelles restrictions?

Est-ce que la vaccination se déroule plus rapidement au Texas? Elle est certainement en avance, oui, mais l’écart avec le Québec n’est quand même pas si grand.

Le taux d’immunisation y est-il plus élevé? Sans doute. Environ 11 % des Texans ont eu la COVID-19, c’est la donnée officielle. Et puisque plusieurs experts affirment que le fait d’avoir la maladie équivaut à une première dose de vaccin, on pourrait dire qu’au moins 40 % des personnes au Texas sont vaccinées ou ont reçu une première dose.

Est-ce suffisant pour permettre un match de baseball dans un stade rempli au maximum? Les experts en santé publique ont vivement dénoncé le niveau d’ouverture du Texas. Le président Joe Biden rappelle que les variants du coronavirus menacent aussi les États-Unis et que le nombre de cas de COVID-19 grimpe rapidement, de nouveau.

Une chose est sûre : entre l’ouverture totale du Texas et les restrictions du Québec, nous devons absolument nous projeter dans un futur qui est de moins en moins lointain. Il ne faut pas perdre de vue que, de l’autre côté de la colline variants, se profilent à l’horizon les vallées verdoyantes de la reprise économique.

La reprise en vue

Des dizaines de milliers de personnes pourront, espérons-le, retrouver bientôt leur emploi, leur gagne-pain. Des régions, qui s’appuient sur le tourisme, pourront accueillir, de nouveau, dans l’enthousiasme, les touristes du Québec, de l’ensemble du pays et de l’étranger.

Il faudra du temps pour revenir à une activité plus normale, c’est vrai. Mais la prodigieuse lumière au bout du tunnel, dont on parle tant, est bel et bien là. Bientôt, les artistes, les institutions culturelles, les organisateurs d’événements, les travailleurs de la restauration, de l’hébergement, du tourisme et du secteur de l’aérospatiale, dans les aéroports et les compagnies aériennes, tous ces gens pourront retrouver leur boulot, leur revenu, leur vie.

Les employés du secteur privé sont les plus touchés par la crise. Les travailleurs autonomes le sont particulièrement, tout comme les femmes, les jeunes et les personnes à faible revenu qui sont encore et toujours largement les plus atteints par les effets négatifs de la pandémie. Elles et ils attendent la reprise économique. Et pour qu’ils puissent s’en sortir, il n’y a qu’une solution : vacciner.

Vacciner, vacciner, vacciner

Le vrai baromètre de l’économie aujourd’hui, c’est la vaccination. Plus son taux augmentera, plus son rythme s’accélérera, plus les possibilités de réouverture économique augmenteront. Nous sommes rendus à un taux de vaccination de près de 19 % au Québec, et de près de 16 % dans l’ensemble du pays.

Or, on compte environ 140 000 rendez-vous de vaccination proposés cette semaine au Québec. Et des milliers de plages horaires de vaccination ont été gaspillées dans les derniers jours.

De plus, en date du 6 avril, le gouvernement du Canada avait livré 10 059 962 vaccins aux provinces, alors que 6 692 042 vaccins avaient été administrés au dernier décompte.

Comment expliquer ces couacs dans la vaccination? Comment se fait-il qu’on ne vaccine pas 24 heures par jour? Qu’y a-t-il de plus urgent en ce moment que de vacciner massivement et rapidement pour battre, d’abord, les variants et pour rouvrir, ensuite, l’économie plus rapidement et redonner du travail à des dizaines de milliers de personnes?

Le premier ministre Justin Trudeau a offert l’aide de son gouvernement pour accélérer la vaccination dans les provinces. Sommes-nous en mesure de refuser cette offre?

Ottawa prévoit recevoir 44 millions de doses au total avant la fin juin. Il semble assez certain qu’on ne manque pas de vaccins à administrer.

Plus on vaccine, plus on ouvre

Si de rassembler 38 000 personnes dans un stade en ce moment est un geste on ne peut plus douteux, il n’en demeure pas moins que le président Biden prévoit que tous les Américains seront éligibles à la vaccination le 19 avril, soit dans moins de deux semaines.

Chez nous, on cible la fin juin. Mais, avec une vaccination plus rapide, nous pourrions sans doute devancer cette cible. La reprise de l’économie en dépend.

Toutes les mauvaises nouvelles qui frappent notre quotidien en ce moment cachent l’incroyable reprise économique qui est attendue. De l’autre côté de la colline, quand on sera rendu à une majorité de personnes vaccinées, la relance sera solide.

Le Fonds monétaire international (FMI) a d’ailleurs relevé sa prévision de croissance économique mondiale en la faisant passer de 5,5 % à 6 % en 2021, ce qui est absolument spectaculaire. Le FMI a aussi relevé sa prévision de croissance du PIB de 1,4 point de pourcentage pour le Canada pour la faire passer à 5 %.

Les économistes de Desjardins prévoient une croissance de 6,3 % au Canada, de 6 % au Québec et de 6,1 % en Ontario en 2021. Ils prévoient une hausse de 8 % des ventes au détail au pays en 2021, plus de 240 000 mises en chantier ainsi qu’une hausse des dépenses d’environ 15 % dans les bâtiments résidentiels, les machines et le matériel. Les exportations vont rebondir de 7 % et les importations, de 10,6 %.

Nous sommes fatigués des restrictions, à n’en pas douter. Mais, avec une vaccination qui s’accélère et qui doit atteindre une cadence encore plus rapide, nous allons nous rapprocher de la forte reprise envisagée par les économistes. Tout laisse croire qu’on est à quelques semaines de cette reprise. En attendant, patience et vaccination!

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !