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Des Premières Nations imposent un moratoire sur le Cercle de feu

Vue aérienne du Cercle de feu en hiver.

Selon trois Premières Nations, le Canada a enfreint les lois en ne les consultant pas dans le processus de planification de l’analyse d’impact régionale sur le Cercle de feu.

Photo : CBC/Jeff Walters

Radio-Canada

Les Premières Nations d’Attawapiskat, Fort Albany et Neskantaga déclarent un moratoire sur tous les développements dans la zone minière du Cercle de feu jusqu’à ce qu’une analyse d’impact régionale soit effectuée par un groupe autochtone.

Elles demandent que l’analyse d’impact régionale soit dirigée, une fois la pandémie terminée, par une organisation autochtone locale et des personnes directement touchées par le développement du Cercle de feu, un projet dont elles avaient fait part au gouvernement fédéral à la fin de 2020.

Cependant, ces trois communautés soutiennent que le Canada rejette désormais leur proposition et s’est entendu avec l’Ontario sur les termes de l’analyse d’impact régionale sans les consulter.

Le Canada et l'Ontario ont collaboré dans le dos des Premières Nations au cours de l'année dernière pour s'entendre sur les termes de référence de l'analyse d’impact régionale qu'ils nous montreront en avril “pour faire des commentaires”, et dans laquelle les Premières Nations n'ont qu'une participation symbolique, peut-on lire dans le moratoire.

Le professeur en science politique à l'Université McGill Yann Allard-Tremblay explique que la revendication des trois Premières Nations se fonde notamment dans leur propre compréhension de leurs lois, et des droits qui sont reconnus dans la constitution canadienne dans l'article 35.

La recommandation s'appuie aussi sur la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations unies, qui met de l'avant le principe du consentement libre, éclairé et préalable, ajoute M. Allard-Tremblay.

Le Canada s'est engagé à aligner ses lois sur cette déclaration.

Des consultations limitées par la pandémie

Le chef de Kashechewan, Leo Friday, appuie ce moratoire. Selon lui, la pandémie de COVID-19 empêche les rencontres pour faire avancer des projets comme le Cercle de feu.

Photo d'un chef autochtone en tenue traditionnelle derrière un micro.

Leo Friday, chef de Kashechewan, dit être d'accord avec ce moratoire. (Archives)

Photo : Chaîne de Queen's Park

Les peuples autochtones devraient être capables de consentir à l'extraction des ressources naturelles de leur territoire et ne pas être consultés de manière superficielle, ajoute M. Allard-Tremblay, nation huronne-wendat

Selon le professeur Allard-Tremblay, la COVID-19 peut compliquer le processus de consultation.

Si on est occupé à essayer de se protéger de la propagation du virus, ça limite beaucoup la capacité à offrir un consentement libre, éclairé et préalable, détaille-t-il.

Enjeux environnementaux

Le moratoire des trois Premières Nations indique également l'importance de préserver la Terre-Mère.

Nous devons porter une grande attention à ce qu’il se passe dans le Cercle de feu, car le territoire des basses terres de la baie James est l’un des derniers remparts, dans le monde, pour éviter une catastrophe climatique, soutient l’avocate qui représente la Première Nation d'Attawapiskat, Kate Kempton.

C’est un habitat critique; si on le détruit de manière irresponsable, on va tous en payer le prix.

Une citation de :Kate Kempton, avocate représentant la Première Nation d’Attawapiskat

Le chef de Kashechewan, Leo Friday, s'inquiète notamment des matériaux toxiques qui seront transportés à proximité de la rivière Albany.

Le Canada et l'Ontario peuvent faire lever ce moratoire s'ils acceptent ce que le Canada nous avait laissé croire qu'il ferait : accepter de planifier et de mener l’analyse d’impact régionale dans des conditions qui respectent nos droits et protègent notre Terre-Mère, est-il écrit à la fin du moratoire.

Mme Kempton espère que les gouvernements feront volte-face en raison du moratoire. Elle affirme que d'autres mesures seront prises si ce n'est pas le cas, sans pouvoir donner plus de précisions à ce moment-ci.

La province n'avait pas répondu à une demande d'entrevue au moment de la publication.

Avec les informations de Miguel Lachance

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