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Dépôt du budget provincial mercredi : l'art de jongler entre économie et pandémie

L'incertitude de la troisième vague freinera la reprise, selon des experts.

Le Golden Boy qui surplombe le Palais législatif du Manitoba.

Le Golden Boy surplombe le Palais législatif du Manitoba, où le budget provincial 2021 sera déposé le 7 avril.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Radio-Canada

Le budget 2021-2022 du gouvernement du Manitoba sera dévoilé mercredi après-midi, alors que la pandémie se poursuit et gruge davantage le Trésor public.

Des sacrifices budgétaires devront être faits pour relancer l’économie tout en gérant la crise sanitaire et en soutenant la population et les entreprises, pensent des experts.

L’économiste retraité Raymond Clément reste cependant optimiste. L'économie manitobaine semble être relancée, ce qui permettra probablement au gouvernement de Brian Pallister de déposer un plan quinquennal menant à l’équilibre budgétaire, dit-il.

M. Clément estime que, malgré la pandémie, plusieurs secteurs économiques sont très actifs au Manitoba, notamment ceux de l’immobilier et des exportations agricoles et manufacturières. Le taux de chômage en 2021-2022 devrait aussi diminuer et revenir au même seuil qu’en 2019, d’après l’économiste.

Une affiche "À vendre" devant une maison, sur laquelle est apposé le mot "vendu" en anglais.

Le secteur immobilier est très actif au Manitoba en dépit de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Raymond Clément mentionne que le problème principal est l’incertitude face à une troisième et quatrième vagues de COVID-19. Peu importe l’avenir, dit-il, la fonction publique et la santé seront probablement les domaines qui subiront le plus de compressions financières en raison de la pandémie.

D’autres experts prévoient des scénarios plus pessimistes. Il ne faut pas s’attendre à une série de bonnes nouvelles de la part du ministre des Finances, dit le politologue Christopher Adams.

Le déficit provincial de l'année en cours est de près de 2 milliards de dollars, et le ministre des Finances a récemment annoncé qu’il s’élèvera à environ 1,6 milliard l’année prochaine, affirme-t-il.

Selon le politologue, le principal défi économique pour l’année 2021-2022 a trait à la pandémie. En raison du ralentissement économique, la province continuera d’observer une baisse de ses revenus en taxes et en impôts perçus, pendant que les dépenses en santé continueront d’augmenter.

Christopher Adams s’attend donc à ce que le gouvernement de Brian Pallister joue sur divers éléments pour présenter une feuille de route prudente et ingénieuse, qui misera sur la réduction de la dette publique.

Un homme portant des lunettes assis à un bureau.

Le ministre des Finances du Manitoba, Scott Fielding, pourrait continuer d’observer une baisse des revenus alors que les dépenses en santé continueront d’augmenter, selon Christopher Adams.

Photo : Radio-Canada

Christopher Adams rappelle que l’éducation, deuxième poste budgétaire important après la santé, devrait bénéficier de la restructuration des commissions scolaires anglophones manitobaines. Cette réforme pourrait permettre de réaliser des économies substantielles, selon lui.

De plus, le politologue soutient que le Manitoba a la chance d’avoir un secteur économique diversifié, avec l’hydroélectricité, l’agriculture, le tourisme et les domaines minier et manufacturier. Bien que le commerce de détail et les loisirs aient été durement touchés, la province peut toujours compter sur ces autres sources de revenus pour faire face au déficit.

Un panneau devant les bureau de la Division scolaire Pembina Trails à Winnipeg.

La réforme proposée de l'éducation et l'abolition des divisions scolaires anglophones pourraient se traduire par des économies importantes pour la province.

Photo : Radio-Canada

De son côté, le professeur en économie à l’Université de Winnipeg Philippe Cyrenne est préoccupé par l'optimisme exagéré des gouvernements face aux avancées du vaccin. Il se demande si le ministre des Finances, Scott Fielding, a bien pris en compte la possibilité d’une troisième vague de COVID-19 plus virulente en raison des variants.

Il ne faudrait pas que le budget ait été établi seulement en fonction de l’efficacité absolue du vaccin et en prévision d’un scénario trop optimiste qui prévoit la réouverture imminente des industries à l’arrêt, dit Philippe Cyrenne.

Il rappelle que la Banque Royale canadienne prévoit une augmentation de 5,1 % du PIB au Manitoba d’ici l’année prochaine, une donnée probablement prise en compte dans la mise en place du plan financier de Scott Fielding.

Philippe Cyrenne mentionne que cette prévision est basée sur l’hypothèse que la vaccination de la population permettra au gouvernement de rouvrir en toute sécurité des secteurs de l'économie qui sont encore fermés en tout ou en partie.

Des groupes de pression revendiquent

Le directeur de la Fédération canadienne des contribuables pour les Prairies, Todd MacKay, espère que les taux d’imposition et d’intérêt n’augmenteront pas pour les contribuables cette année.

Todd MacKay s’attend à voir un plan solide qui montre clairement un retour vers l’équilibre budgétaire dans les prochaines années. Il rappelle que les familles manitobaines ne veulent pas être davantage imposées pour soutenir le fardeau de la dette.

Des membres du personnel médical autour d'un lit.

Le personnel infirmier du Manitoba est à bout de souffle, selon Darlene Jackson.

Photo : La Presse canadienne / Mikaela MacKenzie

Quant à la présidente du Syndicat des infirmières du Manitoba, Darlene Jackson, elle espère qu’il y aura une attention supplémentaire accordée au domaine de la santé, notamment en raison de la situation précaire des infirmiers durant la pandémie.

Darlene Jackson soutient que le corps infirmier est à bout de souffle, que les effectifs diminuent et qu’il faudrait un important investissement pour régler les problèmes de recrutement et de rétention du personnel.

Avec des informations de Camille Kasisi-Monet

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