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Des milliers d'électeurs à T.-N.-L. auraient été inscrits incorrectement pour voter

Alison Coffin.

La cheffe du Nouveau Parti démocratique de Terre-Neuve-et-Labrador, Alison Coffin, affirme que des milliers d'électeurs ont été inscrits pour voter par la poste sans prouver leur identité.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Des milliers d'électeurs à Terre-Neuve-et-Labrador auraient été inscrits incorrectement pour voter par la poste, allègue la chef du NPD dans une demande de recomptage judiciaire déposée en Cour suprême provinciale.

Je crois comprendre, après avoir parlé aux agents d’Élections TNL, que plusieurs personnes dans Saint-Jean-Est—Quidi Vidi ont été ajoutées à la liste d’électeurs sans qu'elles aient prêté serment correctement et sans qu'elles aient montré des pièces d’identité, indique Alison Coffin dans une déclaration sous serment datée du 1er avril.

Selon Mme Coffin, à l’échelle provinciale, des milliers de personnes ont été ajoutées à la liste d’électeurs après un simple appel téléphonique avec un agent d’Élections TNL, et ont reçu un bulletin, parfois plusieurs bulletins, sans avoir eu à prouver leur identité.

Je crois comprendre qu'il n’y avait aucun processus de vérification pour assurer que les personnes ajoutées à la liste sont bel et bien qui elles prétendent être, et aucun processus pour assurer qu’elles habitent dans la circonscription où elles ont voté.

Une citation de :Alison Coffin, chef, NPD

En entrevue, mardi, Alison Coffin ne voulait pas nommer les employés d'Élections Terre-Neuve-et-Labrador qui ont transmis les allégations à son parti la semaine dernière. Mais elle a indiqué que ces travailleurs connaissent intimement les activités et les protocoles de l’agence.

Le directeur général du scrutin, Bruce Chaulk, n’a pas voulu commenter les allégations du NPD.

Nous ne ferons pas de commentaires alors que l’affaire est devant les tribunaux, écrit M. Chaulk, qui n’a donné aucune entrevue depuis plus d’un mois.

Bruce Chaulk devant une pancarte de l'agence.

Le directeur général des élections de Terre-Neuve-et-Labrador, Bruce Chaulk

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Comme Bruce Chaulk, une porte-parole du premier ministre Andrew Furey a dit qu'il serait inapproprié pour le Parti libéral de commenter les allégations du NPD.

Mais le chef par intérim du Parti progressiste-conservateur, David Brazil, soutient pour sa part dans une déclaration qu'il est au courant de problèmes semblables et nous avons exprimé nos préoccupations à M. Chaulk et à Élections Terre-Neuve-et-Labrador au cours de la campagne électorale. Ces préoccupations n'ont pas été prises en compte.

Le Parti progressiste-conservateur suit avec intérêt le recomptage judiciaire dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi pour constater l'ampleur des irrégularités révélées durant les procédures judiciaires, ajoute M. Brazil.

Recomptage, puis contestation?

La demande de dépouillement judiciaire du NPD ne cherche pas à invalider les résultats dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi, où Alison Coffin a perdu par seulement 53 voix — le résultat le plus serré des élections provinciales.

Avec ce recomptage, on veut voir si les résultats sont exacts et on veut vérifier les faits, explique Mme Coffin.

Mais la leader néo-démocrate laisse entendre que sa formation serait sur le point de soumettre une deuxième demande au tribunal pour contester la légitimité du vote.

Les discussions à ce sujet se poursuivent […] Au-delà du résultat dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi, nous nous préoccupons de la capacité des gens d’exercer leur droit de vote, indique-t-elle, en ajoutant que le dépouillement judiciaire pourrait bien révéler des informations utilisées pour contester les élections.

Nous voulons nous assurer que cette situation ne se reproduira jamais. C’est notre priorité, dit-elle.

Pas encore de contestation chez les conservateurs

Pour l'heure, les progressistes-conservateurs n'ont demandé aucun recomptage judiciaire et n'ont lancé aucune contestation.

L'analyse des résultats se poursuit et une décision sur la possibilité d'un recomptage ou d'une contestation sera faite plus tard, précise David Brazil.

Une demande de recomptage judiciaire doit être déposée dans les 10 jours après le jour du scrutin. Une contestation des résultats doit être lancée dans les deux mois suivant les élections.

Dans les documents déposés en Cour suprême le 1er avril, le NPD affirme, comme il l’a clamé en mars dans une lettre au directeur général des élections, que de nombreux bulletins de vote ont été rejetés par erreur pendant le dépouillement initial.

Le parti soutient aussi qu’il était impossible pour la scrutatrice néo-démocrate, Judy Vanta, de bien surveiller le comptage de quelque 180 000 bulletins de vote.

Dans son propre affidavit, Mme Vanta indique qu’en vertu des règles sanitaires adoptées par Élections Terre-Neuve-et-Labrador, elle n’a vu que les bulletins rejetés. Selon la loi électorale, les scrutateurs doivent, en principe, surveiller tout le dépouillement.

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