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Traite de personnes : des survivantes forcées de rembourser des prêts frauduleux

Une femme, vue de dos, marche seule dans un corridor étroit.

Un groupe d’aide aux survivants de la traite de personnes et de l’exploitation sexuelle demande au gouvernement Ford d'amender son projet de loi pour retirer les dettes de prêts étudiants des victimes.

Photo : getty images/istockphoto / tapui

Des survivantes du trafic de personnes demandent au gouvernement de l'Ontario de modifier son projet de loi pour leur permettre d'effacer des prêts étudiants contractés en leur nom par des trafiquants.

Le projet de loi 251, pour lutter contre la traite des personnes en Ontario, en est à la deuxième lecture.

Amanda et Layla, deux survivantes, lancent un cri du coeur pour que le gouvernement Ford modifie le projet de loi afin de leur venir en aide.

Alors qu'elles étaient victimes de traite de personnes, leurs trafiquants ont obtenu des prêts frauduleux en leurs noms par l'entremise du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO).

Afin de protéger l'identité des victimes, seuls leurs prénoms seront utilisés par Radio-Canada.

Amanda et Layla doivent maintenant rembourser ces dettes au gouvernement, mais elles n'en ont pas les moyens.

Quand je m'en suis sortie, je me suis soudainement retrouvée devant une dette énorme. J'ai été obligé de déclarer faillite, explique Amanda, une survivante dans la trentaine.

La fraude financière et l’usurpation d’identité sont des composantes majeures de l’exploitation des survivantes de la traite de personnes, selon Project Recover, un groupe qui soutient les jeunes survivantes qui souhaitent retourner à l'école en les représentant auprès des créanciers.

Je ne veux vraiment pas que cette dette pèse sur moi. Je veux vraiment retourner à l'école. Retirer ce poids de nos épaules nous serait d'une grande aide.

Une citation de :Amanda, survivante de la traite de personnes en Ontario

Les victimes de la traite d'êtres humains sont souvent kidnappées alors qu’elles fréquentent un collège ou une université, selon l'agence Project Recover.

En raison de ces dettes, souvent contractées frauduleusement en leur nom par des trafiquants, les survivantes ne peuvent pas accéder au RAFEO pour retourner aux études. Ces personnes veulent rebâtir leurs vies, mais le gouvernement ne leur permet pas de le faire, dit le directeur général de l'agence canadienne, Richard Dunwoody.

Je veux m'en sortir, mais je suis découragée. Cette dette n'a jamais été de ma faute. Je suis une mère qui essaye de s'en sortir, mais c'est impossible.

Une citation de :Layla, survivante de la traite de personnes

Layla, une survivante du trafic de personnes de la région de York, a du mal à joindre les deux bouts. Elle doit encore de l'argent pour des prêts étudiants contractés frauduleusement en son nom.

Cette mère de famille raconte qu'elle demande de l'aide pour économiser assez d'argent pour rembourser le gouvernement, mais que cet argent devrait aller à sa fille et à améliorer leurs vies.

On veut une vie meilleure, mais comment faire sans soutien? lance Layla. Je me sens manipulée par le gouvernement, qui dit se soucier de nous, mais qui ne met pas en place des mesures concrètes, ajoute-t-elle.

Selon Richard Dunwoody, les actions du gouvernement de l'Ontario sont une extension de la manipulation, de la coercition et de la victimisation continue subies par des survivantes aux mains de leurs trafiquants.

Pas assez de soutien pour les victimes

Le projet de loi du gouvernement Ford est un bon début pour s'attaquer au fléau de la traite de personnes en Ontario, mais il ne va pas assez loin selon le député néo-démocrate Chris Glover.

La motion 131, qu'il a présentée, demande au gouvernement de mettre en place un système pour éliminer les dettes du RAFEO et les amendes gouvernementales des survivantes de la traite.

Il y a des pas dans la bonne direction dans ce projet de loi, mais il n’y a pas assez de soutien pour les victimes, croit le député néo-démocrate qui a d’abord introduit cette motion en décembre.

Cet amendement au projet de loi aidera à réduire la souffrance des survivantes, selon M. Glover et leur permettra de vivre leur vie.

Le gouvernement de l'Ontario poursuit [actuellement] les gens pour qu'ils remboursent une dette frauduleuse, croit M. Dunwoody. Selon lui, les survivantes ne lui doivent pas cet argent.

Il ajoute que les députés conservateurs ont non seulement refusé de reconnaître les actions blessantes de leur gouvernement, mais ont rejeté la demande des survivantes, lors de nombreuses réunions.

En Ontario, l’âge moyen des personnes recrutées à des fins d’exploitation sexuelle est de 13 ans.

Selon le gouvernement provincial, environ le deux tiers des cas de traite des personnes signalés à la police au pays se produisent en Ontario.

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