•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’impassible Derek Chauvin

Depuis le début du procès, il prend des notes vêtu d’un impeccable veston-cravate, comme s’il n’était qu’un simple observateur. Pourtant, Derek Chauvin fait face à trois chefs d’accusation, dont celui de meurtre au second degré, et risque une peine maximale de 40 ans de prison.

Un dessin de cour de l’ancien policier de Minneapolis portant un couvre-visage au tribunal.

L’ancien policier Derek Chauvin au tribunal, le premier jour de la sélection du jury pour son procès.

Photo : Reuters / JANE ROSENBERG

Au dépanneur Cup Foods où tout a commencé, le procès est diffusé sur grand écran. Un employé rencontré sur place affirme qu'il a fait l’appel au 911, le 25 mai 2020.

L’employé veut cependant parler à son agent de communication. On ne peut pas non plus filmer ou prendre de photos à l’intérieur de l’établissement, où le nombre de clients a chuté.

L’extérieur du dépanneur, lui, ressemble à un lieu de pèlerinage où l’image de George Floyd est omniprésente. La fameuse intersection 38th East et Chicago est d’ailleurs toujours fermée.

On l’appelle l’État libre de George Floyd. C’est un lieu silencieux, visité tantôt par des journalistes, tantôt par des résidents de Minneapolis.

Un panneau indique l'entrée du mémorial dédié à George Floyd. On peut y lire : « You are now entering the free state of George Floyd ».

La zone où s'est déroulée la scène est encore interdite à la circulation.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

La scène est fleurie. Au milieu se trouve une boîte aux lettres pour remercier Darnella Frasier d’avoir filmé le drame. L’endroit ressemble à une blessure béante à ciel ouvert qui se cicatrisera peut-être après le verdict, s’il est conforme aux attentes.

Une boîte aux lettres entourée de fleurs.

La boîte aux lettres de remerciements à Darnella Frazier.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

Je ne peux pas écouter le procès, c’est trop traumatisant, dit une passante afro-américaine, qui ne veut pas donner son nom.

Des témoins rongés par la culpabilité

Tous les jours, les témoins défilent à la barre pour raconter ce qu’ils ont vu et confier qu’ils se sentent coupables de n’avoir pu faire plus pour éviter le pire.

La jeune Darnella Frasier s’en veut encore de ne pas s’être interposée physiquement pour sauver la vie de George Floyd. Sa seule arme était son téléphone, pour filmer et ainsi montrer au monde entier l’agonie de près de dix minutes de George Floyd sous le genou du policier.

Des fleurs, des peluches et des mots de soutien cohabitent dans un désordre organisé.

Un mémorial improvisé en l'honneur de George Floyd, là où son décès a eu lieu.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

La pompière Geneviève Hansen s’en veut elle aussi de n’avoir pu prodiguer les premiers soins à la victime.

Charles McMillian, un passant qui a assisté à l’arrestation, s’est quant à lui effondré en larmes à la barre des témoins. L’homme de 61 ans avait conseillé à George Floyd de ne pas résister alors que les policiers tentaient de l’embarquer dans une autopatrouille.

Un homme s'essuie les yeux avec un mouchoir.

Charles McMillian n'a pu retenir ses larmes lors de son passage à la barre des témoins.

Photo : via reuters

Un ancien caissier du Cup Foods, âgé d’à peine 19 ans, est carrément rongé par les remords : c’est lui qui a averti son gérant qu’il venait de recevoir un faux billet de 20 dollars. J’aurais tout simplement dû le refuser, a-t-il répété, j’aurais pu éviter le drame.

La conjointe de George Floyd, Courtney Ross, a pour sa part raconté avec émotion comment le couple était devenu dépendant des opioïdes en raison de maladies chroniques.

Une femme sanglote, le nez dans un mouchoir.

Dans cette image tirée d'une vidéo, la témoin Courtney Ross, qui était l'amie intime de George Floyd, répond aux questions lors du procès du policier Derek Chauvin, à Minneapolis.

Photo : Associated Press

Devant ces témoins encore ébranlés, Derek Chauvin, lui, ne trahit aucune émotion. Sa défense affirme qu’il n’a fait que suivre les procédures pour maîtriser un suspect et que George Floyd est mort en raison de problèmes de santé et non de la pression exercée sur son cou.

Pourtant, ses anciens collègues policiers – du chef de la police de Minneapolis Medaria Arradondo au lieutenant Richard Zimmerman – défilent eux aussi à la barre et dénoncent son action.

Notre devoir est de servir la population avec compassion et de la protéger.

Une citation de :Medaria Arradondo, chef de la police de Minneapolis

Appuyer le genou sur le cou d’un suspect [qui est] menotté et plaqué au sol peut le tuer, a pour sa part déclaré le lieutenant Zimmerman.

Pourtant, l’ex-agent Chauvin continue d’afficher le même visage impassible que lorsqu’il appuyait son genou sur le cou de George Floyd.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.