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Photos osées : l’UQAM reporte ses procédures judiciaires contre une étudiante

Une des bâtisses de l'UQAM.

L'Université du Québec à Montréal (UQAM)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

L’UQAM reporte indéfiniment ses procédures judiciaires contre l’étudiante en arts visuels Hélène Boudreau, qui a publié des photos d’elle partiellement dénudée avec le logo de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) sur ses réseaux sociaux et sur le site payant OnlyFans. Des négociations entre les deux parties sont en cours.

L’affaire a commencé le 24 février, lorsque l’étudiante Hélène Boudreau a publié une photo d’elle sur son compte Instagram où on peut voir, en partie, sa poitrine ainsi que le logo de l’UQAM. Elle aurait également publié des photos sur Facebook et sur le site OnlyFans, accessible uniquement par abonnement et qui présente des photos et des vidéos sans censure.

C'est seulement dans les derniers jours que l’histoire a commencé à faire boule de neige, lorsqu’il a été rendu public que l’UQAM avait d’abord demandé à trois reprises à l’étudiante de retirer ces photos, puis avait entamé des procédures judiciaires, lui demandant 125 000 $ en dommages.

Selon l’avocat Raymond Doray, qui représente l’UQAM, la publication de ces photos sur le site OnlyFans dérange l’administration. Elles auraient porté atteinte à la réputation de l’institution et lui auraient causé des dommages.

L’UQAM n’a fourni aucune preuve tangible démontrant en quoi ces photos ont pu causer un dommage à sa réputation ou à son image, réfute cependant David Banon, l’avocat représentant Hélène Boudreau. Nous sommes d’avis que l’UQAM n’a subi aucun dommage moral ou punitif.

#papauqam, un mouvement en appui à Hélène Boudreau

Un mouvement d’appui à Hélène Boudreau prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Des dizaines de personnes, surtout des étudiantes ou des diplômées, mais aussi des personnalités publiques, partagent des photos d’elles partiellement dénudées avec le logo de l’UQAM.

En utilisant le mot-clic #papauqam, elles souhaitent dénoncer ce qui est, selon elles, un geste paternaliste de l’UQAM.

On est entouré d’images de femmes nues ou semi-nues dans l’espace public, beaucoup plus choquantes que celles qu’Hélène Boudreau a montrées, lance la professeure au Département d’études littéraires de l’UQAM Lori Saint-Martin.

Quand les femmes veulent elles-mêmes se mettre en scène et profiter de la mise en scène de leur corps, là, ça pose problème. C’est un acte paternaliste de vouloir les empêcher de le faire.

Une citation de :Lori Saint-Martin, professeure à l'UQAM

Stéphanie Roussel, étudiante au doctorat en sémiologie à l’UQAM, est une des deux instigatrices du mouvement #papauqam, qu’elle souhaite aussi faire reconnaître comme un geste de solidarité avec les travailleurs et les travailleuses du sexe.

C’est choquant de ne pas avoir le droit de faire ce qu’on veut de notre corps, c’est choquant d’avoir à représenter l'UQAM d’une façon qui lui conviendrait alors que l’institution nous appartient.

Deux poids, deux mesures

Stéphanie Roussel tient également à souligner l’attitude paradoxale de l’institution, qui la cite souvent pour faire la promotion de ses programmes sans lui demander son autorisation. Si l’UQAM m’utilise, moi, mon parcours, mes réussites, pour faire sa promotion, pourquoi Hélène Boudreau n’a pas le droit d’utiliser le fait qu’elle est diplômée de l’UQAM dans les différentes plateformes de la manière qui lui convient?

Les deux parties devaient se présenter en cour mardi concernant la demande d’injonction provisoire de l’UQAM, mais l’université a reporté indéfiniment ses procédures judiciaires contre Hélène Boudreau.

L’université et son étudiante sont en négociations et souhaitent parvenir à une entente hors cour. La demande d’injonction est donc reportée indéfiniment, explique Me David Banon.

Hélène Boudreau n’a pour l’instant pas répondu à la demande d’entrevue de Radio-Canada.

Avec les informations d’Olivier Lefebvre

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