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Le sénat de l'Université Laurentienne se penche sur les programmes à éliminer

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L'Université Laurentienne est en processus de restructuration sous supervision judiciaire.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Les membres du sénat de l’Université Laurentienne se réunissent mardi à huis clos pour évaluer les recommandations d’un sous-comité sur l’élimination de certains programmes dans le cadre de la restructuration de l’établissement postsecondaire entamée en février.

Au cours de la rencontre qui a débuté à 9 h, les membres votants du sénat découvrent pour la toute première fois les recommandations formulées par le sous-comité composé de six personnes, créé le 9 février, huit jours après que l’Université Laurentienne a déclaré son insolvabilité.

Sa mission était de formuler des recommandations quant à l’élimination des programmes, la réorganisation des facultés et des départements de l’Université Laurentienne ainsi que d’autres changements liés aux programmes.

Après une présentation des recommandations aux membres du sénat, ces derniers disposeront d’une pause de trois heures — toujours à huis clos — pour les évaluer individuellement avant que la réunion ne reprenne vers 13 h. Celle-ci devrait d’ailleurs se poursuivre au cours de la journée aussi longtemps qu’il le faudra, selon un message envoyé aux membres votants du sénat.

Mobilisation pour préserver les programmes en français

Lundi matin, à la veille de la réunion, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a lancé une campagne d’envoi de lettres au recteur de l’Université Laurentienne Robert Haché et au président du Conseil des gouverneurs Claude Lacroix.

L’organisme, qui soutient l’intention de l’Université de Sudbury de devenir entièrement francophone, encourage le public à demander aux deux dirigeants d’entreprendre immédiatement les démarches afin de transférer la programmation de langue française de [leur] institution à l’Université de Sudbury.

Le président de l’AFO, Carol Jolin, avait déjà envoyé une lettre en ce sens au recteur Robert Haché et à Claude Lacroix, le 15 mars. Le lendemain, M. Haché a publié une déclaration dans laquelle il indiquait que l’engagement envers la communauté francophone de l’Ontario [...] [continuerait] de faire partie intégrante de la mission de la Laurentienne dans le processus de restructuration de l’Université.

L'homme est debout dans un corridor et fait face à la caméra.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin

Photo : Radio-Canada / Raphaël Tremblay

M. Jolin qualifie cette réponse de statu quo mais qui va s’accompagner dans ce cas-ci de coupures draconiennes.

« La communauté francophone a perdu confiance dans la capacité de l’Université Laurentienne de pouvoir offrir une programmation riche pour les cours en français dans le Moyen-Nord [de l’Ontario]. »

— Une citation de  Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario

Il dit ainsi espérer qu’il y a quelqu’un au sénat qui va amener une proposition [mardi] pour que les cours en français soient transférés à l’Université de Sudbury.

Lundi en fin d’après-midi, plus de 600 personnes avaient déjà participé à la campagne de l’AFO, selon M. Jolin.

Portes avant d’un édifice avec un peu de neige.

L’Université de Sudbury espère devenir une entité entièrement francophone.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Des étudiants en colère

La réunion du sénat se tient cinq jours après que l’Université Laurentienne a dévoilé son intention de rompre unilatéralement ses liens avec les universités fédérées, soit l’Université Huntington, l’Université Thorneloe et l’Université de Sudbury, le 30 avril.

Plus concrètement, après cette date, l'Université Laurentienne ne reconnaîtra plus les cours pris dans les universités fédérées.

L’annonce continue de susciter plusieurs inquiétudes chez les étudiants qui suivent plusieurs cours dans ces trois établissements, car ces derniers ne peuvent pas en ce moment octroyer de diplômes de manière autonome.

Katharine Champaigne est en voie de terminer sa troisième année dans le programme de gérontologie offert par l’Université Huntington.

J’ai l’impression d’être abandonnée par l’administration [de l’Université Laurentienne], dit-elle.

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Le programme de gérontologie est offert par l'Université Huntington qui fait partie de la fédération de l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Bien que l’Université Laurentienne se soit engagée à offrir aux étudiants des trois autres universités une place dans un programme semblable ou correspondant à la Laurentienne, Katharine Champaigne soutient qu’il n’existe pas de programme similaire à celui de gérontologie à la Laurentienne.

Si la fédération de l’Université Laurentienne est dissoute, l’étudiante croit qu’elle sera forcée d’aller à une université différente pour terminer son programme, une démarche qu’elle appréhende, étant donné que l’année scolaire tire déjà à sa fin.

« Je suis très en colère contre l’administration [de l’Université Laurentienne]. Ils disent tenir à cœur les intérêts des étudiants et disent qu’ils vont bien s’occuper d’eux, mais [...] on se sent plutôt comme s’il y a un mépris total envers les intérêts des étudiants. »

— Une citation de  Katharine Champaigne, étudiante au programme de gérontologie à l’Université Huntington

Même son de cloche de la part d’Elora Conrad, qui est inscrite à une mineure en études anciennes (Ancient Studies), un programme offert par l’Université Thorneloe. Il ne lui reste qu’un seul cours à suivre pour obtenir les 24 crédits nécessaires.

Vraiment, j’étais insultée. Vous m’offrez des cours pour que je puisse faire une mineure que vous m’avez promis que je pouvais faire, et là vous me dites, à la dernière minute : "Ah, vous n’êtes plus capable parce qu’on met fin à la fédération". Si j’avais su ça il y a deux mois, j’aurais pris mon dernier cours ce semestre, fait-elle savoir.

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L'Université Thorneloe fédérée à l'Université Laurentienne offre un programme anglais d'études anciennes.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

L’étudiante de troisième année, qui fait sa majeure en mathématiques à l’Université Laurentienne, se rappelle avoir opté pour un premier cours au choix en études anciennes il y a deux ans parce que ce n’était pas juste des équations et qu’elle voulait pouvoir se changer les idées. Mais elle s’en est rapidement éprise et a décidé de faire une mineure dans le domaine.

« Avec des cours de mythologie classique et de magie dans le monde ancien, il y a beaucoup d’interprétation et ça te force à penser plus grand. »

— Une citation de  Elora Conrad, étudiante inscrite à une mineure en études anciennes à l’Université Thorneloe

L’Université Thorneloe a déjà signalé qu’elle contestera la décision de l’Université Laurentienne devant les tribunaux.

Par ailleurs, le groupe communautaire Sauvons Sudbury, qui milite contre les coupes anticipées à l’Université Laurentienne, organise une manifestation mardi matin au pont des Nations.

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