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Les ados ont besoin qu'on s'occupe de leur santé mentale pendant la pandémie

Un tableau d'affichage montre des oeuvres dans lesquelles les jeunes expriment leurs émotions.

L'association manitobaine des troubles de l'humeur a organisé l'été dernier un camp artistique pour les jeunes aux prises avec des troubles de l'anxiété ou de la dépression.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Radio-Canada

Les jeunes sont plus nombreux à demander de l’aide pour lutter contre la dépression et l’anxiété en raison de la COVID-19 et de son impact sur les écoles, selon des promoteurs de la santé mentale de Winnipeg.

Jeunesse j’écoute est un service téléphonique pancanadien qui offre du soutien aux jeunes par téléphone, messages textes ou en ligne. Au cours de l’automne 2020, un jeune sur trois qui a envoyé un message texte au service a indiqué ressentir une certaine détresse avec le retour à l’école. Cet enjeu a été le troisième en importance rapporté par les jeunes, après l’isolement et la santé mentale, selon la vice-présidente associée, Lindsey Coulter.

Lindsey Coulter ajoute qu’en 2020, Jeunesse j’écoute a eu plus de 4,5 millions de contacts avec des jeunes par téléphone et messages textes, comparé au 1,9 million dénombré en 2019.

Sierra est une de ces jeunes qui a été affectée par la pandémie. Cette jeune femme de 15 ans veut rester anonyme pour préserver sa vie privée. Radio-Canada la nomme Sierra pour les fins de cet article.

Sierra dit qu’elle a été dévastée quand les écoles ont fermé leurs portes en mars 2020. Ses difficultés d’apprentissage représentaient un défi supplémentaire dans un contexte d'enseignement à distance.

C’était vraiment stressant. J’ai besoin de voir les choses en personne, c’est trop difficile pour moi d'apprendre en ligne. Si je ne vois pas comment c’est fait en personne, je ne comprends pas.

Coincée à la maison comme tous ses amis pendant le confinement, passant beaucoup de temps seule dans sa chambre, elle a ressenti les effets de l’isolement. Mais, dit-elle, je ne voulais pas parler de ma dépression.

Un camp d’été pour la santé mentale

Une cinquantaine de jeunes, dont Sierra, ont participé à un nouveau camp organisé l’été dernier par l’Association manitobaine pour les troubles de l’humeur (Mood Disorders Association of Manitoba ou MDAM).

Ce MAD camp (pour musique, art et danse) est un programme commandité par Centraide. Il cible les jeunes de 13 à 17 ans aux prises avec de l’anxiété ou d’autres problèmes de santé mentale.

L’été dernier, après le début du confinement, bon nombre de parents nous ont dit que leurs enfants vivaient beaucoup d’isolement, de dépression et d’anxiété, explique la directrice générale de MDAM, Rita Chahal. Certains, ajoute-t-elle, ont eu des idées suicidaires.

Le camp d'été offrait aux jeunes un endroit sécuritaire pour parler et exprimer leurs émotions au travers de la musique et des arts. L’organisme planifie d'organiser un autre camp cet été.

Sierra affirme que le camp l’a aidée à retrouver la santé, alors qu’elle reprenait confiance, avait de nouveaux amis et participait à des activités artistiques.

Ça m'a beaucoup aidé avec ma dépression, et ça m’a gardée occupée, ça m’a sortie de la maison, dit-elle.

Le camp a apporté un changement bienvenu à ce qu’était devenue sa vie avec le confinement. Je m’ennuyais vraiment de mes amis, c’était difficile.

Des groupes d’entraide pour les jeunes

l’Association manitobaine pour les troubles de l’humeur a récemment embauché Dana Lance en tant que coordonnatrice jeunesse pour travailler avec le milieu scolaire sur la gestion de l’anxiété des étudiants pendant la pandémie.

Dana Lance collabore en ce moment avec quatre écoles à Winnipeg. Les écoles, dit-elle, veulent entre autres s’assurer que si un jeune a des troubles d’anxiété, elle pourra les référer à un groupe d’entraide où ils rencontreront d’autres jeunes.

D’autres élèves à qui CBC a parlé ont affirmé que l’année qui s’est écoulée leur a appris beaucoup sur eux-mêmes.

Je me suis rendu compte que j’ai besoin des autres et que je ne suis pas aussi indépendante que je le pensais, dit Simeran Gill, une élève de 12e année de l’école secondaire Maples Collegiate.

Anne Detablan, une autre élève de 12e année, dit avoir appris qu’elle a beaucoup plus de faiblesses qu’elle pensait. Je suis une personne très sociable et j'ai dû passer pas mal plus de temps seule.

Attention à l'isolement

Sierra a un message pour les jeunes : c’est ok, dit-elle, de chercher de l’aide.

Elle rappelle qu’il y a des signes précurseurs de troubles de l’humeur qu’on peut détecter : par exemple, ne pas avoir envie de faire des choses qu’on aime faire en temps normal, ne pas vouloir quitter sa chambre. Moi, j’ai arrêté de dessiner, alors que c’est mon mécanisme d’adaptation.

Dans une lettre envoyée à CBC, la mère de Sierra a voulu rappeler l’importance de l’école. Ce que certains ne comprennent pas, c’est que l’école est un endroit sûr pour les jeunes, affirme-t-elle.

Comme adultes on a tendance à l’oublier : il n’y a pas que nous qui vivons l’impact de la pandémie. Oui, plusieurs ont perdu leur emploi et des entreprises ont fermé, mais nos jeunes ont eux aussi dû sacrifier beaucoup.

Avec des informations de Nelly Gonzalez, CBC

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