•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un patient est mort après avoir été privé d'oxygène à l'hôpital Charles-Le Moyne

L'hôpital Charles-Le Moyne, à Longueuil.

L'hôpital Charles-Le Moyne est situé à Greenfield Park, un arrondissement de Longueuil.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Ce qui devait être une simple intervention pour effectuer des travaux à l'hôpital Charles-Le Moyne, à Longueuil, s'est avéré être à l'origine de la mort d'un des patients de l'établissement. En raison d'une « erreur humaine », huit autres usagers se sont retrouvés privés d'oxygène.

Ces patients se trouvaient dans l'unité de soins intensifs expressément consacrée à la COVID-19 lorsque la coupure du circuit d'oxygène est survenue. Leur traitement nécessitait de l'oxygénothérapie.

En constatant que les gaz médicaux n'étaient plus acheminés dans les respirateurs, les membres du personnel soignant se sont « rapidement » mobilisés, a assuré le CISSS de la Montérégie-Centre.

Des inhalothérapeutes, des infirmières et des intensivistes ont alors apporté une assistance respiratoire à ces patients en les faisant respirer à l'aide d'un masque ou d'une canule nasale branchée à une bonbonne d'oxygène, a expliqué la porte-parole du CISSS, Martine Lesage.

D'autres employés ont apporté leur aide en procédant à une ventilation manuelle.

D'abord rapportée par La Presse, cette intervention, survenue le 5 juin dernier, a causé la mort d'un homme de 71 ans, Maurice Leblanc.

Son état de santé ne lui a pas permis de supporter la désaturation liée à la coupure d’oxygène, a confirmé Mme Lesage.

Les huit autres patients s'en sont tirés sans « séquelle permanente » et sans que cela vienne affecter leur période d'hospitalisation, a observé le CISSS. Dans leur cas, « la situation a pu être rétablie sans conséquence grave », a résumé Mme Lesage.

Un secteur dans l'angle mort

Afin d'effectuer les travaux à l'origine de la coupure, qui avaient lieu dans l'ancienne urgence de l'hôpital, une intervention sur le réseau des gaz médicaux était nécessaire pour isoler le secteur, a expliqué le CISSS.

Cette opération avait pourtant fait l'objet d'une planification rigoureuse, a-t-on assuré. Elle avait été pensée par plusieurs intervenants, qui avaient tour à tour déterminé les travaux à effectuer, mesuré les répercussions que ceux-ci auraient sur les activités de l'hôpital et planifié leur déroulement.

Il appert toutefois que l'unité « de court séjour », qui accueille depuis le début de la pandémie des patients de la COVID-19, n'avait pas été définie comme un secteur pouvant être affecté par les travaux.

L'unité des soins intensifs de la COVID se trouve « à l'autre extrémité du lieu des travaux », a souligné Mme Lesage.

C’est une erreur humaine d’interprétation d’un plan des réseaux de gaz médicaux qui est à l’origine de l’incident.

Une citation de :Martine Lesage, responsable des relations médias du CISSS de la Montérégie-Centre

Un départ soudain

La femme de Maurice Leblanc, Carmelle Larochelle, n'en veut toutefois pas à l'hôpital pour la mort de son mari.

Maurice Leblanc était très malade. Au moment de sa mort, il avait déjà passé 23 jours dans le coma, après avoir été déclaré positif à la COVID-19, a-t-elle raconté.

Son état était si grave que les médecins estimaient qu'il lui faudrait de trois à six ans de réadaptation à sa sortie de l'hôpital. Un scénario que ne pouvait concevoir Mme Larochelle. Mon mari n'acceptera pas ça et je ne serais pas capable de l'accepter, leur avait-elle répondu.

Un homme portant un veston et une cravate sourit à la caméra.

Un patient est mort après avoir été privé d'oxygène à l'hôpital Charles-Le Moyne

Photo : Facebook

Contre toute attente, l'incident à l'hôpital Charles-Le Moyne a soulagé Mme Larochelle et ses enfants, qui redoutaient de devoir prendre la décision de débrancher M. Leblanc.

Carmelle Larochelle interprète le départ soudain de son mari comme un signe du destin. Mon mari a pris la décision que c'est lui qui s'en allait.

Mme Larochelle se refuse à accuser l'hôpital de négligence et dit avoir toujours apprécié l'approche du personnel au cours de ses visites. Elle est toutefois heureuse que l'interruption du circuit d'oxygène n'ait pas fait d'autres victimes.

Une erreur qui aurait pu être évitée

Il n'en demeure pas moins que cette mort n'aurait pas dû arriver, a souligné Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades.

Une erreur humaine, c'est une erreur qui aurait pu être évitée, a-t-il rappelé.

M. Brunet se demande si l'hôpital a procédé avec un niveau suffisant d'exigences, de préoccupations et de supervision.

J'espère qu'on a fait vérification par-dessus vérification, comme on le fait dans le domaine de la mécanique d'aviation [où] c'est zéro risque, en principe.

Une citation de :Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades

Le président du Conseil pour la protection des malades souhaite que la direction de l'hôpital fasse preuve d'empathie et présente ses excuses aux proches des patients qui ont été affectés par cet incident.

Il reviendra ensuite aux familles d'évaluer si elles souhaitent poursuivre l'administration de Charles-Le Moyne, a-t-il indiqué.

Après ce drame, une équipe du CISSS de la Montérégie-Centre a procédé à une analyse des événements, et des recommandations ont été formulées pour éviter que pareille situation se reproduise.

Les pratiques et les processus découlant de ces recommandations ont été appliqués depuis, a affirmé sa porte-parole.

Avec des informations d'Olivier Bachand

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.