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Changer de carrière en temps de pandémie : des Franco-Ontariens se confient

Une femme dans un salon de coiffure.

Le salon de coiffure de Jennifer Tees restera probablement fermé : elle a décidé de changer de carrière.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

La COVID-19 a bouleversé le monde de l’emploi. En mars 2020, du jour au lendemain, des Franco-Ontariens se sont retrouvés sans emploi. Leur vie a été mise sur pause en attendant que la pratique de leur emploi soit à nouveau permise.

Or, certains ont préféré changer de carrière au lieu d'attendre le retour à la normale.

C'est le cas de Jennifer Tees, qui compte 26 années d’expérience dans le domaine de la coiffure. Son entreprise était l’une des plus florissantes de Kapuskasing : elle venait de recevoir le titre de l’entreprise la plus appréciée de la région, un prix remis par la Chambre de commerce de Kapuskasing.

Ça faisait quelques mois que je venais de convertir mon sous-sol en salon de coiffure. Tout d’un coup, c’était terminé, je devais attendre l’aval du gouvernement pour rouvrir, relate-t-elle.

Yvon Carrière, le propriétaire de la seule salle de quilles de Kapuskasing, s’est retrouvé dans la même situation, sans préavis. Il s’en souvient encore comme si c’était hier : le sort de ses 12 employés n'était plus entre ses mains.

Je me suis dit : "Qu’est-ce qu’on fait?" J’ai dû prendre la décision très difficile de mettre 10 personnes à pied temporairement. On a gardé le restaurant [de la salle de quilles] ouvert pour les commandes à emporter.

Un homme pose devant la façade d'une salle de quilles.

À Kapuskasing, la salle de quilles d'Yvon était le point de réunion pour les rassemblements les vendredis et samedis soirs. Maintenant, le North Side Lanes est entre les mains de la banque.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Alors que Yvon prévoyait recevoir quelques commandes par jour, à partir du mois d’avril, le nombre de commandes devenait écrasant.

On était très occupés. On s’est brûlés, raconte-t-il. Il a été forcé de mettre la clé sous la porte de son commerce à la fin du mois d'avril.

De nouveaux métiers

Voyant la charge financière du confinement peser sur ses épaules, Jennifer s’est tournée d'instinct vers l’hôpital Sensenbrenner de Kapuskasing.

J’ai décidé d’aller donner à l’hôpital. On m’a fait travailler à l’entretien ménager et dans la cuisine. De là, des infirmières m’ont suggéré de suivre le cours de personnel de soutien des services de santé.

Elle a pu changer de carrière grâce à un appui financier des institutions locales : Le Collège Boréal offrait ce cours gratuitement. L’hôpital Sensenbrenner me payait 40 heures par semaine pour étudier, souligne-t-elle.

Une femme étudie.

Jennifer a pu suivre ce cours en majorité de la maison.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Alors que Jennifer faisait un retour aux études, Yvon s’achetait un camion pour faire la livraison de colis le long de la route 11.

Un homme dans un camion de livraison.

Yvon Carrière sillonne maintenant les routes de la région au volant de son camion.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Alors que l’Ontario est plongé dans un troisième confinement en 13 mois, les deux kapuskois se disent satisfaits du changement effectué.

Nouvelle normalité

La pandémie a permis à Jennifer de caresser un rêve de jeunesse. Même avant de prendre mon cours de coiffure il y a 26 ans, je rêvais de travailler dans le domaine de la santé, concède-t-elle.

Puisqu'elle devait soutenir sa famille, elle n’a jamais voulu prendre le risque financier de retourner aux études.

Elle travaillait malgré des douleurs chroniques, dit-elle. Depuis cinq ans, j’avais beaucoup de misère avec mes épaules. Pour couper les cheveux, on doit toujours avoir les deux coudes levés pour atteindre nos angles. Je faisais un travail que j’adore, mais j’avais toujours mal.

Une infirmière dans un hôpital.

Depuis le 1er avril, Jennifer Tees est préposée aux services de soutien à la personne à l'hôpital Sensenbrenner de Kapuskasing.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Jennifer a décidé de pousser ses ambitions un peu plus loin : la mère de famille de 46 ans s’est inscrite au programme de soins infirmiers auxiliaires en septembre au Collège Boréal.

Je suis très fière d’avoir fait tous ces changements dans ma vie. Je ne voulais pas faire faillite en raison de la COVID.

Une citation de :Jennifer Tees

De son côté, Yvon apprécie son nouvel horaire en tant que sous-traitant de Canpar Express : Je suis plus heureux. Avant mon restaurant était ouvert jusqu’à minuit, je suis maintenant toujours à la maison, conclut-il.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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