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Jordanie : le demi-frère du roi sommé de cesser ses actions contre la « stabilité »

Le roi Abdallah II de Jordanie

Le roi Abdallah II de Jordanie en décembre 2020.

Photo : AP / Yousef Allan

Reuters

L'armée jordanienne a demandé au demi-frère du roi Abdallah et ancien prince héritier Hamza de mettre un terme à ses actions visant « la sécurité et la stabilité » du pays, a-t-elle annoncé samedi.

Dans une déclaration publiée par l'agence de presse officielle Petra, elle a précisé que cette mesure s'inscrivait dans le cadre d'une enquête de sécurité en cours visant également un ancien ministre, un membre de la famille royale et d'autres personnes non identifiées.

Ce qui a été publié sur les allégations concernant l'arrestation de son altesse le prince Hamza n'est pas vrai, mais il lui a été demandé de cesser les activités qui sont exploitées pour viser la sécurité et la stabilité de la Jordanie, a déclaré le chef de l'armée jordanienne, Yousef Huneiti.

Deux sources ont indiqué à Reuters que les forces de sécurité étaient arrivées au domicile du prince Hamza et avaient ouvert une enquête. Elles ont ajouté qu'il n'avait pas été arrêté.

Des personnes proches de la situation ont indiqué que cet évènement pourrait être lié à un complot pour déstabiliser le royaume.

Le prince Hamza serrant la main du roi Abdallah ll en 2004.

Le prince Hamza serrant la main du roi Abdallah ll en 2004 lors d'une cérémonie marquant l'indépendance du pays par rapport au Royaume-Uni.

Photo : Getty Images / Salah Malkawi

Une stabilité menacée?

Auparavant, le Washington Post avait rapporté que les autorités jordaniennes détenaient le prince Hamza et avaient arrêté près de 20 autres personnes en raison d'une menace à la stabilité du pays selon des responsables.

Un ancien fonctionnaire américain ayant connaissance de la situation en Jordanie a déclaré que le complot n'impliquait pas un coup d'État physique. Selon lui, les personnes impliquées prévoyaient plutôt d'organiser des manifestations qui ressembleraient à un soulèvement populaire avec des masses dans la rue avec le soutien de diverses tribus.

Le prince Hamza n'est pas considéré comme une menace majeure pour la monarchie jordanienne et il a été marginalisé pendant des années. Mais les autorités sont de plus en plus préoccupées par les efforts qu'il déploie pour nouer des liens avec des personnalités mécontentes au sein de tribus puissantes.

Ces personnes ont appelé ces dernières semaines à des protestations contre la corruption et les autorités ont réprimé plusieurs manifestations, arrêtant des dizaines de personnes. Les tribus qui dominent la sécurité et l'armée constituent le socle du soutien à la monarchie hachémite du royaume.

Le roi Abdallah a démis le prince Hamza de sa qualité d'héritier du trône en 2004 afin de consolider son pouvoir.

L'agence de presse Petra a rapporté que Bassem Awadallah, un confident de longue date du roi qui a été un temps ministre des Finances du pays, et Sharif Hassan Ben Zaid, un membre de la famille royale, avaient été placés en détention avec d'autres personnes dont le nom n'a pas été révélé.

Les arrestations de hauts responsables et de membres de la famille royale sont rares en Jordanie.

Plusieurs appuis

Le prince Hamza, qui avait été préparé par sa mère, la reine Noor, pour succéder à son défunt père, le roi Hussein, a été écarté du pouvoir depuis qu'il a été démis de ses fonctions de prince héritier.

Selon des responsables au fait de la situation, il a tenté de gagner en popularité auprès des principales tribus du pays et certaines figures de l'opposition se sont ralliées à lui, ce qui a déplu au roi Abdallah. La tradition de la dynastie hachémite jordanienne, en vertu de la constitution de 1952, donne la succession au fils aîné, mais le monarque conserve la possibilité de nommer un frère.

Le roi Abdallah a succédé à son père, le roi Hussein, qui a régné sur la Jordanie pendant près de cinq décennies.

Il est parvenu à apporter une stabilité politique au pays et à s'imposer comme un dirigeant arabe de premier plan. Son message de modération en a fait un allié parmi les puissances occidentales.

La cour royale saoudienne a exprimé samedi son soutien au roi Abdallah de Jordanie, ainsi que l'Égypte, le Liban, le Bahrein et le Conseil de coopération du Golfe.

Le département d'État américain a aussi réagi en assurant que le roi Abdallah était un partenaire clé des États-Unis et qu'il bénéficiait d'un appui total.

Nous suivons de près ces informations et sommes en contact avec les responsables jordaniens, a indiqué Ned Price, un porte-parole du département d'État.

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