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Pénurie de main-d’œuvre en santé : plus de 350 personnes manifestent à Rouyn-Noranda

Des citoyens manifestent dans la rue

Plus de 350 citoyens ont manifesté à Rouyn-Noranda à l'appel de la FIQ-CISSSAT.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Près de 375 personnes ont marché dans les rues de Rouyn-Noranda samedi matin en soutien aux professionnelles en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue. Organisée par le Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue (FIQ-CISSS AT), la manifestation avait pour but de demander au gouvernement du Québec d’octroyer un statut particulier à la région, aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre en santé.

Selon le président de la FIQ-CISSS AT, Jean-Sébastien Blais, il est urgent que le gouvernement agisse afin de développer des leviers permettant d'attirer des professionnelles en soins dans la région.

Si rien ne change d’ici quelques semaines, ça va être des bris de service par-dessus bris de service. On risque d’avoir des gens qui vont encore quitter le navire. La solution temporaire de l’arrêté ministériel pour régler la main-d'œuvre indépendante, ça ne peut pas fonctionner en région. On ne peut pas enlever 30 % de la main-d’œuvre en région sans rien donner à celle-ci pour qu’elle veuille venir s’installer en Abitibi-Témiscamingue et travailler dans le réseau public , soutient-il.

Un homme devant boite postale

Le président du Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue, Jean-Sébastien Blais

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Les organisateurs affirment avoir invité les députés provinciaux de la région à la manifestation, mais seule Émilise Lessard-Therrien était présente. Pour la députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, les enjeux spécifiques qui caractérisent la région rendent nécessaire l'octroi d'un statut particulier.

On vit un creux démographique, on est dans un solde migratoire négatif. On a besoin d’avoir des solutions qui vont répondre aux besoins de notre milieu, on ne peut plus être dans un modèle mur à mur. Est-ce que ça passe par des primes pour les travailleurs du réseau? Il y en a à Ville-Marie, est-ce qu’on peut les étendre? Ça passe aussi par des passerelles avec nos centres de formation, nos centres d’éducation. Ça passe par la création de places en CPE, de logements abordables , énumère-t-elle.

Selon Jean-Sébastien Blais, le grand nombre de personnes présentes lors de la marche est un bel exemple de l’appui de la population à la cause des infirmières.

C’est la meilleure chose qui pouvait arriver aujourd’hui. On vient de démontrer au gouvernement que tout le monde embarque avec nous, les gens sont tannés. On a même des médecins qui sont venus faire des discours, donc ce n’est plus seulement les professionnelles en soins, c’est l’ensemble du réseau en Abitibi-Témiscamingue qui se mobilise derrière la cause infirmière , souligne-t-il.

Une femme tient un micro et des feuilles dans les mains.

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, a pris la parole lors du rassemblement.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Aux dires d’Émilise Lessard-Therrien, l’énergie qui se dégageait de la foule lors de la manifestation lui a donné de la motivation supplémentaire afin de poursuivre sa lutte à l’Assemblée nationale du Québec.

Ça injecte énormément de sens à mon travail. C’est du gros gaz pour moi pour retourner à l’Assemblée nationale et continuer de faire mes revendications au ministre de la Santé et au gouvernement de la CAQ. On constate aujourd’hui à quel point on a des besoins dans notre région et que l’on doit y répondre , affirme la députée solidaire.

Un colis symbolique

Lors d’un arrêt devant les bureaux de Postes Canada, un colis contenant 1600 curriculum vitae de professionnelles en soins de l'Abitibi-Témiscamingue a été symboliquement posté à des agences de placement de Montréal et de Québec. Avec ce geste, la FIQ-CISSS AT souhaite rappeler au gouvernement la menace que posent ces agences pour la rétention de la main-d'œuvre permanente en région.

C’est un message qu’on voulait envoyer parce qu’en ce moment, 30% des heures travaillées en Abitibi-Témiscamingue, c’est de la main-d'œuvre indépendante. Ce sont des gens payés à fort salaire qui en plus, peuvent choisir leur horaire et leurs vacances. On sait déjà que pour l’été, ces gens-là vont quitter et ça va créer des bris de service. Ça n’a pas de bon sens d’avoir une disparité de traitement comme ça dans le réseau entre les gens du public et les gens du privé , dénonce M. Blais.

Une femme poste un colis.

Un colis contenant 1600 CV de professionnelles en soins de l'Abitibi-Témiscamingue a été symboliquement posté à des agences de placement de Montréal et Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Pour Émilise Lessard-Therrien, l’argent investi pour payer les employés d’agence devrait plutôt servir à améliorer les conditions des employés du réseau public.

Comme il n’y a pas de bonnes conditions de travail dans notre réseau public, nos infirmières et nos professionnelles en soins migrent vers le privé et là, on doit les réembaucher au double et au triple du prix. Au lieu d’investir et de graisser les coffres des agences privées, il faut investir dans les conditions de travail, c’est ça qui est structurant pour nos milieux , conclut-elle.

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