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Reconfinement en Ontario : pas assez, disent des médecins et travailleurs essentiels

Deux femmes qui portent un masque passent devant une murale dédiée aux travailleurs essentiels.

Avec ce reconfinement, l'Ontario ne s'attaque pas aux racines de la troisième vague, selon des experts.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Radio-Canada

Des travailleurs essentiels craignent que le nouveau confinement imposé par le gouvernement de l'Ontario à l'ensemble de la province ne soit pas suffisant pour les protéger de la COVID-19.

Même si les salles d’exercice, salons de coiffure, et salles à manger et terrasses des restaurants doivent fermer, les commerces et les écoles, en revanche, restent ouverts.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Les commerces essentiels, comme les épiceries et les pharmacies, sont limités à 50 % de leur capacité d'accueil et tous les autres, à 25 %. Mais des travailleurs du secteur de la vente au détail jugent que ces règles ne vont pas suffisamment loin pour décourager les clients de faire leurs achats en grand nombre.

Meghan Ghent, 25 ans, travaille dans un grand magasin haut de gamme à Toronto, et souligne que ces limites de capacité étaient déjà en place dans les régions qui se trouvaient en zone grise dans le code de couleur provincial.

Elle fait remarquer que la circulation des piétons dans les rues de la Ville Reine ressemble, certains jours, à ce qu’on voyait avant la pandémie.

Congés payés, vaccination

Plusieurs experts en santé continuent aussi de réclamer plus de mesures pour protéger les travailleurs, surtout ceux pour qui le télétravail est impossible.

La vaccination doit notamment s’accélérer, répète le Dr Naheed Dosani, médecin aux soins palliatifs et militant pour la justice en santé.

Des chercheurs ont récemment montré que les variants préoccupants du coronavirus affectent de manière disproportionnée les quartiers du Grand Toronto qui ont le plus de travailleurs essentiels et de plus faibles niveaux de revenus.

Les malades sont plus jeunes, et ils étaient souvent en santé avant d'attraper un variant du coronavirus. Ils finissent aux soins intensifs, ils y restent plus longtemps. On voit vraiment que le portrait de ceux qui attrapent la COVID-19 change, résume le Dr Dosani.

Un homme, assis sur une chaise, portant des écouteurs sans fil, en vidéoconférence.

Le Dr Naheed Dosani, médecin aux soins palliatifs.

Photo : Zoom

Beaucoup de travailleurs n’ont pas encore accès aux vaccins, alors que c’est censé être le cas dans la phase 2 de vaccination de l’Ontario. Et ils n’ont toujours pas accès à des congés de maladie payés, déplore la Dre Amanpreet Brar, interne en chirurgie à l’Université de Toronto.

En ce moment ce sont les travailleurs essentiels, ces gens qu’on qualifie de héros, qui portent le fardeau de la pandémie, renchérit le Dr Amit Arya, médecin aux soins palliatifs dans le Grand Toronto.

Il n’y a toujours pas d’annonces concernant des congés maladie. Les quartiers les plus à risque ne reçoivent toujours pas suffisamment de vaccins.

Et il n’y a aucune nouvelle mesure annoncée pour les écoles, poursuit-il, pour la vaccination des enseignants par exemple, ou pour réduire la taille des classes.

On ne regarde pas les causes fondamentales de la troisième vague.

Une citation de :Dr Amit Arya

Le plan de distribution des vaccins de l'Ontario est axé sur la vaccination des populations en fonction de l'âge et du risque. Cette approche est conçue pour sauver des vies, protéger les personnes à risque de maladies graves et empêcher la propagation du virus, répond une porte-parole du ministère de la Santé, dans un courriel à Radio-Canada.

Elle confirme que les travailleurs essentiels qui ne peuvent pas travailler de la maison sont inclus dans la phase 2 de vaccination, qui doit se poursuivre jusqu’à la fin juin.

Si nous recevons plus de vaccins que ce qui est prévu actuellement, nous pourrons accélérer davantage les échéanciers.

En mode réaction

Le Dr Hugues Loemba, clinicien-chercheur, virologue et professeur à l’Université d’Ottawa, rappelle qu’il faudra attendre quelques semaines avant de voir l’effet des nouvelles mesures imposées par le gouvernement Ford. Chose certaine, selon lui, il était temps d'agir, car l’Ontario était en train de l’échapper.

Ça fait plusieurs semaines qu'on voyait des signes de relâchement, il y a un beau temps qui arrive, une certaine lassitude au niveau de la population. Mais aussi le nombre de nouveaux cas ne faisait qu'augmenter, malgré les mesures qu’on avait en place, donc ces mesures là de toute évidence n’étaient pas suffisantes.

Même là, avec ce confinement, on ne sait pas trop. Il y a quand même encore des choses qui sont permises, qu’on peut faire.

Il estime que l’Ontario reste trop souvent en mode réaction.

Avec des informations de la Presse canadienne, CBC et RDI Matin

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