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Des manifestations contre les féminicides partout au Québec

« Brisons le silence » et « Non à la violence », est-il notamment écrit sur des pancartes.

À Montréal, les participants ont marché du parc La Fontaine au mont Royal.

Photo : Radio-Canada / Graham Hughes

La Presse canadienne

« Assez, c'est assez. Pas une de plus! » ont scandé les participants présents à la manifestation de Montréal, l'un des nombreux événements tenus un peu partout au Québec vendredi après-midi pour protester contre les féminicides et la violence faite aux femmes.

Derrière ces événements, un triste constat : depuis le début de la pandémie, 13 féminicides liés à de la violence conjugale ont eu lieu, dont 8 en l'espace de huit semaines, ont rappelé les organisatrices.

Un décompte horrifiant, a lancé la comédienne et autrice Ingrid Falaise, l'une des organisatrices de l'événement, elle-même survivante de violence conjugale.

De plus, derrière chacune de ces femmes assassinées, des milliers d'autres vivent dans la peur au quotidien, ont rappelé l'Alliance des maisons d'hébergement de 2e étape, la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes, L'R des centres de femmes et le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, aussi organisatrices de ces nombreuses manifestations.

À Montréal, les très nombreux participants – en majorité des femmes – ont marché dans le calme du parc La Fontaine au mont Royal. Beaucoup ont fait le trajet en silence.

Des femmes portent une bannière où il est écrit : « C'est assez. »

Les femmes étaient visiblement majoritaires lors de la manifestation de vendredi, à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Plusieurs tenaient des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire : On ne tue jamais pas amour, et Plus écoutées mortes que vivantes. D'autres arboraient un ruban blanc sur leurs vêtements ou leur couvre-visage, le symbole de cette manifestation de soutien.

Noémie y était. Elle a elle-même été victime de violence conjugale, frappée alors qu'elle portait sa fille dans son ventre.

Je m'en suis sortie, mais on ne s'en sort jamais réellement, parce que le système de justice n'est pas fait pour les victimes, il est fait pour les bourreaux, a-t-elle confié.

Elle s'est déplacée en ce froid vendredi d'avril pour aider à faire changer les choses, à sa façon.

« En donnant ma voix et en participant à des événements comme celui-ci, pour qu'on en parle. Pour qu'on n'ait pas peur d'en parler, qu'on n'ait pas honte que ce soit arrivé. »

— Une citation de  Noémie, une manifestante
Une pancarte souligne qu'il y a eu 160 féminicides au Canada en 2020.

De nombreux manifestants ont fait le trajet en silence.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Eugène Dufresne, lui, a déclaré être là pour marcher par solidarité. Il a jugé qu'on ne parle pas assez de la violence faite aux femmes. Il faut qu'on soit capables d'arrêter la violence. Il faut que ça cesse.

On n'en peut plus. On n'en peut plus, a répété d'une voix triste Viviane Michel, la présidente de la Fédération des femmes autochtones du Québec, en s'adressant à la foule : Il faut éduquer nos garçons dès leur jeune âge.

Le taux de violence envers les femmes autochtones est particulièrement élevé.

Une minute de silence en mémoire des 13 femmes tuées a été observée au coeur du parc, et leurs noms ont été lus, puis répétés par la foule : Johanne Corriveau, Sylvie F., Francine Lussier, Mary Saviadjuk, Françoise Côté, Elisapee Angma, Marly Édouard, Nancy Roy, Myriam Dallaire, Sylvie Bisson, Nadège Jolicoeur, Kataluk Paningayak-Naluiyuk et Rebekah Harry.

Des événements ont été planifiés dans une vingtaine de municipalités, dont Montréal, Joliette, Gatineau, Sherbrooke, Victoriaville, Québec, Rouyn-Noranda, La Malbaie, Baie-Saint-Paul, Tadoussac, Sept-Îles, Baie-Comeau, Rimouski et Gaspé.

Appel au gouvernement Legault

Les organisatrices de la mobilisation en ont profité pour interpeller le gouvernement sur l'importance d'agir dès maintenant, afin de renforcer le filet de sécurité autour des victimes de violence conjugale.

Le nombre de cas est d'ailleurs en hausse constante, a souligné Laurence Bettez, de la Maison secours aux femmes de Montréal, qui était présente au parc La Fontaine. On a beaucoup plus d'appels depuis le début de la pandémie, mais on manque de financement et on manque de places pour elles, a ajouté la jeune femme, elle-même une ex-victime de violence.

C'est un problème qui nous concerne tous, a-t-elle poursuivi, tout en constatant la présence de bien plus de femmes que d'hommes pour la marche. J'ai beaucoup de gratitude pour ceux qui sont là et, heureusement, on en voit de plus en plus lors d'événements comme celui-ci.

« On ne tue jamais par amour », dit notamment une pancarte.

Des manifestation ont eu lieu vendredi dans une vingtaine de municipalités du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La manifestation est importante, car il y a un besoin de sensibilisation, a déclaré la ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest, qui a marché vendredi avec ses deux enfants.

Elle a dit être présente comme citoyenne, mais aussi comme élue, pour dire aux Québécois : On est là, on va continuer la lutte contre ce fléau.

Aux maisons d'hébergement qui déplorent le manque de places pour mettre les femmes en sécurité – ainsi que les 22,5 millions de dollars sur cinq ans consacrés à ces refuges dans le dernier budget, une somme jugée insuffisante – elle dit : Le budget, ce n'est pas une fin en soi.

On continue à discuter et à travailler avec elles, a-t-elle assuré.

D'autres politiciennes ont pris part aux événements organisés dans différentes villes. Parmi celles-ci, les députées du Parti québécois Véronique Hivon et Méganne Perry Mélançon ont participé respectivement à celui de Montréal et à celui de Gaspé, et les libérales Isabelle Melançon et Maryse Gaudreault ont répondu présente aux rassemblements de Montréal et de Gatineau.

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