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Fin des universités fédérées : les étudiants inquiets pour la suite de leurs études

L’avenir des universités de Sudbury, Thorneloe et Huntington est incertain après la décision de la Laurentienne de couper les liens.

Des étudiants marchent au campus de l'Université Laurentienne à Sudbury.

Les programmes des universités fédérées ne seront plus reconnus par l’Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Au lendemain de l’annonce de l’Université Laurentienne, qui souhaite couper les liens avec ses universités fédérées à la fin du mois d’avril, plusieurs étudiants s’inquiètent de leur cheminement universitaire.

Les programmes des universités fédérées ne seront plus reconnus par l’Université Laurentienne, qui délivre actuellement les diplômes. Cette dernière soutient qu’elle facilitera le transfert des quelques 700 étudiants des universités fédérées vers des programmes semblables qu'elle offre.

En apprenant la nouvelle, j’étais comme confus, j’ai relu une couple de fois pour être sûr d’avoir bien compris [...] ça m’a fait beaucoup de peine, témoigne Connor Lafortune, étudiant en deuxième année au programme d’études autochtones à l’Université de Sudbury.

Je ne veux pas que [la Laurentienne] me trouve une voie, mais je veux qu’une voie soit déjà là pour moi, explique Connor Lafortune en faisant référence à la déclaration de la Laurentienne de transférer des étudiants des universités fédérées vers ses programmes.

L’Université de Sudbury a déjà signifié qu’elle n’offrira pas de cours à la session de printemps qui débute en mai, alors que l’Université Thorneloe indique vouloir contester la décision de l’Université Laurentienne devant les tribunaux.

Je suis, disons, insulté [par la situation]. J’ai trouvé une belle communauté, des amis, je suis impliqué dans l’Université Laurentienne. J’ai une fondation qui ne sera peut-être plus là en septembre.

Une citation de :Connor Lafortune, étudiant en deuxième année au programme d’études autochtones à l’Université de Sudbury
Connor Lafortune est accroupi dans une rivière.

Connor Lafortune est étudiant au programme d’études autochtones de l’Université de Sudbury.

Photo : Connor Lafortune

L’étudiant souligne que c’est un peu dur de recevoir la nouvelle alors que l’on ne peut pas appeler l’Université [...] Ça nous met dans une panique constante pour quatre jours.

L’Université Laurentienne a fait part aux étudiants de son intention de couper les ponts avec ses universités fédérées à la veille du congé de Pâques.

On ne se sent pas valorisé ni entendu [par la direction de la Laurentienne], ajoute Connor Lafortune qui estime que l’administration universitaire n’a pas été claire ni transparente avec les étudiants.

Le professeur d'études autochtones Will Morin a peu d'espoir pour la survie de son programme au-delà du 30 avril. Son ton est sans appel : Nous devrions tous être inquiets lorsqu'il y a des tentatives de retirer ou d'effacer des programmes autochtones.

Écarter un cursus autochtone de l'Université? C'est une approche coloniale et génocidaire, comme l'histoire du Canada. [...] C'est le démantèlement d'une institution de partage de savoir autochtone.

Une citation de :Will Morin, professeur d'études autochtones à l'Université de Sudbury

Inquiétudes partagées par des étudiants de la Laurentienne

L’Université [Laurentienne] doit prendre des décisions pour ses finances [...], mais ma réaction comme étudiant était de la frustration, surtout que l’on apprend ça avant une fin de semaine de quatre jours où l’on ne peut contacter personne de l’Université, s'indigne Connor Cyr, étudiant en éducation physique à l’Université Laurentienne.

Par le passé, il a également suivi des cours au sein de deux universités fédérées pour enrichir sa formation.

Connor Cyr aurait aimé avoir plus d'informations de la part de l’établissement sur les futures options qui seront offertes aux étudiants.

Il y a tellement d'informations qui manquent, regrette l'étudiant.

On paye des milliers de dollars pour être ici et on n'a aucune idée de ce qu’il se passera l’année prochaine!

Une citation de :Connor Cyr, étudiant à l'Université Laurentienne

Son de cloche similaire pour Kristen Lavallee, qui étudie au baccalauréat en service social autochtone et suit des cours au sein du programme d'études autochtones à l'Université de Sudbury.

Il y a une semaine, l'Université Laurentienne a dit : ne vous inquiétez pas, nous allons honorer notre mandat triculturel, dit-elle, les larmes aux yeux.

Et puis on reçoit un courriel pour nous dire que la fédération sera dissoute. Je pense à tous les étudiants, tous les professeurs... tout le monde panique.

On a besoin de réponses.

Une citation de :Kristen Lavallee, étudiante à l'Université Laurentienne

L'étudiante a d'ailleurs déjà fait les frais de précédentes compressions : la fin du programme de théâtre de l'Université Thorneloe, il y a un an. Insatisfaite des cours compensatoires offerts par l'Université Laurentienne, elle a choisi de se réorienter en travail social autochtone.

L'Université Thorneloe, au campus de l'Université Laurentienne.

L'Université Thorneloe, au campus de l'Université Laurentienne

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Une « trahison », selon le syndicat des professeurs

L'Association des professeures et professeurs reçoit l'annonce de l'Université Laurentienne comme une gifle. Le président Fabrice Collin a qualifié la décision de mettre un terme à la fédération de trahison envers ceux qui se sont investis dans ces établissements.

Il estime que les actions du recteur Robert Haché mettent sérieusement en doute l'avenir des universités, et demande une fois de plus au ministre des Collèges et Universités, Ross Romano, d'intervenir.

Le député néo-démocrate Jamie West abonde dans le même sens. Je suis très inquiet pour les étudiants et les professeurs des universités fédérées. Le gouvernement avait la possibilité de sauver la fédération [en investissant de l'argent pour éviter que l'Université Laurentienne ne se mette à l'abri de ses créanciers].

Par courriel, le ministère des Collèges et Universités de l'Ontario se dit inquiet de la situation à l'Université Laurentienne. Il rappelle avoir nommé un conseiller spécial qui offrira des recommandations quant à la situation financière de l'établissement. Celui-ci va également analyser les causes ayant mené à son insolvabilité.

Le ministère souligne qu'il ne finance ni les établissements fédérés ni les établissements confessionnels.

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