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Air Canada ne mettra pas la main sur Transat

Deux avions des compagnies Air Transat et Air Canada, sur le tarmac de l’aéroport Trudeau.

La Commission européenne a informé Air Canada et Transat A.T. qu'elle n'approuverait pas la transaction.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Air Canada n'achètera pas Transat A.T. « D'un commun accord », les deux entreprises ont décidé de mettre un terme à leur entente après que la Commission européenne (CE) eut indiqué qu'elle n'approuverait pas la transaction. Et Pierre Karl Péladeau a rapidement indiqué qu'il était toujours intéressé à acquérir Transat.

Cette annonce met fin à une saga qui dure depuis mai 2019, avant que la crise de la COVID-19 vienne frapper le secteur aérien.

Les deux entreprises, qui avaient obtenu le feu vert d'Ottawa ainsi que l'aval de leurs actionnaires, avaient déjà dépassé la date butoir du 15 février pour conclure la transaction, dans l'attente de l'autorisation de la Commission européenne.

La pandémie est venue compliquer les choses, a expliqué Jean-Marc Eustache, président et chef de la direction de Transat.

En outre, l'acquisition de Transat A.T. s'est trouvée compromise par le fait qu'Air Canada avait atteint la limite des concessions qu'elle était prête à accorder à la Commission européenne pour répondre à ses préoccupations en matière de droit de la concurrence, a-t-il ajouté.

Air Canada a offert et bonifié un ensemble d'importantes mesures correctives allant bien au-delà des efforts commercialement raisonnables qu'on exigeait d'elle, a pour sa part relaté Air Canada par communiqué.

Toutefois, après mûre réflexion, l'entreprise a constaté que d'offrir d'onéreuses mesures correctives supplémentaires sans avoir de garantie que cela suffirait à convaincre la Commission européenne compromettrait considérablement sa capacité à soutenir la concurrence internationale.

À la suite de récents pourparlers, il est devenu évident que la CE n'approuvera pas l'acquisition selon l'ensemble de mesures correctives actuellement offert.

Une citation de :Extrait du communiqué d'Air Canada

Air Canada proposait 5 $ par action de Transat A.T. dans le cadre d'une entente qui se chiffrait à 190 millions de dollars, soit bien en deçà de l'offre initiale de 720 millions (18 $ par action).

Des mesures correctives jugées insuffisantes

Préoccupée par les répercussions qu'une telle transaction pourrait avoir sur le marché – comme l'augmentation des tarifs ou le manque de choix pour les voyageurs –, la Commission européenne a conclu au terme de son évaluation du dossier que les mesures proposées n'étaient pas suffisantes.

À la lumière des modalités convenues entre Air Canada et Transat A.T., la Commission estime que la transaction créerait des problèmes de concurrence sur un grand nombre de liaisons transatlantiques.

La Commission a tenté d'évaluer dans quelle mesure la pandémie affecterait les activités d'Air Canada, de Transat et de leurs concurrents, a expliqué la vice-présidente exécutive de la CE, Margrethe Vestager.

Conclusion : À long terme, Air Canada et Transat resteront vraisemblablement des concurrentes [...] sur la grande majorité des liaisons entre l'Espace économique européen et le Canada qu'elles exploitaient avant la crise, a-t-elle indiqué.

En résiliant leur convention d'arrangement, soit les termes de l'entente revus en octobre dernier, les deux entreprises ont convenu qu'Air Canada verserait à Transat A.T. la somme de 12,5 millions de dollars.

Si une entreprise tierce venait à faire l'acquisition de Transat dans les 12 mois suivant cette résiliation, Air Canada abandonnerait son droit à des frais de résiliation de 10 millions de dollars, ont-elles aussi conclu.

Air Transat a déclaré qu'elle était désormais libre de mener des discussions avec des acquéreurs stratégiques et financiers potentiels, dont Pierre Karl Péladeau. Le PDG de Québecor avait soumis une offre qui avait été rejetée par le conseil d'administration de Transat A.T. à la fin de décembre 2020.

La proposition qu'il avait alors présentée est toujours valide et comporte certaines conditions que M. Péladeau souhaite lever rapidement afin de soustraire l’entreprise à l’état d’incertitude dans lequel elle se trouve depuis plusieurs mois, était-il précisé dans le communiqué qu'il a diffusé vendredi après-midi.

Transat A.T., dont la flotte est clouée au sol jusqu'en juin, a besoin de trouver un nouveau financement d'au moins 500 millions de dollars pour se maintenir à flot cette année. Néanmoins, la société a affirmé qu'une solution pourrait être trouvée dans les prochaines semaines.

Air Canada a pour sa part indiqué qu'elle se concentrerait désormais sur son rétablissement complet.

Le ministre canadien des Transports, Omar Alghabra, a dit prendre acte de la décision des deux transporteurs aériens. Préserver la viabilité à long terme de Transat A.T. est une priorité, a-t-il affirmé. Le gouvernement fédéral en est à discuter activement des options de financement pour venir en aide aux compagnies aériennes canadiennes, y compris Air Transat, a-t-il ajouté.

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