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Plus d'une centaine de personnes marchent pour dénoncer les violences envers les femmes

Des dizaines de manifestants marchent dans la rue. Ils portent des masques. Une de leurs affiches indique "pas une de plus".

Plus d'une centaine de personnes ont marché pour dénoncer les violences faites aux femmes et les féminicides à Sherbrooke vendredi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Emy Lafortune

Emy Lafortune

Alors que la Sûreté du Québec a confirmé cette semaine le huitième féminicide à survenir dans la province depuis le début de l’année, une marche pour dénoncer les violences faites aux femmes a attiré plus d'une centaine de personnes à Sherbrooke vendredi après-midi. Une dizaine d’organismes communautaires étaient sur place et ont pris la parole.

La marche a commencé au Marché de la gare pour se terminer à l’hôtel de ville de Sherbrooke. Les participants étaient invités à porter un ruban blanc, symbole de résistance contre les violences envers les femmes.

Des manifestants marchent dans Sherbrooke. Une femme tient un porte-voix.

Les manifestants sont partis du Marché de la gare et se sont rendus à l'hôtel de ville de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Emy Lafortune

Le message, c'est : "Écoutez les femmes". [...] Quand on regarde au niveau du système, il y a tellement de choses qui sont problématiques, et je pense que c'est ça qu'on voudrait qui soit compris. Il y a plein de facteurs autour qui influencent la violence qui est faite aux femmes, explique Madeleine, membre de la Bande féministe, la collective citoyenne sherbrookoise derrière l'organisation de la marche.

Oui, il y a les meurtriers, mais c'est un contexte dans lequel nous avons toutes et tous appris à vivre qui contribue à cette violence-là.

Une citation de :Madeleine, membre de la Bande féministe

Christine Labrie, députée de Sherbrooke, s'est jointe aux manifestants.

On s'attend à ce qu'il [le gouvernement] passe à l'action. C'est clair qu'il y a beaucoup de solutions qu'on connaît déjà, notamment au niveau du financement, pour permettre de financer les services qui existent déjà et qui ne sont pas assez accessibles. Puis ensuite, tous les changements au système qui sont aussi recommandés dans de multiples rapports qu'il faut mettre en œuvre, soutient-elle.

Pour Julianne Thibodeau, une manifestante, le rassemblement était aussi une façon de reprendre un certain pouvoir.

C'est une façon d'avoir l'impression de faire quelque chose, parce que je me sens un peu impuissante dans ce combat-là... C'est vraiment en haut de nous que ça va se passer, un changement de système.

Inacceptable

Huit féminicides en huit semaines, c’est complètement inacceptable. Il faut que le gouvernement prenne acte de ça et en fasse plus contre les violences conjugales et les violences envers les femmes de manière générale, croit Marie-Danielle Larocque, responsable des communications pour l'organisme ConcertAction femmes Estrie.

Il faut regarder les violences envers les femmes comme un continuum, un enjeu global et un enjeu de société. C’est une crise de santé publique qu’on vit en ce moment. Il faut avoir des actions systémiques pour répondre à un problème systémique.

Une citation de :Marie-Danielle Larocque, responsable des communications pour l'organisme ConcertAction femmes Estrie

Selon elle, le gouvernement doit faire plus que financer des maisons d'hébergement d'urgence.

L’argent, le financement des maisons d’hébergement est une chose, il est insuffisant en ce moment, mais il faut aussi investir ailleurs. On peut penser au logement social. Dans le budget de la semaine dernière, 500 nouveaux logements ont été annoncés. C’est très peu dans l’ensemble du Québec. Et on sait que le logement est l'une des clés pour qu’une femme puisse sortir de sa situation de violence et se sortir de la pauvreté.

En parler

Des dizaines de personnes sont rassemblées autour de deux grandes affiches. L'une d'elle indique "féminicides, pas une de plus!".

Une dizaine d’organismes communautaires ont participé à la marche contre la violence faite aux femmes de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Emy Lafortune

La marche se voulait aussi une façon d'inciter la population à discuter des enjeux de violence envers les femmes.

Il faut être à l'affût des violences, mais au-delà de ça, il faut en parler dans nos réseaux, avec nos amis, nos familles. Même si on n’est pas en situation de violence conjugale, peut-être que quelqu’une dans notre réseau l’est, a besoin d’aide et ne sait pas comment s’en sortir. Juste d’avoir cette discussion-là peut ouvrir des portes, soutient Marie-Danielle Larocque.

Madeleine, de la Bande féministe, abonde dans le même sens. Elle ajoute que les hommes doivent aussi faire partie de la conversation.

Parlez à vos amis. Ce n’est pas normal que les conversations se passent juste entre femmes. Je parle à des amis hommes qui me disent carrément qu'ils ne les ont pas, ces conversations-là, avec leurs amis, et je ne comprends pas pourquoi ça ne les rejoint pas tant que ça, déplore-t-elle.

Toutes seules, les femmes, on veut bien se tenir, on veut bien se défendre, puis on veut bien organiser plein d'événements et des rassemblements pour se faire comprendre, mais si on n'est pas soutenues par ces hommes-là, ça ne vaut rien. On va continuer de travailler pour être écoutées, martèle-t-elle.

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