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Un vol en sol mexicain entraîne une centaine de mises à pied chez Alstom à La Pocatière

Des employés de l'usine Bombardier de La Pocatière à l'oeuvre sur des voitures AZUR.

Des employés de l'usine Bombardier de La Pocatière à l'oeuvre sur des voitures AZUR (archives).

Photo : Radio-Canada

Michaële Perron-Langlais

Près de 130 employés d’Alstom seront mis à pied temporairement à partir de vendredi à l’usine de La Pocatière, à la suite d’un vol de matériel dans une usine du Mexique. L’entreprise doit ainsi suspendre la production des trains AZUR, destinés au métro de Montréal.

Alstom précise que son usine de Huehuetoca, dans l’État de Mexico, a été victime d’un vol le 7 mars dernier. Celle-ci fabrique, entre autres, des composants essentiels pour l’assemblage des nouveaux wagons du métro de Montréal.

Huehuetoca est le fournisseur interne d’Alstom, de harnais de câbles électriques, très spécifiques au projet AZUR qui sont ensuite installés dans les voitures du métro, précise par courriel le responsable des communications de l’entreprise au Canada, Adrien Vernhes. C’est la raison pour laquelle une partie des chaînes de production va être temporairement suspendue à La Pocatière.

Vendredi, 70 employés de l'usine ont été mis à pied et d'autres le seront dans les mois à venir, pour un total d'environ 130 travailleurs touchés, selon l'employeur.

Alstom indique que les employés seront rappelés au travail dès la réception du matériel pour relancer la production des trains AZUR.

De son côté, la Société des transports de Montréal (STM) dit avoir été avisée par l'entreprise, le 30 mars dernier, que la livraison des trois derniers wagons de la commande additionnelle de 17 trains était reportée d'environ trois mois.

Un choc limité pour les employés, selon le syndicat

Malgré les mises à pied, le président du syndicat des employés de l’usine de La Pocatière, Claude Michaud, soutient que le moral des travailleurs est assez bon.

On était en fin de contrat, alors on savait qu’on allait avoir des mises à pied bientôt. Le carnet de charges était presque vide, rappelle-t-il.

Alstom avait indiqué, au début du mois de mars, que des mises à pied étaient à prévoir au courant de l’été 2021, en raison de la fin des contrats avec la STM et Metrolinx, à Toronto.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, la ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Marie-Eve Proulx et David Van der Wee, représentant d'Alstom en conférence de presse à l'usine de La Pocatière.

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, la ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Marie-Eve Proulx, et David Van der Wee, représentant d'Alstom, lors de l'annonce d'un prêt de 56 millions dollars pour moderniser l'usine de La Pocatière, le 9 mars.

Photo : Radio-Canada

De plus, l’octroi d’un prêt pardonnable de 56 millions de dollars à Alstom par le gouvernement du Québec pour moderniser l’usine de La Pocatière devrait permettre à l'entreprise d'accepter de nouveaux contrats.

L'objectif de Québec est d'assurer le maintien d'au moins 400 emplois jusqu'en 2026, et de 350 emplois jusqu’en 2029, ce qui rassure le syndicat. Alstom prévoit atteindre ce seuil de 400 travailleurs à La Pocatière vers la fin 2022. 

On était au courant qu’à moyen et à long terme, il y aura de la pérennité à l’usine de La Pocatière, mais à court terme, il faut remplir le trou jusqu’en 2022

Une citation de :Claude Michaud, président du syndicat des employés de l'usine de La Pocatière

Entre-temps, le président du syndicat des employés craint que l’usine perde certains talents.

C’est le gros risque, de perdre de l’expertise, dit-il. À chaque fois qu’il y a des mises à pied, on perd de très bons travailleurs. C’est certain que la concurrence veut venir les chercher. On a de l’expertise au niveau soudage, au niveau sciage, au niveau peinture, et les autres usines sont à la recherche de ces travailleurs-là.

Avec les mises à pied de vendredi, l’usine de La Pocatière compte maintenant près de 300 travailleurs. Le syndicat s’attend à ce que ce nombre descende à environ 200 employés dans les mois à venir.

La semaine dernière, des représentants des employés ont participé à une rencontre virtuelle avec le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, pour la première fois depuis l'acquisition de Bombardier par l'entreprise française. Claude Michaud souligne en être sorti optimiste pour l’avenir de l’usine.

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