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Fermez les écoles et reconfinez le Grand Montréal, réclament des médecins

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Un écolier, de dos, marche sur le trottoir.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Un groupe de médecins réclame la fermeture des écoles et le reconfinement immédiat du Grand Montréal, estimant que « c'est une question de jours avant que le feu prenne à Montréal aussi ».

Le collectif COVID-STOP, notamment composé d'épidémiologistes et d'un microbiologiste-infectiologue, juge que les autorités devraient reproduire dans la métropole et ses banlieues ce qui a été annoncé mercredi pour les villes de Québec, Lévis et Gatineau.

Il a lancé cet appel au gouvernement du Québec vendredi matin, lors d'une conférence de presse virtuelle.

Depuis jeudi soir, et pendant au moins une dizaine de jours, les citoyens de ces trois villes, où la situation est jugée critique, reviennent au palier rouge pour lutter contre la troisième vague de COVID-19.

Tous les commerces non essentiels doivent fermer leurs portes, de même que les écoles primaires et secondaires, les restaurants, les cinémas, les salons de coiffure, les salles de spectacles, les gyms, les musées et autres lieux publics.

Aussi, pour éviter les contacts et les rencontres, le couvre-feu passe de 21 h 30 à 20 h, et ce, jusqu'à 5 h le lendemain matin.

À Montréal, le nombre de nouveaux cas est à la hausse. Il était de 269 dimanche, de 305 lundi, de 348 mardi, 393 mercredi et 388 jeudi.

Prendre des mesures

Le Dr Amir Khadir, infectiologue et microbiologiste au Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur, croit qu’il faut cesser de se rabattre sur la pensée magique et de croire que Montréal par magie va échapper à une hausse marquée de cas de COVID-19 en raison des variants présentement en circulation.

Nous nous apercevons bien qu’à Montréal les variants commencent à dominer le tableau de la pandémie et si les choses continuent, nous aurons les mêmes problèmes que connaissent les pays européens, que connaît l’Ontario, que connaissent trois régions du Québec, a-t-il déclaré en point de presse.

M. Khadir appelle les autorités à intervenir maintenant pendant qu'il est encore temps. Je pense qu’il serait prudent de ne pas attendre qu’on soit complètement débordés pour prendre des mesures, parce que, ce faisant, on s’épuise collectivement, on prolonge des choses inutilement, a-t-il affirmé en entrevue à l’émission RDI Matin.

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Le Dr Amir Khadir.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, le reconfinement ne constitue toutefois qu'une partie de la solution. Il y a des mesures à prendre au-delà de juste confiner, affirme-t-il.

Pour nous, ce temps d’arrêt, c’est surtout pour rapidement déployer les tests rapides pour faire des dépistages massifs, des dépistages auto-administrés, parce qu’on n’a pas de personnel [suffisant] pour aller mettre un petit bâton dans le nez de tout le monde, dit-il.

Cela permettrait de reprendre le contrôle de l’épidémie dans les écoles et les milieux de travail, estime-t-il.

La question de la ventilation représente un autre problème à résoudre, d’après lui. La manière dont le ministère de l’Éducation se prend pour contrôler la qualité de l’air n’est pas la bonne, plaide-t-il. Installez des purificateurs d’air de manière adéquate dans les écoles, réclame-t-il.

De la prévention

De son côté, la Dre Marie-Michelle Bellon, spécialiste en médecine interne affectée à l'unité COVID de l'Hôpital Notre-Dame et membre de COVID-STOP, parle de prévention. On voudrait prévenir plutôt que guérir, explique-t-elle.

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La Dre Marie-Michelle Bellon.

Photo : Radio-Canada

Les variants sont très contagieux et font augmenter rapidement le nombre de cas. On voit ce qui se passe en France et à Toronto, a-t-elle lancé. Quand le feu prend, c'est comme de mettre une étincelle dans de la paille.

Devant un variant du virus qui est plus contagieux et qui semble être plus virulent, il faut faire preuve de prudence. […] Freinons avant qu’il ne soit trop tard, lance la Dre Bellon.

Pour sa part, le Dr Vincent Bouchard-Dechêne, affecté aux soins intensif de l’Hôpital Notre-Dame, estime que nos dirigeants doivent se soucier davantage de la fragilité du réseau de la santé.

À chaque vague, on a un affaiblissement du système de santé, parce qu’on perd des infirmières, on perd des préposés, on perd du personnel, que ce soit par des démissions, des retraites anticipées, des congés de maladie par épuisement ou parce qu’ils ont contracté eux-mêmes la maladie, illustre-t-il.

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Le Dr Vincent Bouchard-Dechêne.

Photo : Radio-Canada

Il insiste sur le fait que le personnel en fonction est épuisé et à bout de souffle. La marge de manœuvre sur le terrain n’est pas adéquatement représentée par le nombre de lits disponibles et souvent mentionné par le gouvernement, déplore-t-il.

« Le système de santé ne peut pas se permettre une troisième vague importante. »

— Une citation de  Dr Vincent Bouchard Dechêne

Une mise à jour des règles

Quant à Nancy Delagrave, physicienne et coordonnatrice scientifique de COVID-STOP, elle presse le gouvernement de revoir ses règles sanitaires.

Présentement, les règles qui sont établies, les règles dans les milieux de travail ne sont pas adéquates. Donc, on demande de les changer, soutient-elle.

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Nancy Delagrave est physicienne.

Photo : Radio-Canada

Il y a une façon très simple de voir le risque dans les lieux clos, c’est d’avoir un capteur de CO2 qui nous indique la portion de l’air qu’on inspire qui a été expirée par une autre personne. C’est donc de l’air qui est potentiellement contagieux, prévient-elle.

Elle appelle le gouvernement à agir pour mieux contrôler la ventilation dans les bâtiments publics : C’est un petit investissement, autour de 150 $.

COVID-STOP regroupe une trentaine de personnes qui se réunissent depuis plus d’un an pour réfléchir entre autres aux moyens de combattre la COVID-19. Il est formé de médecins, mais aussi d’enseignants, de psychologues et d’ingénieurs.

Québec suit la situation

Robert Maranda, porte-parole de la Direction des communications du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), assure que Québec prend acte des demandes du collectif.

Le MSSS et la Direction nationale de la santé publique du Québec sont sensibles à la position du mouvement COVID-STOP, dit-il.

Concernant la situation qui existe actuellement à Gatineau, il rappelle que la ville est située à proximité de l’Ontario, où on observe une flambée des cas liés aux variants.

Les experts de la santé publique suivent de près (d'heure en heure) la situation dans chacune des régions du Québec et n’hésiteront pas à recommander des mesures plus strictes au gouvernement si les données épidémiologiques le nécessitent, avise-t-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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