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Rituels funéraires virtuels : adoucir le deuil

Par les temps qui courent, alors que la pandémie de COVID-19 limite les contacts sociaux, la souffrance causée par la perte d'un être cher peut être exacerbée. La webdiffusion des rituels funéraires est une façon nouvelle permettant de dire au revoir à la personne qui part.

Des chandelles en noir et blanc.

Les rituels funéraires sont souvent diffusés sur le web depuis la pandémie.

Photo : iStock

Des résidences funéraires organisent des cérémonies funèbres virtuelles. Dans la région, la résidence funéraire du Saguenay s’est faite pionnière en la matière.

Avant même le début de la crise sanitaire, l’entreprise dirigée par Brigitte Deschênes avait mis en branle un projet pilote de funérailles numériques.

Funeraweb, une entreprise de Québec qui se spécialise dans la captation d’images, avait installé des caméras dans l’église Saint-Dominique, à Jonquière, pour la diffusion virtuelle de funérailles.

Le projet pilote a fourni des résultats probants.

Ça a été extrêmement concluant. Les gens se sont vite branchés et on avait une moyenne d’assistance de 300 personnes , explique Brigitte Deschênes, directrice générale de la Résidence funéraire du Saguenay. Funeraweb a même signalé à l'entreprise qu’elle avait fracassé des records d’assistance.

Des sondages ont ensuite été envoyés aux familles pour permettre à la Résidence funéraire du Saguenay de connaître leur degré d’appréciation en termes de qualité de diffusion, incluant les images et le son. Le contrôle qualité était nécessaire considérant le fait que les événements peuvent être visionnés pendant 30 jours.

C’est Brigitte Deschênes elle-même qui a communiqué avec Funeraweb, lorsque la COVID-19 a bouleversé la vie de tout un chacun, pour savoir s’il était possible d’installer des caméras dans les salons et diffuser les expositions.

Il s’agissait d’une première demande en ce sens pour la compagnie spécialisée.

Des icônes avec de petites caméras ont été intégrées aux avis de décès numériques. Avec un simple clic, il est donc possible de visionner une cérémonie ou une exposition.

La pratique a été élargie et d’autres paroisses l’ont adoptée. Les funérailles sont donc webdiffusées de plus en plus fréquemment.

Privé ou public?

L’enjeu de la protection de la vie privée a été soulevé, lors de la mise en place du service. Brigitte Deschênes a dû répondre à quelques questions.

Pour l’exposition, les gens étaient inquiets. Ils associaient le web à des plateformes comme Zoom ou Facebook. Ils ne voulaient pas que la personne soit accessible et que ce soit multiplié sans qu’on ait un certain contrôle. Ça a demandé une certaine énergie, jusqu’à ce qu’on fasse une première exposition publique avec la collaboration de la famille. Par la suite, j’invitais les gens à aller voir ce que ça donnait pour leur montrer que c’était fait de manière professionnelle. À partir de là, les gens ont commencé à adhérer , raconte Brigitte Deschênes.

Souvent, les gens optent pour des paramètres de confidentialité publics puisqu’en temps de pandémie, ils veulent permettre à tous ceux qui le souhaitent d’assister à la célébration de la vie d’un parent, ami ou collègue.

Il est néanmoins possible que l’événement demeure privé, avec un mot de passe pour y avoir accès.

Adoucir le deuil

Pour Brigitte Deschênes, cette façon de faire est là pour rester, même quand la COVID-19 sera chose du passé.

Il faut donner accès le plus possible aux gens qui ne peuvent pas se déplacer. La proximité des petits-enfants avec leurs grands-parents, aujourd’hui, est quelque chose à considérer. L’éloignement des personnes retraitées qui vont trouver leurs enfants à l’extérieur. Ça répond à tellement de besoins différents que c’est clair que ça va rester puisque toutes ces personnes-là n’auraient pas pu, sauf par un film sur téléphone, assister.

Une citation de :Brigitte Deschênes, directrice générale, Résidence funéraire du Saguenay

Autre avantage : la possibilité de faire le deuil de l’être cher qui n’est plus.

Des condoléances virtuelles

Un autre service qui sera disponible dans une semaine, les gens pourront offrir leurs condoléances par le truchement du web, par écrit ou en format audio ou vidéo.

La personne qui meurt n’est jamais notre propriété. Comme on ne soupçonne pas toutes les personnes qu’elle a pu marquer, de la rendre accessible de cette manière-là, de façon professionnelle, moi, je félicite les familles de leur ouverture et de leur générosité de permettre au plus grand nombre de personnes possible de se joindre à eux pour les rituels funéraires , conclut Brigitte Deschênes sur une note teintée de philosophie.

Inspiré d'une entrevue menée par Johanie Bilodeau

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