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Agences de placement en santé : incertitude envers les nouvelles règles en Abitibi-Témiscamingue

La façade du pavillon Gabrielle-Laramée de l'hôpital de Rouyn-Noranda.

Le Pavillon Gabrielle-Laramée du CISSS-AT (archives)

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Les récents changements encadrant les agences de personnel dans le domaine de la santé entraînent de l’incertitude pour des régions éloignées comme la Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue.

Mardi dernier, le ministre de la Santé a resserré les règles encadrant les agences de placement de personnel de la santé.

Certaines agences réclamaient des sommes fort importantes, ce qui coûtait de plus en plus cher au système public.

En mai dernier, un arrêté ministériel avait fixé un prix maximum que peuvent réclamer les agences, mais cette semaine, des restrictions importantes ont été ajoutées.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux nous confirme par courriel que les frais accessoires comme les frais d’hébergement, de transport et de repas doivent aussi être inclus dans ce prix maximum. Des frais qui sont surtout nécessaires en régions éloignées.

Il serait alors beaucoup moins payant pour les agences et leurs employés d’aller y travailler, car elles devront débourser elles-mêmes les frais d’hébergement, de repas et de transport.

On peut les envoyer quand même en région, mais on devrait leur dire, on ne paiera pas les repas, le logement ou bien soit on diminue le salaire pour compenser, alors malheureusement, il faut être honnête, on n’en enverra pas de personnel dans les régions, ce sera impossible, affirme le propriétaire de l’agence de personnel Groupe Santé IPA, Jean-François Lépine.

Une photo en noir et blanc de Jean-François Lépine.

Jean-François Lépine, président propriétaire de Groupe Santé IPA

Photo : gracieuseté

Deux autres propriétaires d’agences nous ont aussi confié que leur personnel quittera assurément les régions dans ces circonstances.

Si le personnel d’agence quittait les régions, l’impact serait majeur et pourrait engendrer des ruptures de services.

Le syndicat de la Fédération interprofessionnelle de la santé en Abitibi-Témiscamingue croit que le gouvernement ne doit toutefois pas céder à ces menaces.

C’est évident que les agences de placement réagissent et font des menaces de ne plus envoyer de personnel. Elles cherchent à faire du profit sur le dos d’un établissement qui a besoin de professionnelles en soins pour être opérationnel et rencontrer ses responsabilités légales , affirme le président, Jean-Sébastien Blais, qui estime que le gouvernement doit en faire plus et transformer les économies engendrées par sa réglementation pour ramener les professionnelles en soins au CISSS-AT.

On ne peut pas juste enlever celles qui faisaient 30 % des heures travaillées et espérer que ça tienne. En 2011, à l’occasion d’une lettre d’entente, c’est près de 50 % de la main-d'œuvre indépendante qui avait été enrayée du réseau. Il faut que ce soit le début de la fin pour ces entreprises qui mettent à mal notre offre de services!, ajoute Jean-Sébastien Blais.

La PDG du CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, Caroline Roy, estime qu’il est important de diminuer le recours à cette main-d'œuvre indépendante, mais se dit préoccupée par ce nouveau décret.

Oui il y a des préoccupations, car on est dépendants dans plusieurs de nos services de l’accès à cette main-d'œuvre indépendante. C’est nécessaire de bien encadrer, mais c’est nécessaire aussi de faire une transition vers une moins grande utilisation de cette main-d'œuvre et de cet exode vers le privé, affirme Caroline Roy.

Le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue se retrouve dans une situation délicate; d'un côté, l’organisation veut diminuer le recours au personnel d’agence, qui coûte trois fois plus cher, mais de l’autre, l’organisation est dépendante de cette main-d’oeuvre pour maintenir ses services.

Des employés payés à ne rien faire?

L’autre ajout à l’arrêté ministériel qui ne fait pas l’unanimité dans les CISSS et CIUSSS, c’est que le personnel provenant des agences devra avoir des affectations d'une durée minimale de 14 jours pour limiter les risques de propagation de la COVID-19.

S’ils avaient juste besoin d’elle 3 jours, pendant les 11 jours suivants, l’employée serait chez elle, assise sur ses fesses. Beaucoup d’employés vont aider en région les fins de semaine, mais là, ce ne sera plus possible, selon ce qu’on en comprend, affirme Jean-François Lépine, qui assure que d’avoir une infirmière qui ne fait rien pendant 11 jours n’a rien d’efficace.

Cette règle des 14 jours devrait faire l’objet de différentes rencontres entre les CISSS et CIUSSS ainsi que le ministère de la Santé et des Services sociaux au cours des prochains jours afin de déterminer comment elle sera appliquée.

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