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« La fermeture de trop » : cri du coeur des restaurants du Bas-Saint-Laurent

Des tables et des chaises vides.

Les pertes financières seront importantes pour les restaurants qui doivent vivre une troisième fermeture de leur salle à manger (archives).

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Le retour en zone rouge pour le Bas-Saint-Laurent et les mesures qui suivent sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour de nombreux restaurateurs de la région qui devront fermer leurs salles à manger à peine un mois après leur réouverture.

Les salles à manger avaient pu rouvrir lors du passage en zone orange du Bas-Saint-Laurent le 8 mars dernier.

Or, elles doivent fermer dès ce jeudi soir, comme l’a annoncé mercredi le premier ministre François Legault.

Cette volte-face est ce qui fait le plus mal à Perle Morency, copropriétaire du restaurant Côté Est à Kamouraska.

Sans préavis comme ça, c’est un manque de respect qui est effroyable pour nous. C’est vraiment une claque au visage, dénonce-t-elle.

La copropriétaire indique que plusieurs de ses confrères dans le domaine ont déjà la corde au cou et n’ont aucune marge de manœuvre.

De son côté, des aliments périssables achetés en prévision des prochains jours sont déjà en vente au magasin, à perte.

Cette fois-ci, c’est vraiment une masse qui nous tombe sur la tête. C’est la fermeture de trop.

Une citation de :Perle Morency, copropriétaire du restaurant Côté Est

Gérer des pertes alimentaires sera aussi un enjeu à la microbrasserie Le Ketch, à Sainte-Flavie.

Le préavis de moins de 24 heures est toujours un enjeu pour un établissement comme le nôtre, explique Jean-François Fortin, maire de Sainte-Flavie et copropriétaire de la microbrasserie. On affichait déjà complet pour la fin de semaine.

Un voilier sert de décor à l'entrée du stationnement du restaurant.

La microbrasserie Le Ketch, à Sainte-Flavie, fermera à nouveau sa salle à manger (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

Ça demande de faire des pirouettes, mais des pirouettes on en a eu à faire plusieurs au cours de la dernière année, laisse-t-il tomber.

Aide financière insuffisante

En entrevue à l’émission Même fréquence jeudi après-midi, tant la propriétaire du resto-pub l'Estaminet de Rivière-du-Loup, Mylène Ouellet, que le propriétaire du Yin Yan sushi à Rimouski, Yan Hallé, étaient hors de leurs gonds.

Si elle dit respecter la décision de la santé publique et faire confiance en leur gestion de la pandémie, elle dénonce aussi la manière dont cela a été annoncé.

Le délai, c’est là que mes dents grincent, a-t-elle affirmé. Ça fait deux fois qu’on me fait fermer comme ça et c’est ce qui me fait sortir de mes gonds.

Le prêt à emporter sera d’ailleurs arrêté dès la semaine prochaine et l’Estaminet fermera ses portes pour une durée indéterminée.

Je sais que c’est difficile pour tout le monde, mais moi, cette troisième fermeture, elle m’a fessée. Je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai pleuré hier.

Une citation de :Mylène Ouellet, propriétaire du resto-pub l'Estaminet

Partageant la frustration de Mylène Ouellet, M. Hallé ajoute que l’aide est insuffisante et dénonce les programmes gouvernementaux qui sont principalement des prêts qu’on va devoir rembourser.

[Pendant ce temps] on investit des millions et des millions de dollars dans des compagnies de technologies pour des satellites et des patentes comme ça, s’est-il exclamé, faisant référence au projet Télésat Lightspeed pour lequel Québec a annoncé un investissement de 450 millions de dollars.

Le gouvernement devrait plutôt, aux yeux de Yan Hallé, rembourser les inventaires de restaurateurs.

On parle d’inventaires dont les valeurs varient entre 30 000 $ et 200 000 $, a-t-il précisé.

Les deux restaurateurs s’estiment sacrifiés alors qu’ils croient que les vecteurs de transmission de la COVID-19 se trouvent ailleurs.

À Rimouski, quand on a 1500 étudiants à l’école Paul-Hubert, le risque de contamination, il est là et pas à peu près, s’est exclamé Yan Hallé.

Et alors que plusieurs petits restaurants songent à fermer leurs portes, les plus gros joueurs semblent profiter de ce marché qui se libère, croit Perle Morency du Côté Est.

Malheureusement en ce moment, ce sont les restaurateurs de la grande industrie. Ce sont eux qui tirent leur épingle du jeu et qui vont survivre, analyse-t-elle en faisant référence aux grandes chaînes de restauration rapide. Il y a un écart qui se creuse [...] entre les riches et les pauvres et entre les petits artisans et la grande industrie.

Il y a une grande perte pour le Québec quant à son identité culturelle et alimentaire.

Une citation de :Perle Morency

Contrairement à l’Estaminet, le Côté Est continuera d’assurer des services culinaires malgré la fermeture de sa salle à manger.

Avec les informations de Shanelle Guérin

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