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Injonction accordée contre des opposants à la coupe d'une forêt ancienne en C.-B.

Un groupe de personnes autour d'un arbre géant dans une forêt.

Les manifestants du Rainforest Flying Squad joints par Radio-Canada n'ont pas l'intention d'abandonner.

Photo : Will O'Connell

La Cour suprême de la Colombie-Britannique a accordé une injonction demandée par une entreprise forestière pour lui permettre de poursuivre ses travaux de coupe sur un secteur de l’île de Vancouver. Des manifestants y ont placé des barrages pour protéger une zone de forêts anciennes. D'autre part, la mobilisation pour la protection de ces écosystèmes s’intensifie.

L’injonction, demandée par la forestière Teal Cedar Products en février dernier, couvre une vaste zone du sud-ouest de l’île de Vancouver, entre Port Renfrew et Lake Cowichan. Ses termes précis restent à déterminer, mais le jugement indique qu’une intervention policière sera nécessaire pour la faire respecter.

Il y a beaucoup de gens ici qui ne seront pas déplacés à moins d'être traînés, je suppose, dit Glenn Reid, l’un des manifestants sur place. Nous devons faire ce que nous devons faire. Nous sommes ici pour protéger la forêt. Il insiste cependant sur le fait que leur mouvement se veut à 100 % non violent.

Les manifestants, qui se surnomment le Rainforest Flying Squad, ont érigé huit barrages routiers afin d’interférer avec les activités de coupe dans cette zone depuis août 2020, peut-on lire dans le jugement.

Teal Cedar allègue que ces barrages ont entraîné des pertes de profits et des dommages à sa réputation.

L’approbation d’une Première Nation en question

Le Rainforest Flying Squad cherche d’abord à empêcher la coupe des arbres du bassin versant Fairy Creek, qui serait, selon eux, l’une des dernières vallées de forêts anciennes intactes à l’extérieur des parcs protégés sur l’île de Vancouver.

Au moins une partie des blocs de coupe en jeu sont situés sur le territoire traditionnel de la Première Nation Pacheedaht. Dans sa demande, la compagnie forestière soutient qu’elle procède avec l’approbation des Pacheedaht, qui se seraient engagés à ne pas interférer physiquement avec les activités de Teal Cedar. C’est aussi ce que réitère le jugement.

Ce n'est pas tout à fait vrai, soutient cependant William Jones, un aîné de cette Première Nation comptant 287 membres. Le conseil de bande n'a pas consulté les membres de la bande.

M. Jones soutient le Rainforest Flying Squad depuis le début. L'écosystème de Fairy Creek a une signification spirituelle pour ma Première Nation, la Première Nation Pacheedaht, et doit être sauvé, affirme-t-il.

Selon lui, le conseil de bande fait l’objet de pressions par les compagnies forestières et les gouvernements provincial et fédéral, et gouverne par décret, sans égard pour les intérêts des membres.

Ni la Première Nation Pacheedaht ni Teal Cedar n’avaient répondu aux demandes de commentaires de Radio-Canada au moment de publier ce texte.

Un changement urgent

Joshua Wright, un porte-parole du mouvement qui s’occupe notamment des médias sociaux du Rainforest Flying Squad, n’est pas surpris de la décision. Il se dit cependant frustré par le gouvernement provincial néo-démocrate, qui tarde à protéger les forêts anciennes alors qu’il s’est engagé à le faire en campagne électorale.

À ce stade, nous avons besoin de changement, nous avons besoin de changement radical et nous avons besoin de changement du jour au lendemain, réclame-t-il.

Mais pour le juge Verhoeven, qui a accordé l’injonction à Teal Cedar, les activités du Rainforest Flying Squad sont illégales, et leurs arguments sont sans mérite dans un tribunal.

Les manifestants soutiennent que l'injonction devrait être refusée en raison de l'importance et de la valeur des arbres anciens pour l'environnement, écrit-il. Le problème est que toutes les préoccupations soulevées par les intimés incombent au gouvernement et non à notre Cour. Les décisions forestières sont fortement motivées par les politiques et exigent du gouvernement qu'il coordonne, équilibre et concilie des valeurs et des intérêts souvent concurrents.

Les protestataires joints par Radio-Canada n’ont pas l’intention d’abandonner. Nous allons continuer à nous battre jusqu'à ce que Fairy Creek soit protégé, affirme M. Wright, et au-delà, jusqu'à ce que l'exploitation des forêts anciennes prenne fin en Colombie-Britannique.

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