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Le Nouveau-Brunswick a déjà craint d’être la poubelle nucléaire du Canada

Des travaux de remise à neuf à la centrale nucléaire de Point Lepreau

Des travaux de remise à neuf à la centrale nucléaire de Point Lepreau, il y a quelques années (archives).

Photo : Énergie NB

Il y a une douzaine d’années, de nombreux Néo-Brunswickois craignaient que leur province ne devienne le dépotoir nucléaire du Canada. Le ministre de l’Énergie de l’époque, Jack Keir, assure aujourd'hui que cette possibilité a été beaucoup plus mince que le faisait entendre l’opposition.

En 2007, le gouvernement fédéral redonne un nouveau souffle à l’idée d’enfouir les déchets radioactifs du pays. Le projet a fait l'objet d'études, de débats et de commissions depuis les années 1970, mais ne s'est jamais concrétisé.

Ottawa mandate la Société de gestion des déchets nucléaires de trouver un site dans l’une des provinces nucléaires – le Manitoba, l’Ontario, le Québec et le Nouveau-Brunswick – afin de construire un dépôt en profondeur.

Les esprits s’échauffent à l’Assemblée

Des consultations préliminaires ont lieu dans les provinces en 2009 afin de présenter le processus de sélection.

Le ministre de l’Énergie du Nouveau-Brunswick de l'époque, le libéral Jack Keir, se fait rassurant et indique qu'aucune communauté n’a été ciblée.

Le processus est encore à un stade embryonnaire, nous ne voulons pas alarmer la population. À mon avis, nous devons nous fier au processus de sélection établi, dit-il aux journalistes.

Claude Williams s'adresse aux autres députés.

Claude Williams à l'Assemblée législative en 2009.

Photo : Radio-Canada

Cela n’empêche pas l’opposition officielle de lui rentrer dedans à l’Assemblée législative. Le progressiste-conservateur Claude Williams mène la charge.

La rumeur circule que dans les mines à Bathurst, c’est un site que le gouvernement regarde, lance-t-il d’un ton enflammé.

Jack Keir l’accuse alors de colporter des rumeurs et de crier au meurtre.

Les élus des deux côtés continuent de s’engueuler après la période des questions. Tellement que le président de l’Assemblée doit s’interposer pour calmer les esprits.

Jack Keir parle aux députés.

Le ministre de l'Énergie du Nouveau-Brunswick, Jack Keir, en 2009.

Photo : Radio-Canada

En entrevue, 12 ans plus tard, Claude Williams se souvient que la population du Nouveau-Brunswick était inquiète.

Les gens étaient très préoccupés. Lorsqu’on parle de nucléaire, les gens ne vont pas aux barricades, mais ça les préoccupe énormément. Alors nous, à l’opposition, on recevait beaucoup d’appels, dit-il.

Il se souvient que les bruits de coulisses et les rumeurs qui circulaient à l’époque faisaient entendre que Fredericton avait les mines situées près de Bathurst dans sa mire.

Dans l’opposition, c’était notre rôle que le gouvernement soit ouvert et transparent dans le dossier. Il n’y a pas de doute que ça a amené des discussions très mouvementées, affirme Claude Williams.

Il s’agissait de ragots infondés, assure Jack Keir. Aujourd’hui, plus d’une décennie après cet épisode mouvementé, il sourit en se rappelant ces prises de bec qu’il a eues avec son collègue progressiste-conservateur.

Je me souviens d’avoir eu plusieurs discussions avec Claude Williams sur les rumeurs qu’ils faisaient circuler.

Il n’y a jamais eu de discussions internes

Jack Keir est catégorique : l’opposition officielle criait au loup en 2009. Il affirme que lui et ses collègues du gouvernement de Shawn Graham n’ont pas passé beaucoup de temps à parler de l’idée d’accueillir un dépôt souterrain.

En passant, il n’y a jamais eu de discussions internes ou de discussions avec Bathurst ou avec un autre endroit pour entreposer des déchets nucléaires au Nouveau-Brunswick.

Selon lui, le Nouveau-Brunswick – à titre de producteur de déchets radioactifs – avait tout simplement l’obligation légale de participer aux consultations sur ce site d’enfouissement.

Depuis l’ouverture de la centrale de Point Lepreau en 1983, les grappes de combustible nucléaire usé sont entreposées sur place. Mais il s’agit d’une solution imparfaite et temporaire.

Une discussion franche sur l’entreposage devait avoir lieu, croit Jack Keir.

Nous avions aussi dit : si quelqu’un était prêt, s’il y avait une occasion de gains financiers et économiques, si une communauté avait voulu avoir cette discussion, on aurait certainement eu cette discussion. Mais en passant, personne n’a levé la main pour dire "on veut accueillir ça".

Silence au Nouveau-Brunswick

En 2010, lorsque la Société de gestion des déchets nucléaires a invité les communautés à faire part de leur intérêt pour accueillir le dépôt canadien – un projet de dizaines de milliards de dollars – 22 communautés ont répondu présentes.

Aucune communauté néo-brunswickoise ne s’est toutefois portée volontaire. Aujourd’hui, une décennie plus tard, le processus de sélection est toujours en cours. Deux régions ontariennes sont en lice.

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