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La crise sanitaire pourrait exacerber la crise du logement en Abitibi-Témiscamingue

Une pancarte de logement à louer

Les logements se font de plus en plus rares en Abitibi-Témiscamingue. (archives)

Photo : Radio-Canada

La crise du logement sévit depuis plusieurs années en Abitibi-Témiscamingue. Avec la pandémie, la demande pour les logements dans la région ne semble pas s’estomper.

Nombreux sont ceux qui tentent de trouver un logement en Abitibi-Témiscamingue. La directrice générale de la Société immobilière TRilogis, Geneviève Savard-Bélanger, peut en témoigner.

Ce qu'on a senti, c'est que depuis le début de la pandémie, on a moins de départs de locataires, donc des baux qui ne sont pas renouvelés ou des cessions de bail, on en a beaucoup moins. Je dirais environ la moitié par rapport à normalement. Donc quand on affiche un logement à louer, on sent un peu la folie, si je peux m’exprimer ainsi, rapporte-t-elle. Les gens sont pressés, il y en a même qui ne veulent pas visiter et mettre des dépôts, alors qu’on ne prend pas de dépôts normalement.

Selon les données les plus récentes de la Société canadienne d’hypothèques et de logements, le taux d’inoccupation à Val-d’Or a baissé sous la barre de 1 %, pour se trouver à 0,9 % en 2020. À Rouyn-Noranda et à Amos, le taux d’inoccupation se situe à 1,1 %.

L’offre de logements se resserre, les prix augmentent

La porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, se dit particulièrement inquiète de la situation en Abitibi-Témiscamingue.

À Rouyn-Noranda, en deux ans, je calculais que le loyer moyen a augmenté de 70 $. On voit depuis quelques années avec les rapports de la SCHL qu’il y a des hausses du loyer moyen beaucoup plus importantes que l’inflation dans les villes de l'Abitibi-Témiscamingue, indique-t-elle.

Véronique Laflamme ajoute que le salaire généralement plus élevé des travailleurs qui font du navettage (fly in, fly out) permet des coûts de loyer plus élevés.

Les personnes qui travaillent au salaire minimum et qui habitent à Rouyn-Noranda depuis plusieurs années n’ont pas le revenu pour accoter celui de ces travailleurs et travailleuses faisant du fly in, fly out, et se retrouvent sans ressource pour faire face à cette hausse abusive du coût des loyers, déplore-t-elle.

Cependant, il est encore tôt pour évaluer les réels impacts de la pandémie sur la crise du logement, selon le chercheur à l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) Guillaume Hébert.

Il mentionne les données de la SCHL selon lesquelles au Canada, le taux d'inoccupation aurait augmenté. Habituellement, ça voudrait dire une accélération moins rapide du coût des loyers. Et là pour l'instant, on ne voit pas du tout ça, souligne-t-il.

Quelles solutions?

Pour améliorer l’Accessibilité des logements, le FRAPRU et l’IRIS affirment qu'il faudrait davantage de logements sociaux ou à loyer modique. Guillaume Hébert explique que des lois permettent de réserver des terrains pour du logement locatif.

Les municipalités au Québec ont maintenant le pouvoir de dire que ce bâtiment-là, on va l’acheter nous autres mêmes, c’est le secteur public qui va l’acheter. On va s’assurer que les gens qui vont l’acquérir vont faire du logement locatif. L’État peut s’en mêler d’une certaine façon pour ne pas laisser le marché décider ce que l’on va construire, dit-il.

On peut aussi établir des ententes avec des promoteurs immobiliers pour qu’un certain pourcentage de leur construction soit dédié à des logements sociaux.

Véronique Laflamme croit quant à elle qu’en renforçant le cadre légal, on peut mieux protéger les locataires d’une hausse abusive du prix du logement ou d’évictions. Elle mentionne par exemple d’instaurer un registre des loyers, et que les ressources disponibles pour aider les locataires soient davantage publicisées.

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