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À quoi peut-on s’attendre des prochains festivals de cinéma au Québec?

Une salle de cinéma éclairée par le grand écran. Quelques personnes sont assises dans la salle.

Le directeur général du Festival du nouveau cinéma, Nicolas Girard Deltruc, veut miser sur la présentation de films en salle cette année.

Photo : Unsplash / Jake Hills

Radio-Canada

Depuis le début de la pandémie, nombre de festivals de cinéma ont dû repenser leur organisation à la dernière minute, pris de court par la mise en place de mesures sanitaires. D’autres, ayant pu mieux anticiper les contraintes, ont enregistré des records de participation. Cette année, ils affirment qu’ils sont mieux préparés. Que nous réservent-ils donc pour 2021, alors qu’ils doivent composer avec l’incertitude?

Un texte d’Olivier Du Ruisseau

C’est clair que pour nous, et ça doit être le cas pour les autres festivals, [ce sera de] miser autant que possible sur une offre en salle. Le public a besoin de ça, c’est notre mission première, affirme d’emblée le directeur général du Festival du nouveau cinéma (FNC) de Montréal, Nicolas Girard Deltruc.

D’ailleurs, ce dernier ne cache pas son ambition : il souhaite confirmer la place de son événement comme l’un des festivals de films les plus courus et influents au pays pour son cinquantième anniversaire, qui sera célébré coûte que coûte en octobre prochain. Il attend impatiemment de voir quelles seront les conditions de visionnement en salle dans les prochains mois, mais il doit déjà envisager une autre année où le contenu pourrait être partiellement en ligne.

La directrice de la programmation du FNC, Zoé Protat, affirme que son équipe devrait encore adopter cette année une formule hybride, surtout pour présenter du contenu vidéo complémentaire en ligne, comme des entrevues avec des cinéastes ou des classes de maître.

Ça n’a pas été facile pour nous l’an dernier, admet Zoé Protat, qui rappelle que le FNC a dû déplacer in extremis presque toute sa programmation en ligne lorsque le palier de zone rouge a été attribué à Montréal le 1er octobre dernier. Quelques films n’ont pas pu être sauvés, faute de permissions de distributeurs, mais 200 œuvres, dont 50 longs métrages, ont quand même été récupérées et présentées virtuellement.

La programmatrice estime qu’en 2021, les festivals seront mieux préparés et que la transition en ligne, si nécessaire, sera plus harmonieuse que l’an dernier.

D’autres événements, comme le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT), ont fait le pari de demeurer uniquement en présentiel en 2020 et étaient prêts à annuler leurs représentations si les conditions changeaient. La chance a souri à ce festival de Rouyn-Noranda, qui s’est déroulé du 31 octobre au 5 novembre, puisque la région n’a dû fermer ses cinémas qu’en décembre. 

La directrice générale de l’événement, Émilie Villeneuve, précise que pour elle, il est d’autant plus crucial de tenir des représentations en salle parce que le FCIAT demeure, avec le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FMEAT), l’une des principales attractions touristiques urbaines de la région.

Elle admet toutefois que la pandémie l’a aussi incitée à présenter davantage d’événements virtuels, comme une longue entrevue intime avec Robert Lepage, qui s’est avérée un franc succès, dit-elle.

Bilan positif des expériences virtuelles

Le virtuel nous a permis d’aller chercher de nouveaux publics partout au Québec et ailleurs dans la francophonie canadienne, soutient le directeur général du festival de films francophones Cinémania, Guilhem Caillard. L’événement montréalais, qui s’est déroulé du 4 au 22 novembre dernier et qui est devenu virtuellement pancanadien, a triplé ses ventes de laissez-passer donnant accès à tous ses films.

Guilhem Caillard affirme que cela l’incite à organiser une programmation hybride dans les années à venir, même si, comme le FNC, il préférerait encore présenter des premières en salle à Montréal.

Le constat est similaire du côté de Fantasia, festival montréalais de films de genre qui a normalement lieu en août. L’événement a aussi vu son nombre de demandes d’accréditation largement augmenter en 2020, et a organisé l’un des plus gros festivals virtuels au monde, toutes catégories confondues, avec 15 programmes de longs métrages, dit son président-directeur général, Pierre Corbeil.

Dans ce contexte d’ouverture à de plus larges publics, des festivals québécois lancent de nouvelles initiatives, accélérées par les contraintes de la pandémie. Le Festival international du film sur l’art (FIFA), qui a encore une fois eu lieu en ligne cette année, a donc décidé de lancer sa propre plateforme d’œuvres cinématographiques consacrées à l’art, ARTS.FILMS, notamment pour héberger ses contenus dans les années à venir.

Le FNC et Fantasia, quant à eux, ont plutôt opté pour la location de plateformes en 2020 et affirment qu’ils se préparent à faire la même chose en 2021, bien qu’ils ne puissent pas encore décider comment leurs contenus seront répartis entre les plateformes de visionnement et les salles de cinéma.

Cinémania optera pour une formule similaire et a aussi commencé, en 2020, à héberger des films du festival saguenéen de courts métrages Regard ainsi qu’à produire ses propres films, une idée que Guilhem Caillard voudrait reconduire en 2021.

C’est tellement tentant de dire que la pandémie nous a fait voir la lumière, mais honnêtement, on a tous essayé des tas de choses cette année. On continue d’écouter le public et le marché, et on a hâte à la fois de rester fidèles à nos racines et d’innover, conclut Zoé Protat.

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