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Blaine Higgs est allé trop loin dans l'affaire du Dr Ngola, croit l'opposition

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, lors d'un point de presse le 20 novembre 2020.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, est la cible de critique de la part des députés d'opposition dans l'affaire Ngola.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, l'opposition estime que le premier ministre Blaine Higgs aurait dû faire preuve d'une plus grande retenue dans ses propos concernant le Dr Jean Robert Ngola, dans une déclaration qui a précédé l’ouverture d’une enquête criminelle de la GRC à son sujet.

Le député libéral d'Edmundston–Madawaska-Centre et porte-parole de l’opposition en matière de santé, Jean-Claude D’Amours, se demande pourquoi le premier ministre a annoncé que la GRC enquêtait sur le Dr Ngola pour une possible violation des règlements sanitaires liés à l'état d'urgence, alors que ce n'était pas le cas.

Un homme regarde la caméra.

Le Dr Jean Robert Ngola lors d'une entrevue à Radio-Canada (archives)

Photo : CBC / Mia Sheldon

Une déclaration qui dérange

Lors d’une importante éclosion de COVID-19 dans la région de Campbellton en mai 2020, Blaine Higgs a montré du doigt un travailleur de la santé – sans le nommer – qu’il a qualifié publiquement d’irresponsable pour ne pas s’être isolé à son retour d’un déplacement au Québec pour des motifs personnels.

Le premier ministre a ensuite dit aux journalistes que la GRC mènerait une enquête.

Des documents judiciaires déposés par les avocats du Dr Ngola montrent le déclenchement de l'enquête de la GRC s'est fait à la suite de la déclaration du premier ministre et que des fonctionnaires provinciaux se sont efforcés de mettre en contact la police et le Réseau de santé Vitalité pour qu’une plainte soit portée contre lui.

C’est finalement le pdg de Vitalité à l’époque, Gilles Lanteigne, qui a porté plainte à la GRC, trois jours après la déclaration du premier ministre.

Le premier ministre a dépassé la ligne, croit l'opposition

Le député libéral Jean-Claude D'Amours en conférence de presse.

Le député libéral Jean-Claude D'Amours (archives)

Photo : Radio-Canada

Jean-Claude D’Amours estime que le premier ministre aurait dû faire preuve d’une plus grande retenue.

Est-ce qu'il y a eu de la pression faite sur les hauts fonctionnaires, ce que j'espère qui n'a pas eu lieu, mais quand même c'est à se questionner actuellement à savoir si le premier ministre et son bureau, ce qui ne serait pas une surprise, parce qu'on sait quand même l'habitude du premier ministre à vouloir contrôler, affirme le député libéral jeudi.

On sait, souvent, lorsqu’il y a des possibilités de poursuites ou de dossiers en cour, que les gouvernements essaient de laisser le processus normal [suivre son cours]. Ici, ç’a été le contraire. Donc, je pense qu’il aurait peut-être dû prendre une pause au niveau de ses commentaires et s'assurer d’attendre de voir si les autorités compétentes allaient porter des accusations. Je pense que le premier ministre a été probablement un peu loin, ajoute Jean-Claude D’Amours.

David Coon interviewé à l'extérieur.

Le chef du Parti vert David Coon (archives)

Photo : CBC/Jacques Poitras

Le chef du Parti vert, David Coon, s'inquiète aussi d'une possible utilisation indue du pouvoir politique.

Je pense qu'il a cédé à la tentation de l'état d'urgence, un peu, et la crainte et la colère suscitées par la pandémie. C'est important que le premier ministre n'est pas le commandant du Nouveau-Brunswick, il reste encore le premier ministre, affirme le chef des verts.

C'est important que le premier ministre fasse attention à ses actions, ajoute David Coon.

Ce dernier souhaite que Blaine Higgs clarifie son rôle dans toute cette affaire.

Le bureau du premier ministre ne fait toutefois pas de commentaire pour l'instant, tout comme le Réseau de santé Vitalité et la GRC, étant donné que cette affaire est devant les tribunaux.

Jean Robert Ngola s’est toujours défendu d’avoir été le patient zéro de l’éclosion de mai et juin 2020 dans le Restigouche. Il ne fait toujours l’objet d’aucune accusation criminelle, 10 mois après les faits.

Avec les renseignements de Michel Corriveau

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