•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : les hôpitaux du Bas-Saint-Laurent se préparent au pire

La façade de l'Hôpital régional de Rimouski.

L'unité de soins intensifs pour la COVID-19 à l'hôpital de Rimouski sera rouverte.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Une hausse des hospitalisations en lien avec la COVID-19 dans la région en plus d’une situation critique dans les régions voisines forcent le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent à augmenter sa capacité hospitalière consacrée aux malades du coronavirus.

En conférence de presse jeudi matin, le président-directeur général adjoint du CISSS du Bas-Saint-Laurent, le Dr Jean-Christophe Carvalho, a confirmé qu'un important délestage sera organisé dans les hôpitaux de la région.

On passera à entre 30 % et 50 % de maintien d’activité, de ce qu’on fait habituellement, pour libérer des infirmières, a indiqué le Dr Carvalho.

À la lumière de ce qui se passe chez nos voisins, on nous a demandé d’être capables d’assurer l’hospitalisation de nos propres cas, a-t-il expliqué.

Le Dr Carvalho a tout de même assuré que les listes d’attente pour des opérations dans la région ont quand même diminué depuis la reprise de certaines activités opératoires.

Il est quand même fort probable que cette situation se re-détériore au cours des prochaines semaines, a-t-il soutenu.

À terme, le CISSS souhaite libérer 28 lits dans les unités COVID-19 de la région et 8 lits aux soins intensifs.

Le CISSS a confirmé que 13 hospitalisations de Bas-Laurentiens sont en cours. De ce nombre, neuf personnes sont traitées dans des hôpitaux des régions de Chaudière-Appalaches et de Québec.

Or, ces deux régions, particulièrement la Capitale-Nationale, sont aux prises avec d’importantes hausses de cas de COVID-19.

La balance des hospitalisations est traitée à l’unité de COVID-19 de l’Hôpital régional de Rimouski. Par ailleurs, l'unité de soins intensifs pour la COVID-19 à cet hôpital sera rouverte dans les prochaines 24 heures.

Quant au profil des personnes hospitalisées, le Dr Carvalho a indiqué que plusieurs personnes sont âgées de plus de 65 ans, mais que des usagers ont de 40 à 60 ans.

Nous sommes en début de vague, donc on prend ces données avec un grain de sel, a toutefois précisé le PDG adjoint du CISSS. On voit une tendance vers l’hospitalisation de gens plus jeunes.

Huit Bas-Laurentiens sont présentement aux soins intensifs, dont certains sous respiration mécanique dans des établissements de Chaudière-Appalaches et de Québec.

C’est une réalité que l’on vit avec ces variants-là, a laissé tomber le Dr Carvalho qui n’a pu préciser le nombre exact de patients sous respiration mécanique.

Plus de doses de vaccins en avril

De son côté, le directeur régional de santé publique, le Dr Sylvain Leduc, est revenu sur les nouvelles mesures sanitaires qui accompagnent le retour en zone rouge du Bas-Saint-Laurent.

Selon lui, ces mesures visent à diminuer les conditions dans lesquelles le virus peut se transmettre.

Il a rappelé qu’entre le 17 mars 2021 et aujourd’hui, la région était passée de 3 cas par jour en moyenne pour l’ensemble du territoire à un total de 414 personnes ayant reçu un résultat positif à un test de dépistage de la COVID-19.

On ne doit pas penser que c’est le problème des autres, c’est le problème de tout le monde, a-t-il martelé.

En réponse aux questions sur la possibilité de scinder le Bas-Saint-Laurent en deux zones différentes, le Dr Leduc a indiqué que la santé publique nationale décrète maintenant des codes de couleurs pour des régions entières et non plus par MRC.

Seul point positif aux yeux de la santé publique, les CHSLD et résidences pour aînés sont pour l’instant majoritairement épargnés par cette 3e vague, ce qui démontrerait l’efficacité des doses de vaccins.

Les Bas-Laurentiens pourront compter sur 5004 nouvelles doses de vaccins au cours des prochains jours.

Les vaccins devaient être destinés à la région de Montréal, mais la situation épidémiologique a changé la donne. Ils seront plutôt distribués dans les zones de vaccination au Bas-Saint-Laurent.

La santé publique confirme aussi qu'il s'agit de 3804 doses du vaccin de Pfizer-BioNTech et de 1200 doses de celui de Moderna. Les Bas-Laurentiens qui avaient pris leur rendez-vous en mai pourront bénéficier de ces nouvelles doses.

Selon le CISSS, 36 700 doses de vaccins seront administrées au cours du mois d’avril.

Le Dr Leduc a toutefois modéré les attentes quant à la vaccination, rappelant qu’un délai est à prévoir entre le moment de l’injection et l’effet sur les anticorps.

Les anticorps prennent deux à trois semaines avant de se développer, a-t-il expliqué. On a donc toujours besoin de mesures sanitaires qui sont beaucoup plus efficaces à court terme.

Les restaurants, un vecteur de transmission parmi d’autres

Questionné quant à la décision de fermer les salles à manger des restaurants, le Dr Leduc a avancé que des éclosions de COVID-19 dans la région étaient bel et bien liées à des salles de restaurants.

La santé publique a par exemple observé dans des restaurants des jeunes qui changeaient de table aux 15 minutes.

Le directeur de santé publique a toutefois reconnu que la responsabilité de la transmission n’est pas [exclusivement] auprès des restaurateurs.

La porte d'entrée du restaurant Chez Gréco, à Rimouski.

Les salles à manger des restaurants du Bas-Saint-Laurent devront à nouveau fermer (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Il y a eu des éclosions dans les restaurants, a-t-il expliqué. Ça ne veut pas dire que c’est un facteur de risque plus important, mais il s’ajoute aux autres milieux.

Le Dr Leduc a rappelé que les mesures accompagnant ce palier d’alerte sont efficaces dans plusieurs autres régions du Québec.

Quant à savoir si l’adhésion à ces mesures serait plus faible au Bas-Saint-Laurent qu’à d’autres endroits au Québec, la santé publique n’avait pas de données précises à ce sujet.

Néanmoins, Sylvain Leduc a avancé qu’une tendance à la baisse était observable pour l’ensemble du Québec.

Quant à la situation dans les écoles de la région, des consignes seront envoyées lundi pour la planification du retour en classe.

Ça doit être planifié de manière sécuritaire et prudente, a précisé le Dr Leduc.

Or, la santé publique affirme aussi qu'elle recevra beaucoup de résultats de tests de dépistage dans les prochains jours, ce qui pourrait changer la perception de la situation sanitaire.

Les mesures déjà prises dans les écoles plus touchées provoquent déjà un certain effet, selon le Dr Leduc, particulièrement dans le Kamouraska.

Pendant ce temps, deux cas de COVID-19 ont été dépistés, respectivement à l’École secondaire Paul-Hubert et au Centre de formation professionnelle Rimouski-Neigette (CFRN).

Plusieurs changements à Rimouski

Les activités sportives intérieures sont encore autorisées en solo, en duo ou en bulle familiale au Complexe sportif Desjardins. Toutefois, la session de printemps des cours de natation est annulée.

Les cours de mise en forme aquatique et les réservations pour les groupes sont suspendus de même que le programme Sensamerveille.

En ce qui a trait aux gymnases, la plupart des activités sont maintenues à l'exception des réservations pour les groupes. Enfin, les quatre bibliothèques de Rimouski demeurent accessibles selon l’horaire régulier.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !