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Pénurie de travailleurs : Textiles Patlin peine même à ravoir sa main-d'oeuvre étrangère

Une couturière avec un masque qui coud une blouse de protection dans l'usine.

Maria travaille chez Textiles Patlin, à Saint-Paulin. La voici avant de quitter le pays pour la période des Fêtes.

Photo : Radio-Canada / Jef Fortier

Une entreprise de Saint-Paulin fait face à tout un défi pour honorer ses contrats, qui ont explosé pendant la pandémie. Textiles Patlin doit se tourner vers la main-oeuvre étrangère, faute de concurrents locaux, mais se bute à une bureaucratie excessivement lourde, même pour rapatrier des travailleurs étrangers déjà à l'emploi de l'entreprise. Et c'est le carnet de commandes qui en souffre.

Il y a eu un engouement pour la décoration, pour changer l'allure des maisons, mais avec du personnel manquant donc pour nous, c'est comme ça que ça devient non balancé, explique la vice-présidente Sonia Chevalier.

Les sièges vacants sont trop nombreux.

Il n'y a pas beaucoup de relève, pratiquement inexistante, on doit se tourner vers la main-d'oeuvre étrangère, tranche-t-elle résignée. Mais un autre défi se pose : un interminable casse-tête administratif.

On subit les contrecoups de la bureaucratie, où ça ne finit plus, les papiers sont longs à avoir, même si ces gens-là sont déjà chez nous et ont déjà leur permis de travail!

Une citation de :Sonia Chevalier, vice-présidente, Textiles Patlin

Deux travailleuses étrangères, Maria et Pascuala, sont retournées passées les Fêtes au Pérou, dans leur famille en décembre. Cela faisait un an et demi qu'elles étaient à l'emploi de Textiles Patlin. La direction de l'entreprise n'aurait jamais pu se douter de la difficulté de les faire revenir au pays, au travail.

À ce moment-là, le délai pour obtenir le visa avec Ottawa était de 40 jours, explique Patricia Champagne, responsable des ressources humaines. On avait quand même payé pour avoir une demande express qui devait se faire en trois semaines. Dans le cas de Maria, là vous voyez à quelle date on est rendu. Je n'ai pas encore de réponse dans son dossier. 4 mois de perdus dans un contrat de travail de deux ans, c'est beaucoup d'heures de travail de perdu pour l'entreprise.

Pascuala a finalement pu revenir au pays, quatre mois plus tard. Elle a recommencé à travailler mercredi. Textiles Patlin ignore quand Maria pourra revenir.

La façade de l'entreprise

L'entreprise Les Textiles Patlin, de Saint-Paulin

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Un dossier politique

On dirait qu'on est encore à l'époque où on s'envoie des fax, lance le député de Berthier-Maskinongé, Yves Perron. L'entreprise a sollicité son aide. Il assure qu'il a porté le dossier à Ottawa.

[Le dossier] s'est rendu aux oreilles du gouvernement, ça je peux vous dire ça.

Une citation de :Yves Perron, député de Berthier-Maskinongé

On a proposé nous des visas de trois ans. Est-ce que ça aurait de l'allure ça? Pouvoir donner de la prévisibilité à nos employeurs, dit-il. Pour l'instant, statu quo. Au grand dam de l'entreprise.

Faut repartir à zéro, on a vraiment cette impression-là, dit Patricia Champagne.

Je suis inquiète parce que j'ai peur de ne pas arriver à recruter des gens pour maintenir à flot l'entreprise.

Une citation de :Patricia Champagne, responsable des ressources humaines, Textiles Patlin

On veut éviter d'aller en sous-traitance, de donner ce qu'on peut faire chez nous, mais malheureusement, de ne pas être capable de livrer, alors qu'on l'a toujours fait, c'est frustrant, dit Sonia Chevalier.

Des quotas pour la main-d'oeuvre étrangère

Autre source de frustration pour les dirigeants de l'entreprise : le quota de travailleurs étrangers, qui ne doit pas excéder 10 % des employés. Ça représente 4 travailleurs chez Textiles Patlin.

L'entreprise estime que les besoins actuels nécessitent des changements urgents dans le programme des travailleurs étrangers. Elle sollicite les élus pour autoriser une plus grande main-d'oeuvre étrangère pour les opérateurs de machines à coudre, comme c'est le cas dans le milieu agricole.

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