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L'opposition blâme le gouvernement Legault pour le relâchement des Québécois

Manque de transparence, messages contradictoires : le gouvernement a « pêché par excès d'optimisme » et en « paye le prix », selon les partis d'opposition.

Dominique Anglade s'adresse aux médias derrière un lutrin.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, juge la gestion de la pandémie du gouvernement Legault « catastrophique ».

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Les partis d’opposition reprochent au gouvernement Legault d’avoir induit les Québécois en erreur en leur laissant croire que la situation s’améliorait, malgré les signes avant-coureurs d'une troisième vague et de la résurgence des variants.

Les chefs des partis d'opposition ont de travers la volte-face du premier ministre François Legault. Les uns dénoncent sa gestion « chaotique »; les autres l'accusent de porter « des lunettes roses ».

Tous s'entendent pour dire qu'en annonçant sans préavis un important resserrement des restrictions sanitaires à Québec, Lévis et Gatineau, mercredi soir, le premier ministre a mis à mal la confiance de la population envers son gouvernement et les directives de la santé publique.

Si les circonstances imposent de prendre des actions musclées pour endiguer le virus, rien n’excuse la gestion chaotique et les messages contradictoires que le gouvernement envoie à la population, a déclaré la cheffe libérale Dominique Anglade, en point de presse jeudi matin.

Mme Anglade n'a pas mâché ses mots pour décrire la gestion du gouvernement caquiste, qui démontre selon elle un manque de transparence, de cohérence et de préparation pour affronter la troisième vague.

Le gouvernement est en train de jouer au yo-yo avec le moral de la population.

Une citation de :Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Les Québécois se font dire « une chose et son contraire », a-t-elle résumé, en évoquant le changement de ton survenu mercredi soir.

La veille, les autorités disaient avoir à l’œil cinq régions de la province. Le ministre de la Santé Christian Dubé avait alors indiqué qu'il n'excluait pas l'imposition de nouvelles mesures si la situation ne se redressait pas.

La cheffe libérale redoute toutefois que la population s'en trouve lésée et n'ait plus envie d'adhérer aux consignes mises en place pour lutter contre la COVID-19.

Tout aussi préoccupé par l'effet qu'aura la récente annonce du gouvernement sur l'adhésion des Québécois, le leader parlementaire de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a dénoncé « un retournement spectaculaire ».

Gabriel Nadeau-Dubois, vêtu d'un veston et d'une cravate, parle dans un micro.

Le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois s'inquiète des effets du « revirement spectaculaire » du gouvernement Legault sur la population.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Comment les gens sont censés suivre, [...] comprendre et [...] adhérer aux mesures si le discours virevolte comme une feuille au vent? C'est très grave, a-t-il martelé.

Ce que les Québécois ont vu hier, ce n'est pas un gouvernement en contrôle; c'est un gouvernement en retard.

Une citation de :Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire de Québec solidaire

Des voyants « au rouge »

Le député péquiste Joël Arsenault est d'avis que le premier ministre a « favorisé un certain relâchement en indiquant que les choses allaient bien », alors que c'était le contraire.

Le problème, a-t-il poursuivi, n'est pas que le gouvernement ait pris des mesures sévères, mais qu'il ait tardé à agir.

C’est comme si le gouvernement avait eu une épiphanie en 24 heures, a-t-il réagi. Tous les signaux étaient clairement au rouge. Nous savions que les variants étaient en hausse vertigineuse.

Le gouvernement a pêché par excès d’optimisme. Il avait des lunettes roses. Les Québécois ont adhéré à ce message, et maintenant on en paye tous le prix.

Une citation de :Joël Arsenault, député du Parti québécois

Appelant le premier ministre et son équipe à entamer un examen de conscience, le député des Îles-de-la-Madeleine s'est interrogé sur la lecture que faisait le gouvernement des avis de la santé publique.

Depuis un mois le gouvernement envoie le signal […] qu’on peut relâcher, qu’on peut ouvrir les commerces et les restaurants, repousser le couvre-feu [et que] les vallées verdoyantes sont à nos portes , a-t-il ironisé.

Un homme portant des lunettes.

Le député Joël Arsenault est le porte-parole du Parti québécois en matière de santé et de services sociaux.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Pourtant, les appels à la prudence n'ont pas manqué de se faire entendre ces dernières semaines alors que le nombre de nouveaux cas quotidiens a recommencé à grimper dans la province.

En entrevue à Tout un matin, jeudi, le ministre Dubé a défendu la réponse « rapide » du gouvernement, expliquant sa volte-face par la vitesse à laquelle le variant se répand.

À l'Assemblée nationale, le premier ministre Legault a répondu aux critiques en rappelant la hausse rapide des cas de COVID-19 dans plusieurs régions qui a forcé son gouvernement à prendre des décisions dans de très courts délais. Le Québec, a-t-il ajouté, est la province qui a agi le plus rapidement.

Jeudi, les partis d'opposition ont à nouveau exhorté le gouvernement Legault à publier les avis de santé publique sur lesquels il se base pour prendre ses décisions.

La population a désormais besoin de scénarios clairs, a insisté Dominique Anglade. Nous sommes à la troisième vague et les Québécois [...] doivent savoir où le gouvernement s’en va.

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