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De nouveaux quais pour la traverse de L'Isle-aux-Coudres

La Société des traversiers privilégie la reconstruction d'un quai à Saint-Joseph-de-la-Rive, mais étudie la possibilité d'un déménagement à Baie-Saint-Paul.

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La traverse de L'Isle-aux-Coudres

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Le gouvernement du Québec investit 4 millions de dollars pour une étude qui déterminera les coûts de la réfection des quais de la traverse de L'Isle-aux-Coudres. Cette étude évaluera également la possibilité de déménager les infrastructures de Saint-Joseph-de-la-Rive vers Baie-Saint-Paul.

Les deux quais de la traverse vieillissent, ayant été construits au tournant des années 70. La Société des traversiers du Québec (STQ) veut donc les reconstruire d’ici les cinq prochaines années.

C’est pour cette raison que le budget provincial, rendu public la semaine dernière, prévoit de l’argent pour une étude d’opportunité qui permettra de chiffrer le projet.

Déménager à Baie-Saint-Paul?

Mais voilà que des propositions citoyennes soumises à la STQ suggèrent de déménager le quai à Baie-Saint-Paul, dans le secteur de Cap au Diable ou du Vieux quai. Même si la priorité de la Société demeure la réfection des installations actuelles, son PDG assure que le coût d’un éventuel déménagement sera également estimé.

En entrevue à CIHO, une station de radio locale, Stéphane Lafaut a affirmé mercredi que c’était une question d’honnêteté intellectuelle.

Bien peu d’informations ont filtré de ces propositions citoyennes. Selon M. Lafaut, celle de Cap au Diable impliquerait la construction d’une route de sept kilomètres. Lorsqu’on parle d’une route de 7 km sur le bord du fleuve, je commence à poser des questions : qui va la construire, qui va l’entretenir, qui va payer pour ça?

Le PDG dit vouloir répondre d’abord et avant tout aux besoins de la STQ. En entrevue à Radio-Canada jeudi, il a voulu clarifier ses intentions.

Pour nous, la traverse, elle est de L'Isle-aux-Coudres à Saint-Joseph-de-la-Rive. Je veux rassurer les gens surtout de Saint-Joseph-de-la-Rive. On ne fait que chiffrer qu'est-ce que pourrait coûter la mise en place de la traverse à Baie-Saint-Paul où dans le secteur de Baie-Saint-Paul au niveau de la faisabilité et au niveau des coûts.

Vue sur L'Isle-aux-Coudres à partir du Cap au Diable.

Des citoyens ont proposé à la STQ de construire un nouveau quai à Cap au Diable, en face du quai de L'Isle-aux-Coudres.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Un avantage pour les insulaires

Pour les habitants de L’Isle-aux-Coudres, les avantages d’un déménagement à l’ouest seraient indéniables, rapporte le maire de l'endroit.

Patrice Desgagnés souligne que la population de l’île est vieillissante et que l’hôpital le plus près se trouve à Baie-Saint-Paul. Moi je veux protéger ma population. Si je sauve 20 minutes de transport pour une personne en ambulance, 20 minutes de transport ça peut avoir des conséquences en bout ligne.

Les travailleurs qui entrent et sortent de l’île chaque jour y gagneraient aussi, ajoute-t-il.

Le traversier de L'Isle-aux-Coudres au milieu du fleuve en direction du quai de Saint-Joseph-de-la-Rive.

Le traversier de L'Isle-aux-Coudres est le seul lien qui unit l'île à la terre ferme.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

M. Desgagnés souligne toutefois que la relation entre Saint-Joseph-de-la-Rive et son île est presque patrimoniale, il ne voudrait donc pas que la relocalisation du quai vers Baie-Saint-Paul se fasse au détriment de celle-ci.

La fin d’un village?

Perdre la traverse pourrait sonner le glas du village, craint le boulanger Claude Tremblay. Sa famille est propriétaire de la Boulangerie Laurentides située à St-Joseph-de-la-Rive depuis cinq générations.

Moi, j'ai une grosse clientèle qui vient de l'île, même mon dépanneur ici l'hiver, c'est pas gros, mais ce qui me fait rester debout c'est les gens de l'île qui arrêtent à mon dépanneur.

Claude Tremblay devant sa boulangerie au printemps.

Claude Tremblay est propriétaire de la Boulangerie Laurentides à Saint-Joseph-de-la-Rive.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Au-delà de l’avenir de son commerce, c’est la vitalité de la terre qui l’a vue naître qui l’inquiète.

L’île c’est l’aimant du tourisme, si vous enlevez l’aimant, ça ne marche plus.

Il compare la situation à celle de Petite-Rivière-St-François qui a perdu beaucoup de commerces quand la station de ski du Massif a déménagé en haut de la montagne.

L'occasion de se réinventer

Pierre Tremblay, le maire de la municipalité des Éboulements qui englobe Saint-Joseph-de-la-Rive voit les choses différemment.

Moi j'essaie d'être gagnant-gagnant là-dedans, c'est-à-dire que si ça change d'endroit : est-ce qu’il y a de l'opportunité pour la municipalité d'avoir des fonds supplémentaires ou une façon de compenser ce qu'on pourrait perdre et attirer de la clientèle.

Pierre Tremblay croit que ce serait plutôt l’occasion pour le secteur de se réinventer.

Je suis quand même optimiste parce que je sens qu'on serait capable d'aller chercher des opportunités, créer une nouvelle atmosphère, créer quelque chose de nouveau.

Des poids lourds et des voitures attendent pour embarque sur le traversier de L'Isle-aux-Coudres.

La file d'attente du traversier de L'Isle-aux-Coudres peut s'étendre jusqu'à un kilomètre en haute saison touristique.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Le problème de la circulation

Réfection ou relocalisation, il souligne que l’important sera que la STQ règle le problème de circulation créé par les utilisateurs du traversier en haute saison.

Si vous êtes dans la file d'attente, imaginez-vous que votre résidence est à 100 mètres et que vous êtes obligé de rester dans la file d'attente 20-30-40-50 minutes, ça a déjà été jusqu'à 1 h-1h 30 parce qu'on a juste deux voies.

La nouvelle gare fluviale de Sorel-Tracy vue de l'extérieur.

La nouvelle gare fluviale de Sorel-Tracy a été inaugurée en 2019 et est certifiée LEED-NC, niveau argent, du Conseil du bâtiment durable du Canada.

Photo : Courtoisie : Société des traversiers du Québec

Le plan de reconstruction comprend justement la recherche de solutions aux enjeux de cohabitation entre la traverse et les résidents. Il prévoit aussi l’aménagement d’une nouvelle gare fluviale plus moderne et conviviale à l'image de celle de Sorel-Tracy. M. Lafaut estime que les travaux coûteront plus de 100 millions de dollars.

L'étude d'opportunité s'échelonnera sur un an, c'est le conseil des ministres qui prendra la décision finale. Les nouvelles infrastructures devraient être fonctionnelles à la fin de 2026.

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