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Un pas de plus vers la cryptomonnaie à Baie-Comeau

L'intérieur d'un centre de données.

Les centres de données utilisent la technologie numérique de chaîne de blocs pour générer des revenus, ce qui consomme beaucoup d'électricité (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Félix Lebel

La Ville de Baie-Comeau souhaite augmenter sa capacité électrique de 50 mégawatts pour y favoriser l'établissement d'usines de cryptomonnaie, très énergivores. Ces usines pourraient toutefois générer plus de trois millions de dollars par année à la Municipalité.

En possédant son propre réseau de distribution électrique, Baie-Comeau tire déjà profit de la vente d’électricité aux entreprises et aux particuliers d'une partie de la ville.

C’est ce qui pousse le maire, Yves Montigny, à vouloir augmenter la capacité d’énergie de la Ville, en achetant et en agrandissant le poste électrique Georges-Henri-Gagné.

Un règlement d’emprunt de 17,4 millions de dollars a d’ailleurs été approuvé mercredi par le conseil municipal de Baie-Comeau pour réaliser ce projet.

Un poste électrique dans la neige : poteau et fils électriques.

La Ville de Baie-Comeau souhaite agrandir le poste électrique Georges-Henri-Gagné, situé sur la route 138.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Les négociations se poursuivent entre la Ville et les propriétaires du poste électrique, Hydro-Québec et la Société en commandite hydroélectrique Manicouagan (SCHM) pour en faire l’acquisition d’ici trois mois.

Une fois le poste acquis, des travaux d'agrandissement permettraient à Baie-Comeau de disposer d’environ 50 mégawatts d’énergie hydroélectrique supplémentaires.

Il est prévu que 20 mégawatts soient réservés aux besoins généraux de la ville, tandis que les 30 restants seraient consacrés aux usines de cryptomonnaies.

On souhaite aller de l’avant avec plusieurs projets. Dans un monde idéal, on aurait trois entreprises qui consommeraient 10 mégawatts chacune, mais si on a un beau projet de 30 (mégawatts), on ne le refusera pas. On se donne la marge de manœuvre pour aller vers un appel d’offres public, explique M. Montigny.

Selon le maire Montigny, cinq entreprises ont déjà fait valoir leur intérêt pour s’établir à Baie-Comeau, ce qui démontre selon lui le potentiel d’un tel secteur technologique.

Rentabilité

La rentabilité du poste Georges-Henri-Gagné est assurée, selon la Ville. Elle évalue les profits nets de la vente d’électricité aux nouvelles entreprises à environ 3 millions de dollars par année.

C’est très rapide de rentabiliser l’achat d’un poste électrique comme ça. C’est moins que six ans.

Une citation de :Yves Montigny

En ajoutant à ça les profits générés par l’électricité déjà vendue à l’entreprise GPU.one, ce sont quatre millions de dollars par année, au total, que Baie-Comeau souhaite encaisser en lien avec les usines de cryptomonnaie.

De l’électricité disponible

Dans un second règlement adopté mercredi, la Ville a établi ses tarifs pour l’électricité éventuellement vendue à ces entreprises. Ils seront identiques aux chartes de prix d’Hydro-Québec, selon le maire Montigny.

Baie-Comeau impose toutefois une restriction aux entreprises de cryptomonnaie, qui lui permettrait de réduire le niveau d’énergie disponible en cas de besoin et de le rediriger vers le reste du réseau.

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny , au quai de Baie-Comeau.

Le développement de l'industrie technologique est une occasion à ne pas manquer, selon Yves Montigny (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

De l'avis du maire, investir dans de nouveaux secteurs comme ceux des technologies s’inscrit tout à fait dans la lignée des grands chantiers industriels qui ont formé Baie-Comeau et qui permettront, selon lui, d’en assurer la pérennité.

L’histoire de Baie-Comeau est basée sur l’énergie des rivières aux Outardes et Manicouagan. L’histoire de la relance économique de Baie-Comeau sera aussi basée sur ces rivières-là, avec l'hydroélectricité, mais par le développement de nouvelles technologies numériques, conclut M. Montigny.

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