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L’Outaouais en zone rouge : des commerçants fatigués de jouer au yoyo

Une affiche indique qu'un commerce est fermé.

L'Outaouais va rebasculer en zone rouge dès le 1er avril (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les commerçants de l’Outaouais auront eu un peu plus d’un mois pour souffler, avant de se faire imposer un autre confinement. Certains restaurateurs se demandent même si ça valait le coup de reprendre les activités.

Jamais deux sans trois, soupire Joe Rego, copropriétaire du groupe Portobella, qui devra encore une fois mettre à pied les employés qui travaillent dans ses restaurants de l’Outaouais.

Après avoir lâché du lest aux commerçants de l’Outaouais, le 22 février dernier, le premier ministre du Québec François Legault a annoncé, mercredi, le retour en zone rouge pour la région dès jeudi 1er avril, à 20h.

Un homme accorde une entrevue via visioconférence, de sa voiture.

Joe Rego est copropriétaire du groupe Portobella, qui gère plusieurs restaurants en Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Ça a duré trente jours. Je me demande à quel point ça en valait la peine, se questionne le restaurateur. Il y a beaucoup de responsabilités pour nous autres. On a été obligé de tenir un registre, on ne peut pas prendre des clients qui entrent sans avoir de réservation, il faut tout faire selon les normes et on finit encore les premiers coupés. C’est un peu décevant, se désole M. Rego.

L’homme d’affaires se dit aujourd’hui fatigué de jouer au yoyo, au point de penser que les derniers assouplissements de Québec étaient une mauvaise idée.

Ailleurs, dans d’autres pays, en Europe, ils parlaient de la troisième vague et nous, on déconfinait. Il aurait peut-être fallu être patients. [...] Peut-être qu’il faudrait mettre des règlements et les garder. Un peu comme ils l'ont fait avec Montréal. Là-bas, ils sont encore en zone rouge et il y a une raison. On ne joue pas au yoyo avec le monde. Jouer au yoyo, c’est encore plus dur, dit-il.

Sylvie Pilotte, la propriétaire du restaurant Mon Café, à Gatineau, partage le même sentiment.

On n’a pas eu vraiment le loisir de rester ouverts longtemps, a-t-elle laissé tomber.

Mme Pilotte, comme plusieurs restaurateurs dans sa situation, a le moral qui s'effrite.

Une femme accorde une entrevue via visioconférence.

Sylvie Pilotte est propriétaire du restaurant Mon Café à Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Ma première réaction, c'est une mauvaise surprise, comme on peut dire. On ne s’attendait pas nécessairement à ce qu’on soit obligé de retourner en zone rouge. [...] C’est vraiment difficile moralement, financièrement et, honnêtement, on commence à être un peu à bout de souffle, partage la restauratrice.

« Ce n’est pas dans les commerces et les restaurants qu’on voit le plus d’éclosions. C’est plus dans les réunions d’amis et de famille. »

— Une citation de  Sylvie Pilotte, propriétaire du restaurant Mon Café

Dur sur le moral, estime un propriétaire de centre d’escalade

Patrick Lamothe, le co-fondateur d’Altitude Gym, un centre d’escalade dans le secteur Hull, estime que ces nouvelles mesures porteront un dur coup à son entreprise, mais aussi au moral de ses clients qui viennent s'entraîner et faire de l'activité physique.

Un homme accorde une entrevue par visioconférence

Patrick Lamothe est le co-fondateur du centre d'escalade Altitude Gym.

Photo : Radio-Canada

C’est sûr que c’est une annonce très difficile pour nous. Difficile pour des raisons financières, bien sûr. [...] Une fermeture complète, c’est assez désastreux. C’est aussi difficile de par la nature de nos opérations. Ce sont des centres familiaux, des centres d’escalade ludiques, partage l’homme d’affaires.

« C’est [difficile] de constater, depuis le début de la pandémie, l’impact [et] les dommages collatéraux qu’on voit même chez des jeunes. Des problèmes d’anxiété ont monté en flèche, de façon exponentielle. »

— Une citation de  Patrick Lamothe, co-fondateur du centre Altitude Gym

Soulagement chez les enseignants

Le premier ministre du Québec a également ordonné la fermeture de l’ensemble des écoles dans la région dès vendredi, et ce, jusqu’au 12 avril.

Le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) voit d’un bon œil la décision de fermer les classes à Gatineau, alors que les éclosions dans le milieu scolaire se sont multipliées au cours des derniers jours.

Il faut se retourner encore, une fois de plus, de bord. On modifie notre planification. Mais je pense que ça va rassurer le personnel enseignant à l’heure actuelle, parce que dans les écoles, il ne faut pas oublier, notamment au secondaire 3, 4 et 5, on a retourné l' ensemble des élèves [en classe dernièrement]. On était très très inquiets, donc c’est une bonne nouvelle, a commenté Suzanne Tremblay, présidente du SEO.

La mairesse de Chelsea aussi soulagée

Par ailleurs, la MRC des Collines-de-l’Outaouais sera aussi frappée, comme Gatineau, par des mesures de confinement plus sévères.

La nouvelle rassure la mairesse de Chelsea, Caryl Green.

Je trouve que c’est important de resserrer les mesures sanitaires, parce qu'on voit beaucoup de visiteurs dans la MRC des Collines. Les gens veulent sortir, c’est le printemps, on est tanné d’être à l’intérieur, mais il y a trop de regroupements dans les villages et dans le parc de la Gatineau, par exemple. À Chelsea aussi. Alors c’est important d’arrêter la transmission communautaire, surtout avec la présence des variants, a commenté Mme Green en entrevue à l'émission Sur le vif, mercredi en fin de journée.

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