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Les secrets de la gagnante du concours scientifique Breakthrough Junior Challenge

L'adolescente a gagné 500 000 $ grâce à une vidéo sur l'effet tunnel quantique.

Maryam Tsegaye à Fort McMurray.

Maryam Tsegaye a remporté le Breakthrough Junior Challenge le 3 décembre. Cette année là, le concours avait attiré 5 600 participants de 124 pays.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

En décembre, Maryam Tsegaye a remporté 500 000 $ lors d'une compétition mondiale de vidéos scientifiques, Breakthrough Junior Challenge. La francophone de Fort McMurray, en Alberta, nous dévoile en un mot le secret de cette réussite : curiosité.

Un vendredi de décembre, la direction de son école a demandé à l'adolescente de venir dans un local de classe pour participer à une vidéo éducative. Je suis tellement naïve, je ne comprenais pas ce qui se passait, se rappelle Maryam Tsegaye.

Assise, l’Albertaine comprend vite la véritable raison de sa venue lorsque sur le mur apparaissent Sal Khan, fondateur de la plateforme Khan Academy, et Scott Kelly, astronaute de la NASA. En direct par vidéoconférence, ils lui annoncent qu’elle a gagné le concours Breakthrough Junior Challenge.

Stupéfaite, la francophone de 17 ans regarde autour d’elle avec des grands yeux qui ne tardent pas à verser des larmes. Pourtant, en général, je ne pleure pas beaucoup, avoue-t-elle.

Expliquer un phénomène quantique

La francophone de Fort McMurray a gagné ce concours grâce à une vidéo drôle et pédagogique (Nouvelle fenêtre) dans laquelle elle explique, en trois minutes, un phénomène de physique quantique : l'effet tunnel quantique, ou comment des électrons peuvent traverser des barrières.

C’est partout dans la nature et dans notre ADN, dit la scientifique en herbe. On le retrouve également dans des appareils utilisés dans notre quotidien : la mémoire flash d'un téléphone intelligent ou celle d'une clé USB.

La jeune Maryam Tsegaye de Fort McMurray, gagnante d'une bourse scientifique.

Ce concept complexe, elle ne l'a pourtant découvert que deux semaines avant le concours, mais l'adolescente aime comprendre en profondeur ce qu’elle ne connaît pas.

Tout le monde pense que c’est difficile, les sciences, et qu’il ne faut pas essayer, dit-elle. Je voulais prouver que ce n’était pas le cas, et que les sciences ne sont pas que pour les élites ou les intellectuels.

La curiosité, mère de toutes les réussites

La recette de son succès, selon elle, tient en un point : développer sa curiosité dès le plus jeune âge.

N’importe quel enfant va demander pourquoi ça fait ceci, pourquoi je vois cela, pourquoi ça fonctionne comme ça. Des parents vont répondre : ''Ne pense pas à ça" ou ''T’es trop jeune pour ça''. Moi, j’ai été chanceuse. Quand je demandais pourquoi, mes parents voulaient m’aider.

Pour Maryam Tsegaye, la curiosité rend la vie intéressante. Elle est en chacun de nous, et il faut simplement l’encourager et y répondre.

Son père Moges Gebreleoul, ingénieur civil pour la Ville de Fort McMurray, est fier de son aînée, mais pas si étonné de son succès. Elle a toujours été de nature curieuse. Je l'ai toujours poussée à se poser des questions et à aller chercher les réponses dans les livres, à la bibliothèque ou sur Internet. Elle a appris l'alphabet à trois ans, elle a toujours été très active et concentrée. J'étais pareil quand j'étais petit, dit le père.

Moges Gebreleoul à Fort McMurray.

Moges Gebreleoul sentait que sa fille avant de bonnes chances de remporter le concours.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Aimer l'école

L’atmosphère scolaire a aussi joué un rôle déterminant dans la réussite de l’adolescente. Mon enseignante de biologie et de mathématiques a créé un environnement accueillant dans la classe. Tout le monde est encouragé à poser des questions et on discute ensuite des réponses, explique Maryam Tsegaye.

Les parents doivent transmettre une attitude positive envers l’enseignement, selon son père. Elle aime son école et ses professeurs. Elle les voit comme une famille.

Grâce au concours et à cette bourse reçue, Maryam Tsegaye n’a plus besoin de prêt étudiant pour aller dans l'une des universités de ses rêves.

C’est un soulagement pour toute la famille, avoue Moges Gebreleoul qui savait que ses économies n’auraient pas suffi à financer toute l’éducation postsecondaire de sa fille.

La jeune Albertaine souhaite faire une carrière dans la communication des sciences et la recherche pour changer l’impression du public et rendre les sciences plus cool. Une des plus prestigieuses universités américaines vient de l'accepter dans son programme de physique.

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