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Techniciens vétérinaires : le seul programme collégial franco-ontarien perd son agrément

Un chat reçoit les soins d'un vétérinaire et d'un toiletteur.

Le programme de techniques de soins vétérinaires du Collège Boréal a récemment perdu son agrément auprès de l'Association des techniciens vétérinaires de l'Ontario.

Photo : Shutterstock / Denys Kurbatov

Des étudiants finissants en soins vétérinaires au Collège Boréal sont désemparés après la suspension soudaine de l’agrément de leur programme — le seul offert en français en Ontario. Ils craignent que la mesure ne complique leur recherche d’emploi ou même de devoir reprendre une partie de leurs études dans un autre établissement.

Jusqu’à tout récemment, le Collège Boréal était l’un des neuf collèges ontariens dont les programmes de techniques de soins vétérinaires étaient agréés par l’Association des techniciens vétérinaires de l’Ontario (OAVT).

Selon le directeur des communications du Collège Boréal, Marc Despatie, l’Association a fourni un rapport à l’établissement le 18 mars, dans lequel elle expliquait les raisons du retrait de l’agrément de son programme offert à la fois à Sudbury et à Ottawa.

Ça nous a étonnés parce qu’il n’y avait rien dans les rencontres et les dialogues fréquents qu’on a eus avec eux qui laissaient entendre qu’on allait prendre cette décision-là.

Une citation de :Marc Despatie, directeur des communications, de la planification stratégique et des relations gouvernementales du Collège Boréal

M. Despatie indique que l’OAVT reproche au Collège Boréal le faible pourcentage d’étudiants — 30 % — qui se soumettent à l’examen de certification administré par l’American Association of Veterinary State Boards ainsi que la difficulté à faire des suivis ou à tirer des conclusions à partir des sondages effectués au sein du programme en raison de la petite taille du collège.

Un homme qui porte un chapeau.

Marc Despatie est le directeur des communications du Collège Boréal.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

L’OAVT déplore également l’absence d’un chenil sur place à Ottawa et le manque d’interaction directe des étudiants avec de gros animaux, qui est lié, selon M. Despatie, aux restrictions imposées en raison de la COVID-19.

Nous sommes en train d’étudier le rapport pour voir quelles améliorations on a à apporter et pour voir aussi s’il y a nécessité pour le Collège de lancer un appel de cette décision, souligne M. Despatie.

Le Collège Boréal a d’ailleurs embauché une experte pour l’épauler dans le processus et l’aider à répondre à tous les besoins et les questions techniques que l’OAVT aura.

Pour passer l’examen de certification, les étudiants ontariens doivent avoir suivi leurs études dans un établissement agréé par l’OAVT. Mais en Ontario, les techniciens vétérinaires peuvent exercer leur métier même sans certification, sauf si leur employeur y tient absolument.

Des étudiants finissants découragés

Marc Despatie n’est toutefois pas en mesure de garantir que l’agrément du Collège Boréal sera restauré avant la fin de l’année scolaire, dans à peine un mois.

On y travaille très fort et on va faire tout notre possible pour régler les défis, mais la décision revient à l’OAVT et pas au Collège Boréal. [...] On accepte tout à fait notre responsabilité, mais je ne peux pas vous dire qu’on va régler le problème d’ici un mois ou d’ici un jour. Ce n’est pas notre décision à prendre , répond-il à Radio-Canada.

La déclaration ne calme nullement les grandes inquiétudes des étudiants finissants comme Sydney Guindon qui se dit très découragée.

On a passé deux années à travailler super fort, avoir de bonnes notes, toutes ces choses, et là trois semaines avant qu’on termine, on nous enlève l’agrément, relate-t-elle.

Il y a des gens qui se sentent comme si toutes les deux années, c’était pour rien. Ce qu’on nous a promis à la fin de nos études s’est fait enlever.

Une citation de :Sydney Guindon, étudiante finissante du programme de techniques de soins vétérinaires au Collège Boréal
Façade en automne du campus du Collège Boréal de Sudbury.

Le Collège Boréal offre son programme de techniques de soins vétérinaires à son campus de Sudbury et également à Ottawa, au campus de l'Université St-Paul.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Elle dit vouloir absolument être en mesure de passer son examen de certification afin de ne pas s’enlever beaucoup de choix pour la recherche d’emploi parce que plusieurs cliniques [vétérinaires] n’aiment pas embaucher des techniciens qui ne sont pas autorisés.

Elle se demande si elle devrait simplement attendre de voir si l’agrément de son programme sera rétabli ou si elle devrait déjà entreprendre des démarches pour reprendre une partie de sa dernière année à un autre établissement.

Elle dit redouter la deuxième option parce qu’elle serait obligée d’étudier dans un collège anglais, ce qui apporterait un peu de difficultés pour elle et plusieurs de ses camarades qui ont jusqu’ici fait toutes leurs études en français.

Même son de cloche pour Keyana Perron, également finissante du programme de techniques de soins vétérinaires, et qui dit avoir choisi le Collège Boréal en partie pour pouvoir inscrire dans son CV qu'elle a fait ses études en français.

C'est pour que les employeurs sachent que je vais être capable d'aider les clients en français. Je sais que ce n'est pas tout le monde qui parle anglais, donc c'est bon d'avoir un travailleur [francophone] dans une clinique, note-t-elle.

Pour elle, l’option de reprendre directement une partie de ses études ailleurs est tout simplement écartée si l’agrément n’était pas restauré assez rapidement.

Ça va être difficile, je vais probablement prendre une pause d’un an pour économiser de l’argent parce que je n’ai pas d’argent [...] tout de suite, surtout si c’est en dehors de la ville parce que je ne pourrais pas vivre avec mes parents.

Une citation de :Keyana Perron, étudiante finissante du programme de techniques de soins vétérinaires au Collège Boréal

Bien qu’elle sache que certains employeurs n’exigent pas la réussite de l’examen de certification de la part des techniciens vétérinaires qu’ils embauchent, Keyana Perron dit vouloir avoir quelque chose de différent des autres pour se distinguer sur le marché de l’emploi.

C’est déjà difficile juste d’avoir un stage à cause de la COVID-19, donc ça va être difficile d’avoir un emploi aussi, estime-t-elle.

L’OAVT n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Le programme de techniques de soins vétérinaires du Collège Boréal compte 75 étudiants, dont 38 finissants cette année, et 230 diplômés depuis 2012.

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