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Joe Biden réussira-t-il à transformer l’économie américaine?

Le président américain propose à la fois d’investir dans les infrastructures et de lutter contre les changements climatiques. Son immense projet risque d'affronter de l’opposition au Congrès.

Le président américain Joe Biden à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

À Pittsburgh, le président américain Joe Biden a annoncé un plan de 2000 milliards de dollars en infrastructures.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

« Il n’y a pas eu de plan robuste en infrastructure depuis très longtemps », se réjouit l’élu démocrate Rich Fitzgerald, responsable du comté d'Allegheny, en Pennsylvanie, où se trouve la ville de Pittsburgh.

C’est cette ville du sud-ouest de l'État que le président Biden a choisie pour dévoiler son ambitieux plan de 2000 milliards de dollars américains pour investir massivement dans les routes, les ponts et le transport en commun, notamment.

Le choix n’a rien d’anodin. Ancienne capitale de l’acier, Pittsburgh s’est transformée en un centre de recherche et d’innovation au cours des dernières décennies.

Le président Biden peut-il reproduire ce type de changement à l’échelle des États-Unis? C’est ce que laisse entrevoir le plan présenté mercredi, qui sera éventuellement soumis au Congrès.

Pour une période de huit ans, l’administration prévoit par exemple investir 180 milliards de dollars en recherche et développement pour trouver des manières de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les nombreuses mesures annoncées, Washington prévoit aussi l’investissement de milliards de dollars dans le développement d’un réseau de centaines de milliers de bornes pour les voitures électriques, dans l’installation de lignes de transmission et dans la restauration de mines de charbon et de puits de pétrole abandonnés.

La ville de Pittsburgh, en Pennsylvanie.

La ville de Pittsburgh, en Pennsylvanie, a été choisie par le président Joe Biden pour annoncer son plan en infrastructures.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Le plan de l’administration prévoit aussi la fin des avantages fiscaux pour les entreprises travaillant dans le secteur des énergies fossiles.

C'est gros, c'est audacieux et nous pouvons le faire.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

Le diable est dans les détails. C’est bien de dire qu’on va investir 2000 milliards de dollars dans les infrastructures, mais il faut se demander comment ça va se concrétiser et comment cela sera mis en application, lance Jeff Nobers, directeur exécutif de la guilde des constructeurs de l’ouest de la Pennsylvanie.

Il souhaite s’assurer que les travailleurs qu’il représente, dont plusieurs ont des emplois liés au secteur énergétique, ne sont pas laissés pour compte dans la transition proposée par l'administration.

Beaucoup de familles et de travailleurs syndiqués se sont sentis délaissés par le Parti démocrate, lance Jeff Nobers, qui explique que les attentes de ses membres sont grandes à l’endroit d'un président qui se présente en allié des travailleurs.

Assurer l’unité de la coalition démocrate

Selon le professeur adjoint au Département de sciences politiques de l’Université de Pittsburgh Michaël Aklin, en proposant d’encadrer la transition climatique et d’accompagner des travailleurs du secteur énergétique, le président Biden tente justement de satisfaire à la fois les militants environnementaux et les syndicats, deux groupes cruciaux de sa coalition électorale.

Le public, pour ce plan, ce sont davantage les différents intérêts à l’intérieur du parti démocrate et trouver un moyen d’aller de l’avant en gardant ces alliances, alors qu’on voit que dans d’autres pays, ces alliances ont éclaté.

Une citation de :Michaël Aklin, professeur adjoint au département de sciences politiques de l’Université de Pittsburgh

Déjà, mercredi, le caucus progressiste du Parti démocrate au Congrès demandait au président d’être encore plus ambitieux.

Des véhicules électriques dans l'État américain du Michigan.

L'administration Biden promet la création d'un réseau de centaines de milliers de bornes pour les véhicules électriques partout aux États-Unis.

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Bien que la proposition du président Biden soit une première étape qui est bienvenue, plus de gestes doivent être posés pour améliorer ce plan initial et faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés, écrivait dans un communiqué la représentante Pramila Jayapal.

Chose certaine, s’il souhaite l’adoption de cet ambitieux plan, le président Biden devra maintenir l’unité au sein des rangs de son parti. Le plan d’aide et de relance économique, promulgué le 11 mars, a après tout été adopté de justesse au Sénat, compte tenu de l’opposition de l’ensemble des élus républicains.

Ce scénario d’un front commun de l’opposition pourrait bien se reproduire avec le plan d’infrastructures proposé par le président Biden. Des élus républicains ont déjà critiqué la hausse d’impôt pour les entreprises que propose l’administration pour financer les différents projets évoqués.

Dans ce contexte, le professeur de sciences politiques Michaël Aklin juge que l’administration a une période relativement limitée pour s’assurer que ses priorités se transposent en législations sur lesquelles le président apposera sa signature.

Dans deux ans, on aura un renouvellement partiel du Congrès, et qui sait si une majorité sera encore là en faveur de l’administration Biden? explique-t-il.

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