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De footballeur du Rouge et Or à joueur de rugby professionnel

Marc-Antoine Ouellet sur le terrain en uniforme lors d'un match

Marc-Antoine Ouellet à l'époque où il évoluait sur la ligne défensive du Rouge et Or.

Photo : Nathalie Martin

Quatre ans et demi après avoir mis fin à sa carrière de footballeur avec le Rouge et Or, Marc-Antoine Ouellet s’apprête à faire ses débuts professionnels… au rugby. Premier Québécois francophone à signer un contrat dans la Ligue majeure de rugby (MLR), le colosse de Québec vit une ascension météorique dans son nouveau sport.

Ça fait quatre ans que j’ai commencé le rugby et voilà que je vais être payé et que je vais voyager partout aux États-Unis pour pratiquer mon sport. C’est sûr que ça va vite, mais c’est très excitant, lance l’étudiant en génie mécanique de l’Université Laval.

C’est justement en raison de ses études que l’athlète de 25 ans avait décidé d’accrocher prématurément ses épaulettes après la conquête de la Coupe Vanier avec le Rouge et Or, en novembre 2016.

Un an plus tard, toutefois, l’ancien joueur de ligne défensive commençait à sérieusement s’ennuyer du terrain.

Les ailes de poulet du destin

Je suis allé rejoindre un de mes amis dans un bar un mercredi soir pour manger des ailes de poulet. Il y a un gars qui était là qui sortait d’une pratique de rugby. Moi, ne jouant plus au football, je lui ai demandé où il jouait, raconte Marc-Antoine Ouellet.

C’est comme cela qu’il a appris l’existence d’un club de rugby non officiel à l’Université Laval, les Ulérions. Il s’est dit qu’il n’avait rien à perdre à essayer ce sport dont il ne connaissait pratiquement rien. Au début, je voulais juste m’amuser avec mes amis, lance-t-il.

Marc-Antoine Ouellet dans l'uniforme d'Équipe Québec

Marc-Antoine Ouellet dans l'uniforme d'Équipe Québec

Photo : Radio-Canada / Tristan Plourde

Mais il a rapidement eu un coup de foudre. Je vais emprunter une expression de hockey, mais le rugby, c’est un sport de gens qui travaillent fort dans les coins. Il faut que tu aimes te salir les mains. Si tu te donnes et que tu as du coeur, tu vas être bon.

François Vachon-Marceau se souvient bien de ce jour où il a vu débarquer l’armoire à glace de 1m85 (6’1’’) et 118 kg (260 livres). On s’est dit que s' il apprenait à utiliser son gabarit, il allait se faire plaisir et l’on préférait l’avoir de notre côté, relate l’entraîneur des Ulérions, qui était joueur à l’époque.

Une ascension exceptionnelle

La suite est difficile à croire. Dès sa première saison, en 2018, Ouellet a percé l’alignement d’Équipe Québec. La suivante, l’équipe de développement canadienne, le Pride du Pacific, l’a invité à joindre ses rangs en Colombie-Britannique. En novembre dernier, on l’a invité au camp de l’équipe nationale de rugby sénior.

Quelques semaines plus tard, il signait son premier contrat professionnel avec les Arrows de Toronto dans le circuit de rugby le plus relevé en Amérique du Nord.

Marc-Antoine Ouellet saute pour bloquer une passe lors d'un match du Rouge et Or

Ayant joué au football toute sa vie, Marc-Antoine Ouellet (#34) ne redoutait pas l'aspect physique du rugby.

Photo : Yan Doublet

Si le gabarit de Marc-Antoine Ouellet et son expérience au football jouaient en sa faveur, son ascension au rugby demeure exceptionnelle, explique François Vachon-Marceau.

Côté cardio, c’est un peu plus intense que le football. C’est aussi beaucoup de manipulation de ballon, ce qui est complètement différent pour un gars qui jouait sur la ligne défensive. Puis, c’est beaucoup de lectures et de prises de décision rapides. Beaucoup d’adaptation.

Les Mondiaux dans la mire

Au début, mes habiletés avec le ballon dans les mains, c’était plus difficile. En pratiquant, je suis devenu moins pire, approuve en souriant Marc-Antoine Ouellet.

Il ne cache pas qu’il piaffe d’impatience à l’idée de terminer sa session universitaire, fin avril, pour ensuite aller rejoindre ses coéquipiers des Arrows dont la saison vient tout juste de commencer. Pandémie oblige, l'équipe est basée à Atlanta jusqu’à nouvel ordre.

Je veux m’amuser le plus possible, mais aussi exceller dans ce que je fais. Je ne vais pas là pour porter un gilet. Je veux faire ma place et laisser ma marque, étant le premier Québécois francophone à jouer dans cette ligue-là.

Son parcours pourrait ouvrir des portes aux Québécois dans la MLR, mais aussi avec l’équipe nationale. J’y vais une étape à la fois, mais mon but est de participer à la Coupe du Monde en 2023, annonce le footballeur converti.

Avec les informations de Jean-Philippe Martin

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