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Le 5 avril 1971, Gentilly-1 alimentait le réseau électrique du Québec

Vue de la centrale nucléaire de Gentilly-1.

La centrale nucléaire de Gentilly-1 a fonctionné de 1970 à 1981.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 50 ans, la centrale nucléaire de Gentilly-1 alimente pour la toute première fois en électricité le réseau d’Hydro-Québec. Ce qui semble annoncer le début d’une présence de plus en plus importante de l’électronucléaire dans la production énergétique québécoise se révélera au fil des ans à la fois impossible et inutile.

L’électronucléaire nécessaire pour les besoins du Québec

La centrale nucléaire de Gentilly est la troisième du genre au Canada. Les essais qui ont commencé hier se poursuivront au cours des prochaines semaines. Désormais, Hydro-Québec disposera d’une centrale nucléaire pour assurer aux Québécois leur confort.

Une citation de :Paul Racine, journaliste
Vue de Gentilly-1

Le 13 novembre 1970, l'animatrice Géralde Lachance et le journaliste Paul Racine soulignent à l’émission radiophonique De tous les points du monde l’inauguration de la centrale nucléaire de Gentilly-1, située près de Trois-Rivières, dans le comté de Nicolet.

Les essais dont parle Paul Racine aboutiront à une première contribution de la centrale nucléaire au réseau d’Hydro-Québec le 5 avril 1971. La société d’État accueille avec joie la nouvelle.

Le 60, 5 février 1974

Pour sa part, l’extrait du reportage du journaliste René Mailhot, diffusé à l’émission Le 60 le 5 février 1974, explique l’enthousiasme d’Hydro-Québec.

Les experts anticipaient une croissance de la consommation d’électricité au Québec de 7,75 % annuellement jusqu’au début du XXIe siècle.

Or, la production hydraulique ne suffirait pas à elle seule à combler la demande en électricité.

Hydro-Québec croyait nécessaire d’utiliser l’électronucléaire, qui pourrait représenter à terme la moitié de l’énergie produite pour son réseau.

Gentilly-1 devait constituer la première pièce dans l’élaboration d’une stratégie nucléaire pour la société d’État. Quatre centrales nucléaires devaient être construites pour 1990.

Le gouvernement du premier ministre Jean Lesage approuve en 1965 la création de Gentilly-1.

Cependant, la centrale nucléaire, une fois entrée en service, se révélera une grosse déception.

Défaillances techniques et mise au rencart de l'option nucléaire

Énergie atomique du Canada a l’intention d’arrêter la centrale nucléaire de Gentilly-1 en août [1979]. La centrale ne répondrait plus aux normes de sécurité de la commission fédérale de contrôle de l’énergie atomique.

Une citation de :Normand Harvey, 6 juillet 1979

Téléjournal, 6 juillet 1979

C’est par ces phrases que Normand Harvey, animateur du Téléjournal, confirme les multiples défaillances dont souffre Gentilly-1.

Le compte rendu qui suit, du journaliste Daniel Bordeleau, précise le problème qui inquiète alors Énergie atomique du Canada.

Ce sont les systèmes de refroidissement primaire et d’urgence du réacteur qui sont en cause.

Les rendre sécuritaires nécessiterait plusieurs modifications en profondeur fort coûteuses.

Un renouvellement du permis d’opération est improbable, selon un haut dirigeant de la commission de contrôle fédérale. On refuse de dire si les modifications seront effectuées.

La fermeture définitive de Gentilly-1 serait possible, soutient le journaliste.

Dès son ouverture, Gentilly-1 a éprouvé de nombreuses défectuosités techniques.

Durant ses 10 années d’opération, de 1971 à 1981, le réacteur de Gentilly-1 n’aura fonctionné que 184 jours.

Aux multiples défaillances techniques s’ajoute la difficulté d’approvisionnement en matières premières, qui empêche Gentilly-1 de fonctionner pendant de longues périodes.

Enfin, le gouvernement du Québec, dirigé par le Parti québécois, décide de remiser l’option nucléaire.

Téléjournal, 15 novembre 1977

Comme le rappelle, le 15 novembre 1977, l’animateur du Téléjournal Normand Harvey, un moratoire sur l’énergie nucléaire est adopté par le gouvernement de René Lévesque.

Le ministre délégué à l’Énergie du Québec, Guy Joron, explique les raisons de l’imposition de ce moratoire.

Il n’est pas évident que le Québec aura besoin de l’électronucléaire en 2000. On doit favoriser le développement du potentiel maximal de l’hydro-électricité.

Il faut par ailleurs mettre en place des mesures d’économie d’énergie et voir comment pénétreront les nouvelles énergies dans le marché québécois.

Dans ce contexte, seule la construction de Gentilly-2, déjà commencée, se poursuivra.

En 1981, le moratoire est reconduit jusqu’en 1985.

Tous ces facteurs contribuent à ce que Gentilly-1 soit définitivement fermée en 1981.

Quant à la centrale nucléaire de Gentilly-2, le gouvernement de la première ministre Pauline Marois décidera de la fermer en septembre 2012.

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