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L’USB mène une étude sur le départ des nouveaux arrivants pour d’autres provinces

Faïçal Zellama, Université de Saint-Boniface

Selon le directeur de l’École d’administration des affaires de l'Université de Saint-Boniface, Faïçal Zellama, les universités de la province attirent les étudiants étrangers, mais ne parviennent pas à les faire rester dans la province après leurs études (archives).

Photo : Vincent Rességuier

Alexia Bille

Une étude menée à l’Université de Saint-Boniface (USB) vise à comprendre pourquoi de nombreux immigrants qui arrivent au Manitoba quittent la province pour s’établir ailleurs au Canada.

L’étude financée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) se terminera bientôt, après trois ans de recherche.

Chaque année, ils sont environ 5000 nouveaux arrivants à changer de province sur les 15 000 personnes qui immigrent au Manitoba, selon le directeur de l’École d’administration des affaires de l'Université de Saint-Boniface de l'USB, Faiçal Zellama.

M. Zellama a interrogé une quinzaine d’entre eux afin de comprendre les raisons de leur départ : Ils arrivent ici et cherchent à s’établir avec un emploi, un logement, etc.

Mais, une fois au Manitoba, ils se retrouvent face à de multiples barrières sur le plan de leur intégration.

On pense souvent à l’intégration sur le marché du travail, mais il y a aussi une intégration sur le plan linguistique, culturel et économique qui doit se faire, ainsi qu’en matière de bien-être, d’éducation et de santé, a dit M. Zellama à l’émission Le 6 à 9.

Un an et demi de recherche d'emploi

Germain Malumalu, originaire de la République démocratique du Congo (RDC), est arrivé à Winnipeg en 2015. Mon expérience à moi n’a pas été très rose s’agissant de la recherche d’emploi au Manitoba. C’est en partie dû à la lourdeur bureaucratique ici.

M. Malumalu a pourtant terminé cinq années d’études en éducation dans son pays d’origine. Ce père de cinq enfants est également titulaire d’un baccalauréat en traduction de l’USB.

Il a dû quitter la province après avoir cherché du travail en vain pendant un an et demi. Une fois installé à Ottawa en 2020, il a trouvé un emploi en seulement un mois.

Pour certains immigrants, la difficulté de trouver du travail s'explique par leur manque de connaissance de l’anglais dans un milieu francophone minoritaire. Le français n’est pas une langue de travail ici, a expliqué Faiçal Zellama.

Le fait de ne pas parler anglais peut également les empêcher de créer des liens sociaux. Il y a des gens qui ont trouvé un emploi, mais qui ne se sentent pas intégrés, a dit M. Zellama.

Ces barrières culturelles sont de la responsabilité de tous les acteurs. La communauté d’accueil, les associations qui représentent leurs communautés d’origine, mais surtout la politique publique.

Une citation de :Faiçal Zellama, directeur de l’École d’administration des affaires de l'Université de Saint-Boniface de l'USB

Le manque de coordination gêne l'intégration

À son arrivée, Germain Malumalu s’est adressé à l’organisme provincial Manitoba Start, qui offre des services en anglais. Il n’avait pas connaissance de l’existence de l’Accueil francophone.

La directrice de cet organisme, Bintou Sacko, reconnaît que cette situation peut être due au manque de visibilité de l’organisme sur les médias sociaux.

Les nouveaux arrivants ont tendance à aller vers des structures qui sont plus grandes et qui ont une plus grande capacité à faire de la promotion, ajoute Mme Sacko.

Elle affirme cependant que la situation a évolué et que l’objectif est désormais de travailler en collaboration avec Manitoba Start et les autres organismes pour coordonner l’intégration des nouveaux arrivants.

Faiçal Zellama a cité le manque de coordination comme étant une des raisons qui pourraient empêcher l'intégration et, donc, le départ de ces personnes.

Je n’ai pas de doute qu’il y a une volonté de bien faire de la part du gouvernement, mais il faut canaliser les efforts, se coordonner et mettre en place un plan d’action qui vise non seulement l’attraction, mais aussi la rétention des nouveaux immigrés, a ajouté M. Zellama.

L’étude de trois ans lui permettra de proposer à IRCC une liste de recommandations et de propositions concrètes pour parvenir à donner envie aux nouveaux Manitobains de rester dans la province.

Il faut savoir vendre nos régions! Mais le Manitoba n’est pas la seule province qui a ce problème de rétention. On constate le phénomène au Nouveau-Brunswick, a-t-il conclu.

Employabilité : donner la chance aux immigrants

Avec les informations de l’émission Le 6 à 9 et de Zoé Le Gallic-Massie

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