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« Comme si c'était la première fois » : les humoristes renouent avec le rire du public

L'humoriste parle dans un micro sur scène.

L'humoriste Pierre-Yves Roy-Desmarais, sur scène au Lion d'Or, à Montréal, le 26 mars 2021

Photo : Michel Grenier

Dominic D. Matthews

Prémisse, punch, rire. En humour, la réaction du public est un ingrédient primordial qui rythme les numéros. Retrouver les spectateurs et spectatrices est comme une bénédiction pour les artistes du milieu qui ont la chance de remonter sur scène, malgré les inquiétudes que suscite la troisième vague de COVID-19.

Le public avait hâte de revoir ses humoristes, et l’accueil est exceptionnel, constate Pierre-Yves Roy-Desmarais, pour qui les dates de spectacle ne cessent de s’accumuler depuis la réouverture des salles en zone orange, puis rouge.

Cette année, sa carrière a connu un bond fulgurant grâce, entre autres, à ses chansons filmées publiées sur les réseaux sociaux. L'humoriste est d’ailleurs passé de 15 000 à près de 136 000 personnes abonnées à son compte sur Facebook en un an. Il en mesure maintenant l’effet alors que les billets pour le voir en personne s’envolent.

J’imagine qu’on va finir par s’habituer, mais pour l’instant, il y a un peu un sentiment de nouveauté, comme si c’était la première fois de notre vie qu’on allait voir un spectacle.

Une citation de :Pierre-Yves Roy-Desmarais

Lors d’une représentation donnée récemment, cette énergie lui a fait oublier la distanciation et les masques imposés en salle. Ça paraissait pas que c’était 250 personnes [...]. Les gens étaient tellement contents d’être là. Il n’y a personne qui y était parce qu’on l’avait traîné là.

Faut que tu braves une pandémie, que tu te rendes sur place, que tu portes un masque pendant deux heures [...]. Ça fait que les gens sont là à 110 % et ça fait de maudites belles soirées.

Retrouver le côté intensément humain du monologue

Il y avait une grande fébrilité, a également constaté Korine Côté, qui présentait récemment devant public son spectacle Gros plan. Un retour sur les planches, mais également une première sortie en plusieurs pour nombre de membres de l’assistance.

Korine Côté parle, assise sur un siège sur un plateau de télévision.

L'humoriste Korine Côté

Photo :  La production est encore jeune inc.

Korine Côté était impatiente de renouer avec le côté intensément humain du monologue sur scène, ce tête-à-tête intime avec le public.

Être humoriste, c’est aussi une job, c’est juste que tu la fais devant bien du monde. Alors quand il te manque ces gens-là, qui te nourrissent et qui approuvent tes blagues [avec leurs rires], [...] il manque ce côté humain.

Une citation de :Korine Côté

Elle constate également que la demande est forte. Il y a des endroits où je dois faire deux shows de suite. [La salle] a vendu tous les billets et là je reste deux soirs pour être capable de jouer devant le plus de monde possible.

Avec humour, Korine Côté raconte que son corps doit aussi se réadapter aux exigences de la scène. Je me suis rendu compte que j’étais essoufflée, fatiguée, plutôt, parce que je ne suis plus habituée de parler pendant 1 h 30. [...] J’ai plus autant d’abdos, c’est niaiseux, mais faut forcer des abdos pour parler. Ça va revenir.

Un peu moins glamour, la tournée en pandémie

Avant la pandémie, les humoristes avaient l’habitude de rencontrer le public et souvent d’aller manger et festoyer avec leur équipe après les spectacles. On oublie ça ces temps-ci.

On arrive à la salle, le moins de gens possible [dans l’équipe], pas trop à l’avance, on fait le spectacle et après ça c’est "allez-vous-en", décrit Pierre-Yves Roy-Desmarais.

À la fin des spectacles, en raison du couvre-feu, presque tout est fermé, alors les options pour se sustenter sont limitées pour ces humoristes détenant une attestation de travailleuse ou travailleur essentiel.

Récemment, on s’est acheté de la bouffe dans le congélateur d’un dépanneur, et on est tous partis chacun dans notre chambre [d’hôtel] réchauffer ça dans le micro-ondes. C’est un peu moins glam en ce moment, raconte Pierre-Yves Roy-Desmarais en rigolant.

Ce sont de très petits sacrifices auxquels les artistes sont volontiers prêts et prêtes à consentir pour le bonheur de retrouver la chaleur humaine en salle.

La troisième vague de COVID-19 fait toutefois planer un nuage noir au-dessus de la timide relance des arts vivants au Québec.

Je suis toujours prête à me faire enlever [les spectacles], avoue Korine Côté. J’aime mieux ne pas avoir d’attentes.

J’espère, évidemment, que ça ne fermera pas, explique Pierre-Yves Roy Desmarais, mais après avoir dû annuler et reporter des spectacles sans arrêt durant des mois, il ne s’attache pas trop.

Alors pendant que c’est encore possible, les deux humoristes continuent de s’abreuver à ce qui est à la source de leur art : les rires de vraies personnes.

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