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« Il y a zéro conflit d’intérêts », martèle le ministre Pierre Fitzgibbon

Gros plan du ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon.

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Sous le feu nourri de l’opposition qui réclame sa démission en raison de nouvelles allégations de violation des règles d’éthique parlementaires concernant ses avoirs dans le fonds White Star, le ministre de l'Économie du Québec, Pierre Fitzgibbon, rejette l'existence de tout conflit d'intérêts.

Réagissant aux informations du Journal de Montréal voulant qu’il ait rencontré en janvier 2019 en compagnie du premier ministre François Legault l’un des fondateurs de White Star, Éric Martineau-Fortin, Pierre Fitzgibbon affirme qu’à aucun moment il n’a eu de rencontre avec le fonds White Star dans le cadre de ses fonctions de ministre.

Aux journalistes qui le questionnaient sur la publication par le Journal de Montréal d’une photo le montrant en compagnie de M. Legault et d’Éric Martineau-Fortin, Pierre Fitzgibbon a tenu à s’expliquer.

Selon lui, le cliché a été pris à Paris lors d’un dîner où il devait rencontrer Patricia Barbizet, une personnalité économique influente en France, et ses collaborateurs, dont M. Martineau-Fortin. Ayant rencontré le premier ministre Legault et son épouse sur les lieux par hasard, ils auraient décidé d’immortaliser le moment en prenant une photographie ensemble. Le tout n’aurait duré que trois ou quatre minutes, assure Pierre Fitzgibbon.

Je n’ai jamais eu de discussion avec White Star depuis que je suis en poste comme ministre.

Une citation de :Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie du Québec

Le ministre de l’Économie, dont les avoirs personnels ont été au coeur de quatre enquêtes de la commissaire à l'éthique et de deux blâmes de l’Assemblée nationale ces quatre dernières années, estime par ailleurs qu’il y a zéro conflit d’intérêts, qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il n’a pas l’intention de quitter le Conseil des ministres.

Or, selon le Journal de Montréal, deux dirigeants du fonds White Star sont inscrits au registre des lobbyistes afin d’obtenir une participation financière d’Investissement Québec, dont est responsable Pierre Fitzgibbon.

Selon le ministre, les fonds personnels qu’il détient dans White Star ont été investis en 2014, bien avant qu’il devienne ministre. Le fonds était par ailleurs déjà fermé et mis en liquidation lorsqu’il est arrivé en politique, a-t-il ajouté. Il est donc clair pour lui qu’il ne peut y avoir eu de conflit d’intérêts.

Le fonds dans lequel j’ai investi, c’est un fonds de 2014 qui est fermé depuis que je suis arrivé en politique.

Une citation de :Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie du Québec

Pourtant, Pierre Fitzgibbon a refusé à plusieurs reprises de se départir de ces placements dans White Star malgré les enquêtes et demandes répétées de la commissaire à l’éthique, Ariane Mignolet, selon qui il ne peut détenir de participation dans des entreprises non cotées en bourse qui font affaire avec le gouvernement.

En ce qui a trait à la présence de White Star au registre des lobbyistes, Pierre Fitzgibbon rappelle que la Banque du Canada, la Caisse de dépôt et placement et Investissement Québec, entre autres, sont partenaires de ce fonds depuis de nombreuses années. Comme le fonds dans lequel il a placé de l’argent est fermé depuis des années, il ne voit aucun bénéfice personnel pour lui dans cet état de fait.

Je n’ai pas d’influence sur White Star […] Elle [Mme Mignolet] va parler aux gens de White Star et elle va juger qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts.

Une citation de :Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie

Selon lui, Québecor fait preuve d’acharnement à son égard dans ce dossier.

Dernièrement, le gouvernement a confié la gestion d’éventuelles demandes de la part de White Star à la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, pour éviter toute apparence de conflit d’intérêts impliquant M. Fitzgibbon.

Legault défend encore son ministre

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi en fin d'après-midi, le premier ministre François Legault s'est de nouveau porté à la défense de Pierre Fitzgibbon, niant par le fait même qu'il est « un boulet » pour son gouvernement.

Ce qui s'est ajouté [au dossier concernant M. Fitzgibbon], c'est que j'ai pris une photo avec mon épouse, avec lui et avec des gens d'affaires à Paris. Des gens d'affaires que, bien honnêtement, je ne connaissais pas et que je ne connais toujours pas. Mais des photos, dans un voyage, j'en prends beaucoup avec des gens d'affaires qui veulent se faire photographier avec moi. Il n'y a aucune nouvelle qui s'est ajoutée, à part une photo, a-t-il déclaré.

Le cabinet Legault était-il au fait que le ministre de l'Économie était actionnaire de White Star au moment de la prise de ce cliché? On a quelqu'un qui a fait le tour de tous [les placements de Pierre Fitzgibbon]; je ne connais pas tous les placements. Je sais qu'il avait des placements dans 13 entreprises, il a vendu ses parts dans 9 d'entre elles. [...] Mais non, je ne savais pas, au moment de la photo, que [le ministre] avait des parts dans l'entreprise, a mentionné M. Legault.

L'opposition réclame sa démission

Les choses ne sont pas aussi limpides dans les rangs de l’opposition, où on réclame le départ de Pierre Fitzgibbon du Conseil des ministres devant cette multiplication des entorses du ministre à la déontologie des parlementaires.

C’est un multirécidiviste du manquement au code de déontologie, a dénoncé mercredi matin le porte-parole de Québec solidaire en matière d’économie et d’innovation, Vincent Marissal.

Moi, je lui dis : "Une, chose à la fois. Hors du Conseil des ministres, tu vas régler tes affaires, et après ça on verra."

Une citation de :Vincent Marissal, porte-parole de Québec solidaire en matière d’économie et d’innovation

Dans les rangs libéraux, on se questionne surtout sur la tolérance du premier ministre François Legault face à cette succession d’accrocs à la déontologie de la part d’un de ses ministres.

M. Legault a une éthique que je vais qualifier d’élastique, de flexible, d’électoraliste, selon l’air du moment, a pour sa part lancé Gaétan Barrette, porte-parole du PLQ en matière d’éthique.

Au Parti québécois, on se demande où l’entêtement de François Legault à garder Pierre Fitzgibbon comme ministre le mènera.

Si M. Legault […] décide de le garder, c’est lui qui devra expliquer devant les Québécoises et les Québécois en quoi la CAQ est différente du Parti libéral, estime pour sa part le député péquiste Martin Ouellet.

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