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Reconfinement et fermeture d'écoles à Québec, Lévis et Gatineau

François Legault en conférence de presse.

Le premier ministre François Legault a annoncé le resserrement des mesures à Québec, Lévis et Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre François Legault annonce des mesures « d'urgence » ciblées pour les villes de Québec, Lévis et Gatineau, dont le retour du couvre-feu à 20 h et la fermeture des écoles ainsi que des commerces non essentiels.

Ces mesures seront en vigueur dès jeudi 20 h, et ce, jusqu'au 12 avril. Cette pause est décrétée sur les recommandations de la santé publique, a précisé François Legault.

Elle comprend la fermeture des commerces non essentiels et des écoles primaires et secondaires, mais aussi des salles à manger de restaurants, des cinémas, des théâtres, des musées, des salons de coiffure, des gyms et autres lieux publics, a-t-il énuméré, en plus de limiter à 25 le nombre de personnes admises dans les lieux de culte. Le télétravail redeviendra également obligatoire.

C'est un retour au même type de confinement qu'en janvier, a résumé le premier ministre.

L’alarme a sonné, on ne doit pas faire de petites exceptions.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Il s'agit d'une intervention d'urgence dans des régions où il se passe quelque chose, a décrit pour sa part le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, qui était aux côtés du premier ministre pendant le point de presse, de même que le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Les villes de Québec, Lévis et Gatineau sont donc tout particulièrement ciblées par ces mesures d'urgence, mais les régions entières de la Capitale-Nationale et de l'Outaouais, de même que celles de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent, basculent à nouveau en zone rouge, après être brièvement passées à l'orange.

Le premier ministre a en outre précisé que son gouvernement s'attendait fort probablement à une forte hausse du nombre d'hospitalisations la semaine prochaine dans ces régions, étant donné la hausse actuelle du nombre de nouveaux cas quotidiens.

Un phénomène nouveau

Après une période d'accalmie, la présence du virus de la COVID-19 est en hausse marquée au Québec, qui rapportait mercredi 1025 nouveaux cas et 9 décès supplémentaires. Dans la Capitale-Nationale, on compte 194 cas de plus mercredi, pour un total de 990 cas actifs, tandis qu'en Outaouais, on en recense 100 de plus, pour un total de 501.

Plus tôt mercredi, le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale a ordonné la fermeture du MegaFitness Gym de Québec, où 68 cas positifs ont été répertoriés. Une visite des lieux a permis de constater d’évidentes lacunes sanitaires, selon le CIUSSS.

Christian Dubé indique cependant que la région n'en est pas au reconfinement en raison d'un seul gym. C'est la vitesse à laquelle ce variant-là se propage, a-t-il dit, déplorant tout de même qu'un seul établissement soit à l'origine d'un aussi grand nombre de cas.

Mardi, François Legault avait indiqué que cinq secteurs de la province étaient sous haute surveillance, admettant qu'il envisageait d'y resserrer les consignes. Il estimait cependant que les prochains jours seraient critiques et qu'il était encore trop tôt pour annoncer des restrictions supplémentaires.

Or, en moins de 24 heures, le gouvernement semble avoir changé son fusil d'épaule.

À Québec, on avait vu qu'il y avait une tendance à la hausse, mais on n'était pas dans une pente aussi accélérée que celle qu'on observe actuellement, a expliqué le Dr Arruda. On est vraiment dans un phénomène nouveau, l'expression d'un variant, probablement associé à l'augmentation des contacts.

Je vous le dis tout de suite, je le dis depuis le début : ce que je dis aujourd'hui peut changer demain.

Une citation de :Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec

On suit la situation d'heure en heure. À Montréal, on est encore en train d'attendre. Est-ce que dans trois jours on va changer d'idée? C'est toujours possible, a-t-il évoqué, précisant toutefois que la situation dans la métropole est considérée comme stable à l'heure actuelle.

« Ça peut exploser n'importe où »

Depuis plusieurs jours, la santé publique confirme qu'une troisième vague de COVID-19 est bel et bien amorcée au Québec. Et vu le taux de reproduction du variant d'origine britannique – qui peut presque doubler en trois jours, estime le Dr Horacio Arruda –, le gouvernement est sur le qui-vive.

Surtout que plus de la moitié des cas de COVID-19 enregistrés dans la province seront liés à l'un ou l'autre des variants d'ici début avril, selon la plus récente modélisation de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Ça peut exploser dans n’importe quelle région au Québec. […] On suit ça de près et on s’assure d’être agile.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

On ne peut pas exclure que, dans les prochains jours, il y ait d'autres régions qui s’ajoutent, a ainsi répété le premier ministre à plusieurs reprises pendant le point de presse de mercredi.

Ça arrive très rapidement; c'est pour ça que tout le monde doit être prudent au Québec.

Pour la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au CHUM, un resserrement des règles dans d'autres régions du Québec semble inévitable. Il ne faut pas penser que ça va être limité à certaines régions. Moi, je prédis qu’il va y avoir d’autres régions qui vont être affectées prochainement.

En entrevue à 24•60, elle a aussi laissé entendre que la date butoir du 12 avril était peut-être trop optimiste. Je ne suis pas certaine que ça va être suffisamment long.

Il ne faut pas oublier non plus que ce que l’on voit maintenant, c’est ce qui s’est passé il y a sept jours, alors on n’est pas au bout de nos peines, a-t-elle expliqué, déplorant que tout ait été prévisible.

Les études de modélisation […] nous disaient que si on ne faisait que conserver les mesures de contrainte qui existaient, la courbe serait exponentielle. En plus, on a assoupli les mesures. Il ne faut pas s’étonner de la situation.

Des patients plus jeunes et respectueux des restrictions

Les médecins s'entendent pour dire que cette troisième vague risque de frapper plus fort chez les plus jeunes, menaçant notamment les 40-60 ans qui ne sont pas encore vaccinés.

Une affirmation que le Dr Mathieu Simon peut étayer de sa propre expérience comme pneumologue et, surtout, comme chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Moi, je les vois tous les jours, les statistiques, je mets des noms et des visages [dessus]. C’est poignant. On a des gens maintenant plus jeunes, qui n’ont pas tant d’antécédents ou de facteurs de risque, et qui se retrouvent dans de sales draps aux soins intensifs.

Une citation de :Le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

Le médecin a expliqué, en entrevue à 24•60, que le portrait actuel est différent des première et deuxième vagues. Il remarque ainsi que, parmi les patients qui se retrouvent aux soins intensifs, plusieurs observaient les mesures sanitaires.

J’ai des gens qui sont en télétravail à la maison, dont le seul contact et le seul antécédent, c’est d’être allé à l’épicerie ou d’avoir eu un contact avec un enfant dans une école qui est en éclosion, a-t-il raconté.

Ce ne sont pas des gens immunosupprimés qui ont fait la fête après être allés au gym ou au karaoké, ce sont des gens qui observent les mesures sanitaires, mais qui sont victimes de ceux qui ne les observent pas, a déploré le pneumologue.

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