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Les éducatrices sans formation pourront continuer à être en majorité dans les garderies

Des enfants lèvent les bras en chantant.

Jusqu'à la fin de l'urgence sanitaire et neuf mois après, une seule éducatrice sur trois devra avoir suivi une formation en Techniques d'éducation à l'enfance dans les CPE et garderies.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies pourront continuer d'embaucher des éducatrices non formées pour offrir des services aux enfants.

Québec formalise dans un projet de règlement le décret adopté en mai qui assouplit les règles d'embauche afin de pallier la pénurie d'éducatrices.

Depuis mai, une seule éducatrice sur trois doit avoir suivi une formation en Techniques d'éducation à l'enfance dans les CPE. Auparavant, ce ratio était de deux éducatrices sur trois.

Ce changement devait être temporaire. Or, le projet de règlement le maintient jusqu'à la fin de l'urgence sanitaire et neuf mois après. Ensuite, pendant 12 mois, le ratio passe à une éducatrice qualifiée sur deux.

Québec nivelle par le bas, selon la députée Véronique Hivon

La porte-parole du Parti québécois (PQ) pour la famille, Véronique Hivon, a accusé mardi le ministre Mathieu Lacombe d'avoir rédigé ce projet de règlement en catimini. Elle a dit l'avoir découvert par hasard en fouillant dans la gazette officielle du 24 mars.

Selon elle, M. Lacombe s'est bien gardé d'aller le défendre et le vanter. Avez-vous entendu le ministre faire une annonce publique de ça?, a-t-elle demandé en point de presse.

Le ministre n'a pas communiqué ça nulle part. Il pensait quoi, que ça passerait en douce? C'est majeur, comme changement, a-t-elle poursuivi.

L'élue de Joliette estime que le ministre nivelle par le bas et baisse les standards de qualité dans les garderies, au lieu de véritablement s'attaquer à la pénurie d'éducatrices. C'est extrêmement préoccupant, affirme-t-elle.

Environ 51 000 parents attendent une place en garderie, et il manquerait 3000 éducatrices. Ce chiffre grimpera à 10 000 en 2024 si rien n'est fait, selon Véronique Hivon.

À l'Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI), on se désole de la sortie démagogique de la députée.

Son président, David Haddaoui, croit qu'il faut plutôt féliciter le pouvoir public d'avoir ajusté les choses comme il se doit en fonction d'une pandémie.

Ça ne veut pas dire, le fait d'avoir une [éducatrice] sur trois, qu'on est en train de niveler par le bas, loin de là. On est en train de maintenir la qualité à son maximum, a-t-il déclaré en entrevue.

Il faut éviter les interruptions de services, répond le ministre

Mardi, le bureau du ministre de la Famille a nié avoir agi en catimini et affirmé que les partenaires du réseau étaient au courant du projet de règlement depuis septembre.

Sans cet assouplissement prolongé des règles d'embauche, des titulaires de permis pourraient être contraints de cesser leurs activités, ce qui aggraverait le manque de places, a expliqué le ministère. Nous agissons afin de nous assurer de la continuité du service pour les familles du Québec, a déclaré l'attaché de presse du ministre, Antoine De La Durantaye.

Une fois la pandémie terminée, nous retournerons au ratio habituel [deux éducatrices spécialisées sur trois], graduellement. La dernière chose qu'on souhaite, ce sont des bris des services, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, des sommes ont été prévues dans le budget pour former davantage d'éducatrices qualifiées. Un plan sera bientôt présenté, soutient le bureau de M. Lacombe.

Les personnes intéressées ont 45 jours pour commenter un projet de règlement après sa publication dans la gazette officielle.

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