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Combattre le ras-le-bol, après plus d'un an de COVID-19

Que font les gouvernements pour promouvoir la solidarité et le respect des mesures sanitaires?

Une femme assise devant un ordinateur portable se frotte les yeux en tenant ses lunettes d'une main.

La lassitude face à la COVID s'apparente de plus en plus à de l'impatience, alors que le beau temps annonce son retour et que les vaccins sont progressivement distribués partout au pays.

Photo : iStock

Nicolas Haddad

La troisième vague de COVID-19 est bien installée en Ontario; la situation ne s'améliore plus. Le printemps amène avec lui un nouveau facteur qui rendra encore plus difficile l’adhésion aux mesures sanitaires : le beau temps, après un hiver marqué par la solitude et le manque de contacts sociaux.

Il serait donc crucial pour les gouvernements municipaux et ontarien de convaincre la population de continuer de respecter les mesures sanitaires, malgré leur lassitude après bientôt 13 mois de pandémie.

Au centre-ville de Toronto, mardi, nombreux étaient les passants de la rue Queen interrogés par Radio-Canada qui ont affirmé que la lassitude a pris le dessus dans leur quotidien.

Phil Johnston parle au journaliste.

Phil Johnston croit que les campagnes publicitaires du gouvernement provincial qui s'adressent aux Ontariens manquent de pertinence, mais il reconnaît qu'il n'a pas la tâche facile.

Photo : Radio-Canada

C’est ce qui arrive après une année entière de pandémie. Je ne peux plus faire les mêmes choses qu'avant, ma vie sociale a beaucoup souffert, et c'est une partie de ma vie qui me manque vraiment.

Une citation de :Phil Johnston, résident de Toronto
Michael Ramirez parle au journaliste.

Le Torontois Michael Ramirez dit que c'est toute sa famille qui en a assez de la COVID-19.

De son côté, Michael Ramirez explique que c’est toute sa famille qui n’en peut plus de la pandémie et des mesures restrictives mises en place par le gouvernement.

Mes enfants, ils sont juste à la maison. Ils ne peuvent rien faire, je ne peux les emmener nulle part. Ils pleurent qu'ils veulent aller ici et là, mais on ne peut pas à cause des mesures de confinement, dit le résident de Toronto.

Les campagnes publicitaires sont-elles efficaces?

À Toronto, la Ville vient de déployer une nouvelle campagne publicitaire multilingue développée à l’interne dans laquelle elle mise sur l’importance de la vaccination.

Cette nouvelle campagne remplace celle déployée en novembre, dans laquelle la Ville ciblait ses populations plus jeunes en leur demandant de rester à la maison le plus possible, même s’ils en avaient assez du climat créé par la COVID-19.

Une affiche publicitaire dans laquelle on voit une jeune femme qui porte un t-shirt avec le slogan « J'ai reçu un diagnostic de surdose de COVID ».

La campagne lancée en novembre ciblait les jeunes.

Photo : Ville de Toronto

La campagne créée par l'agence de publicité officielle de la Ville, Publicis Canada, a coûté un peu moins de 40 000 $, et a duré environ six semaines, à l’exception des publicités dans les abribus de la Commission de transport de Toronto (CTT), qui sont toujours affichées aujourd’hui.

De son côté, le gouvernement provincial a dépensé des millions dans des campagnes publicitaires pour sensibiliser les Ontariens à la COVID-19 et pour les tenir informés des derniers développements entourant le virus.

Mais comme le souligne l’expert en communication sur la santé Luc Bonneville, l’adhésion à des directives ou des consignes n’est pas proportionnelle à la quantité de messages que l’on diffuse. On met des affiches, on peut placarder des intersections, mettre des affiches dans les transports en commun et sur les réseaux sociaux… C’est bien, il faut le faire, mais ce n’est pas suffisant.

Un portrait de Luc Bonneville.

Luc Bonneville est professeur de communication spécialisé en santé à l’Université d’Ottawa.

Photo : Courtoisie : Professeur Luc Bonneville

Il y a ce qu'on appelle des rendements décroissants, explique le professeur du département des communications de l’Université d’Ottawa.

Le message est efficace quand on le perçoit plusieurs fois, une dizaine de fois, mais à partir de la centième fois, il devient complètement contreproductif.

Une citation de :Luc Bonneville, professeur de communication spécialisé en santé, Université d’Ottawa

Selon M. Bonneville, ce serait au tour des milieux de travail de mettre la main à la pâte pour communiquer leurs valeurs — la solidarité et l’importance de l'effort collectif en des moments difficiles — à ceux qui fréquentent leurs espaces.

Ça passe par le leadership des gens, indique le professeur, qui affirme que la responsabilité des milieux de travail est un angle à exploiter pour aider à combattre le désengagement face à la COVID.

Quelles solutions à la fatigue?

On a la COVID-fatigue, mais on peut aussi avoir la gouvernement-fatigue et la pub-fatigue. On est bombardés de messages, estime pour sa part le psychologue clinicien Pierre Faubert.

Le psychologue Pierre Faubert au micro de Radio-Canada.

Le psychologue Pierre Faubert

Photo : Radio-Canada

Ce dernier souhaite que la province ait recours à des spécialistes en santé mentale dans l'élaboration de ses stratégies de communication. Ceux-ci aideraient le gouvernement à trouver une façon de créer de l'espoir, pas un faux espoir, et à mettre l’accent sur la réalité.

Il faut créer de la solidarité. Il faut créer des mentalités, parce que c’est ce qu'on fait avec des publicités : on crée des modes, des besoins, des goûts, des désirs…

Une citation de :Pierre Faubert, psychologue clinicien

Le psychologue qualifie ce qu'on appelle en anglais la COVID fatigue comme une fatigue mentale, synonyme de lassitude, de frustration et d’usure.

Il estime que ce sentiment a ses racines dans la perte du sens de la vie quotidienne et dans le ralentissement draconien du rythme de vie.

Pour le combattre sur le plan individuel, il recommande l’exercice, le sommeil et l'attention à son utilisation de la technologie.

Il y a beaucoup de gens qui vont se perdre dans la technologie. À un moment donné, ça nous vide. On est surstimulés : on est dans l’overdose, et on est aliénés.

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